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EN DIRECT - Hantavirus : l’OMS confirme deux cas supplémentaires dans le monde, neuf au total

Une · · Par Claire BERNARD

EN DIRECT - Hantavirus : l’OMS confirme deux cas supplémentaires dans le monde, neuf au total

## L'essentiel Le Hantavirus, un virus potentiellement mortel, suscite à nouveau des inquiétudes alors que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a confirmé

L'essentiel

Le Hantavirus, un virus potentiellement mortel, suscite à nouveau des inquiétudes alors que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a confirmé deux cas supplémentaires dans le monde, portant le total à neuf. Cette annonce a été faite lors d'un point presse par le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, le 12 mai 2026. Selon les informations rapportées par BFMTV, parmi les onze cas signalés, neuf ont été confirmés comme étant liés au virus Andes, tandis que les deux autres sont considérés comme probables.

L’épidémie actuelle a pris racine à bord du paquebot MV Hondius, qui a été touché par une épidémie d’hantavirus le 11 mai 2026 à Tenerife, aux Canaries. À la suite de cette situation, des évacuations ont été menées dans le port de Granadilla de Abona. Les passagers du navire, dont une partie a été rapatriée vers les Pays-Bas, ont eu accès à des soins médicaux avec la présence d’un médecin et d’une infirmière à bord. Cette mesure vise à assurer la sécurité des personnes potentiellement exposées au virus.

Les symptômes du hantavirus peuvent inclure des fièvres, des douleurs musculaires, des difficultés respiratoires et des signes d’insuffisance respiratoire. L’Espagnol testé positif à bord du navire présentait « de la fièvre et des difficultés respiratoires », comme l’a confirmé une source proche de l’enquête. Il est crucial de noter que le hantavirus se propage principalement par contact avec des rongeurs ou leurs excréments, et non par transmission interhumaine, ce qui pourrait limiter la portée de cette épidémie.

En France, la situation est suivie de près : les 22 Français identifiés comme cas contacts ont été hospitalisés, comme nous le relations dans notre précédent article.

L’OMS a pris des mesures de précaution pour surveiller l’évolution de la situation. Tedros Adhanom Ghebreyesus a souligné l'importance de la coopération internationale en matière de santé publique. En effet, Sébastien Lecornu, le ministre français des Outre-mer, a exprimé son désir de renforcer la coopération sanitaire avec les États voisins. Cette initiative pourrait faciliter un échange d’informations et de ressources, essentiel pour contenir la propagation du virus.

Pour évaluer la capacité de réponse face à une éventuelle épidémie, on peut consulter notre analyse sur le stock de masques en France, jugé suffisant pour trois mois.

À l’heure actuelle, des mesures de prévention sont mises en place dans plusieurs pays touchés par cette épidémie. Les autorités sanitaires recommandent aux voyageurs de se renseigner sur les conditions sanitaires des destinations avant de partir et de prendre des précautions pour éviter tout contact avec des rongeurs. Les populations locales sont également incitées à signaler toute apparition de symptômes compatibles avec ceux du hantavirus.

Il convient de rappeler que cette épidémie intervient dans un contexte mondial encore marqué par la pandémie de COVID-19. Les autorités sanitaires sont donc particulièrement vigilantes, puisque l’émergence de nouvelles infections peut générer des tensions dans les systèmes de santé déjà éprouvés.

La situation évolue rapidement, et les organismes de santé publique continuent de surveiller de près les développements. Les experts s'accordent à dire qu'une communication transparente et une collaboration internationale sont essentielles pour faire face à cette crise sanitaire. Les informations récentes témoignent d'une mobilisation des acteurs de la santé pour répondre aux préoccupations suscitées par le hantavirus.

À mesure que l'OMS et d'autres agences de santé continuent de suivre cette épidémie, il est crucial que le grand public reste informé et vigilant. La sensibilisation aux risques associés au hantavirus et aux mesures préventives peut jouer un rôle clé dans la prévention de la propagation de cette maladie potentiellement grave. Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer l'ampleur de l'épidémie et les réponses apportées par les systèmes de santé à travers le monde.

Contexte

Le hantavirus n’est pas une menace nouvelle pour la santé publique mondiale. Identifié pour la première fois en 1978 en Corée du Sud, ce virus appartient à la famille des Bunyaviridae et se décline en plusieurs souches, dont le virus Andes, particulièrement présent en Amérique du Sud. Ce dernier se distingue par sa capacité, rare parmi les hantavirus, à se transmettre entre humains, bien que ce mode de contamination reste exceptionnel et documenté principalement lors d’épidémies localisées en Argentine et au Chili.

L’épidémie actuelle, dont le foyer initial semble être le paquebot MV Hondius, interroge sur les conditions de propagation dans des espaces confinés et mobiles. Les navires de croisière ont déjà été au centre de crises sanitaires, comme lors de l’épidémie de COVID-19 à bord du Diamond Princess en 2020. La configuration de ces bâtiments, où se côtoient passagers et équipages dans une promiscuité relative, complique la mise en œuvre de mesures d’isolement et de traçage.

