EN DIRECT - Blocage des lycées : malgré un signalement du préfet de Seine-Saint-Denis, Bally Bagayoko maintient ses propos sur la violence «légitime» du mouvement lycéen

## Blocage des lycées : Bally Bagayoko maintient ses propos malgré un signalement préfectoral Le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, a confirmé ce jeudi matin
## Blocage des lycées : Bally Bagayoko maintient ses propos malgré un signalement préfectoral
Le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, a confirmé ce jeudi matin sur franceinfo qu'il maintenait ses déclarations sur le caractère « légitime » de la violence dans le cadre du mouvement lycéen, en dépit d'un signalement effectué par le préfet de Seine-Saint-Denis. Cette position intervient alors que les tensions entre forces de l'ordre et lycéens mobilisés se sont multipliées depuis le début du blocage des établissements.
## Un signalement au titre de l'article 40
Selon les informations rapportées par Le Figaro, le préfet du département a saisi la justice via un signalement fondé sur l'article 40 du code de procédure pénale, visant « des faits présumés de provocation à commettre un délit ». Cette procédure, qui permet à toute autorité constituée de porter à la connaissance du procureur des infractions dont elle a connaissance, constitue une étape inhabituelle dans le traitement d'un différend entre un élu local et l'autorité préfectorale. Le maire LFI de Saint-Denis avait estimé mardi, devant le lycée Paul-Eluard de sa ville, au micro de BFM, que « la violence, à un moment donné, peut être légitime », avant de nuancer aussitôt : « Mais chaque fois qu'on peut l'éviter, c'est mieux ».
## Une position maintenue et une mise en contexte contestée
Interrogé ce jeudi matin, l'édile a assumé l'intégralité de ses propos. « Je les maintiens », a-t-il déclaré, tout en appelant « à la désescalade » face aux affrontements répétés entre les forces de l'ordre et les lycéens. Bally Bagayoko a également plaidé pour une remise en perspective de ses déclarations : « Il faut arrêter de sortir ces mots de leur contexte », a-t-il estimé, se défendant « d'encourager la violence ». Cette défense intervient dans un climat où la mobilisation lycéenne, entamée depuis plusieurs jours, connaît un regain d'intensité, avec des appels à « un acte 2 » de mobilisation prévu ce jeudi, selon Le Figaro.
## Un contexte de tension croissante autour des blocages
La séquence illustre la tension qui entoure le mouvement de blocage des lycées, entre revendications étudiantes et maintien de l'ordre public. Les affrontements constatés depuis le début du mouvement ont conduit plusieurs autorités à durcir leur position face à ce qu'elles considèrent comme des débordements. Le signalement préfectoral, en visant explicitement une possible provocation à commettre un délit, pourrait ouvrir la voie à une procédure judiciaire dont l'issue demeure incertaine à ce stade. Cette situation place également les élus de la majorité présidentielle et de l'opposition dans une position délicate, partagés entre le soutien aux revendications lycéennes et la condamnation de toute forme d'incitation à la violence.
## Un précédent qui interroge l'équilibre entre liberté d'expression et responsabilité
L'affaire soulève en filigrane la question de la frontière entre liberté d'expression d'un élu et responsabilité pénale en cas d'appel implicite à la violence. Si la procédure engagée par le préfet pourrait sembler disproportionnée au regard de la nuancer apportée par Bally Bagayoko, elle traduit néanmoins la vigilance des autorités face à un contexte social tendu. Reste à savoir si la justice donnera suite à ce signalement, et si cette séquence pèsera sur la poursuite du mouvement lycéen dans les prochains jours.