En difficulté, Europlasma veut céder ses activités militaires

# Europlasma cède ses activités militaires pour survivre : les Forges de Tarbes et Fonderie de Bretagne sur la sellette La société landaise Europlasma, spéciali
# Europlasma cède ses activités militaires pour survivre : les Forges de Tarbes et Fonderie de Bretagne sur la sellette
La société landaise Europlasma, spécialisée dans la reprise d'entreprises en difficulté, traverse à son tour une grave crise financière. Selon des informations rapportées par *Le Figaro* le 14 juin 2026, le groupe a annoncé des négociations exclusives avec un industriel français de la défense pour céder ses actifs militaires, notamment Les Forges de Tarbes et Fonderie de Bretagne, pour un montant estimé à 150 millions d'euros.
## Une dégradation des comptes qui inquiète
Les résultats financiers d'Europlasma pour l'exercice 2025 témoignent d'une situation préoccupante. D'après les données publiées par le groupe, la perte nette a atteint 35,5 millions d'euros, soit plus du double de l'année précédente, tandis que le chiffre d'affaires s'établissait à 70,4 millions d'euros. Cette détérioration rapide a suscité des interrogations parmi les élus et les observateurs du secteur. Le député (LFI) des Hauts-de-Seine Aurélien Saintoul évoque ainsi une possible « banqueroute » de la société fondée en 1992, initialement spécialisée dans le traitement des déchets dangereux.
Par ailleurs, deux filiales du groupe ont déjà subi des procédures collectives. Satma Industries, active dans les traitements de surface, a été placée en redressement judiciaire le 2 juin dernier, tandis que FP Industries se dirige vers une liquidation. Ces procédures n'affectent toutefois pas directement la maison mère, qui reste cotée en Bourse.
### Des investissements jugés insuffisants
Les difficultés d'Europlasma trouveraient leur origine dans des engagements financiers non tenus. Selon des sources proches du dossier, les investissements réalisés par le groupe dans ses filiales n'auraient pas été à la hauteur des promesses initiales, ce qui aurait contribué à fragiliser des sites pourtant stratégiques pour la défense nationale. Les Forges de Tarbes, notamment, produisent des corps d'obus de 155 mm, une munition essentielle pour le canon Caesar fabriqué par KNDS France, actuellement très sollicité dans le cadre du conflit ukrainien.
## Un enjeu de souveraineté nationale
La cession des activités militaires d'Europlasma soulève des questions de souveraineté industrielle. Les Forges de Tarbes et Fonderie de Bretagne sont en effet considérées comme des maillons essentiels de la chaîne d'approvisionnement en munitions de l'armée française. L'acquéreur potentiel, décrit comme un « industriel français de la défense », pourrait permettre de sécuriser ces sites tout en garantissant la continuité des productions critiques.
Les négociations exclusives, engagées en avril dernier, devraient aboutir d'ici le 25 juin 2026. Le montant de 150 millions d'euros, s'il se confirme, permettrait à Europlasma de se recentrer sur ses activités historiques de traitement des déchets et d'assainir ses comptes. Reste à savoir si cet industrial français disposera des capacités financières et techniques nécessaires pour maintenir ces sites à un niveau de compétitivité suffisant face à la demande croissante en munitions.