Géographiquement, l’épidémie touche pour l’instant principalement l’Europe, avec un point d’ancrage aux îles Canaries, territoire espagnol situé au large de l’Afrique. La présence de 22 Français parmi les cas contacts hospitalisés témoigne de la dimension internationale du trafic maritime et des défis que cela pose en matière de coopération sanitaire transfrontalière. La déclaration de Sébastien Lecornu, ministre des Outre-mer, suggère une volonté de renforcer les mécanismes d’échange d’informations avec les États voisins, une initiative qui pourrait s’avérer structurante pour les futures réponses sanitaires régionales.

Analyse

La gestion de cette épidémie de hantavirus doit être replacée dans un contexte post-pandémique où les systèmes de santé, encore fragilisés, redoutent toute nouvelle pression épidémiologique. La vigilance accrue des autorités sanitaires pourrait être interprétée comme une forme d’hyperréactivité héritée de l’expérience du COVID-19. Cependant, cette posture comporte un risque : celui de susciter une inquiété disproportionnée pour un virus dont la transmission interhumaine demeure marginale.

Deux lectures de l’événement s’opposent partiellement. La première, prudente, insiste sur la faible contagiosité du hantavirus et sur le caractère très circonscrit du foyer identifié. La seconde, plus alarmiste, rappelle que le virus Andes a déjà provoqué des épidémies mortelles en Amérique latine, avec un taux de létalité pouvant atteindre 30 à 50 % selon les souches. L’absence de vaccin ou de traitement antiviral spécifique renforce cette inquiétude.

Par ailleurs, l’épisode du MV Hondius pose la question de la responsabilité des compagnies de croisière en matière de veille sanitaire. Les navires, soumis à des réglementations internationales complexes, naviguent souvent dans des zones grises juridiques. Le choix du port de Tenerife pour l’évacuation des passagers, plutôt que d’un port néerlandais ou espagnol continental, pourrait relever de considérations logistiques autant que de préoccupations diplomatiques.

Enfin, la communication de l’OMS, par la voix de Tedros Adhanom Ghebreyesus, témoigne d’une volonté de reprendre la main sur le récit épidémiologique mondial, après les critiques formulées à son encontre durant la pandémie de COVID-19. L’organisation cherche à démontrer sa capacité à coordonner une réponse rapide et transparente.

Implications

À court terme, les autorités sanitaires des pays concernés devraient intensifier la surveillance des personnes ayant séjourné à bord du MV Hondius. La période d’incubation du hantavirus, qui peut aller de une à huit semaines, implique un suivi prolongé des cas contacts, y compris après leur rapatriement. Les 22 Français hospitalisés illustrent cette logique de précaution maximale.

Sur le plan logistique, l’épisode pourrait entraîner un renforcement des protocoles sanitaires dans les ports et à bord des navires de croisière. Des mesures telles que la désinfection systématique des cales et des zones de stockage, où les rongeurs peuvent s’introduire, pourraient être imposées par les autorités portuaires. Les compagnies maritimes pourraient également être contraintes de revoir leurs procédures de déclaration des cas suspects à l’échelle internationale.

À moyen terme, plusieurs scénarios sont envisageables. Le plus probable est celui d’une épidémie rapidement contenue, le virus ne trouvant pas de relais de transmission interhumaine suffisant. Un scénario plus préoccupant verrait l’apparition de cas secondaires, notamment si le virus Andes venait à démontrer une capacité de transmission interhumaine plus élevée que celle documentée jusqu’à présent. Dans ce cas, les systèmes de santé, déjà sous tension, devraient mobiliser des ressources importantes pour la prise en charge de patients nécessitant souvent une hospitalisation en soins intensifs.

Enfin, cet événement pourrait servir de test pour les mécanismes de coopération sanitaire internationale mis en place après le COVID-19. La capacité des États à partager rapidement des données épidémiologiques et à coordonner leurs réponses sera observée de près par les experts en santé publique.

Pour aller plus loin

Plusieurs questions demeurent ouvertes à ce stade. La première concerne l’origine exacte de la contamination à bord du MV Hondius : comment des rongeurs ont-ils pu accéder au navire, et quelles mesures de prévention avaient été mises en place par la compagnie ? La traçabilité des déplacements des passagers avant et après l’embarquement pourrait également révéler d’autres foyers potentiels.

Sur le plan scientifique, l’évolution du virus Andes mérite une attention particulière. Les chercheurs pourraient être amenés à séquencer les souches identifiées à Tenerife pour détecter d’éventuelles mutations susceptibles d’altérer leur mode de transmission.

Enfin, cet épisode relance le débat sur la préparation des systèmes de santé face aux zoonoses, ces maladies transmises de l’animal à l’homme. Le hantavirus, comme le COVID-19 ou la grippe aviaire, rappelle que la frontière entre santé humaine et santé animale est poreuse. Les lecteurs souhaitant approfondir le sujet peuvent se référer aux publications de l’OMS sur les maladies émergentes ainsi qu’aux travaux de l’Institut Pasteur sur les infections à hantavirus.