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« En deux mois, les prix des carburants ont augmenté de 90 % » : l’Afrique durement frappée par le choc pétrolier d’Ormuz

Une · · Par Claire BERNARD

« En deux mois, les prix des carburants ont augmenté de 90 % » : l’Afrique durement frappée par le choc pétrolier d’Ormuz

La situation économique en Afrique connaît un bouleversement majeur, alors que les prix des carburants ont enregistré une hausse spectaculaire de 90 % en l’espa

La situation économique en Afrique connaît un bouleversement majeur, alors que les prix des carburants ont enregistré une hausse spectaculaire de 90 % en l’espace de deux mois, conséquence directe du choc pétrolier provoqué par la guerre en Iran. Selon un article du Figaro, cette flambée des prix survient alors que le continent semblait sur la voie d'une reprise économique prometteuse en début d'année 2026, marquée par une inflation maîtrisée et une relance des exportations. L'augmentation des prix du pétrole brut, qui a vu le baril de brent franchir la barre des 100 dollars et atteindre près de 120 dollars à son pic, constitue un coup dur pour de nombreux pays africains. En effet, la plupart d'entre eux dépendent fortement des importations de carburant pour alimenter leur économie. Les pays exportateurs de pétrole pourraient s'en réjouir, mais la majorité des nations africaines, qui importent presque la totalité de leur approvisionnement en énergie, sont confrontées à des défis considérables. D'après des experts économiques, une telle hausse des coûts pourrait avoir des répercussions dévastatrices sur les budgets des ménages et sur l'inflation générale. Ce contexte alarmant a été au cœur des discussions lors de l'Africa CEO Forum, qui s'est tenu à Kigali, au Rwanda, les 14 et 15 mai 2026. Plus de 2500 dirigeants africains, investisseurs et responsables politiques se sont réunis pour échanger sur les enjeux économiques actuels. Les débats ont révélé une inquiétude palpable parmi les participants, face à la menace que représente la volatilité des prix du pétrole pour la croissance économique du continent. Le thème de la nécessité de bâtir des champions africains a également été mis en avant, soulignant l'urgence d'une diversification économique et d'une réduction de la dépendance aux importations de ressources énergétiques. Par ailleurs, la flambée des prix du carburant pourrait également exacerber les tensions sociales. En effet, des manifestations pourraient émerger dans plusieurs pays, où la population est déjà soumise à des conditions de vie difficiles. Les gouvernements pourraient être amenés à prendre des mesures d'urgence pour atténuer l'impact de cette hausse, notamment par le biais de subventions ou d'interventions sur le marché. Cependant, ces solutions ne sont pas sans conséquences, car elles pourraient aggraver les déficits budgétaires existants. Les organisations internationales commencent également à tirer la sonnette d'alarme. Selon un rapport de la Banque mondiale, les pays africains doivent se préparer à des ajustements économiques significatifs pour faire face à cette crise énergétique. Le rapport souligne l'importance d'une action concertée pour renforcer la résilience des économies africaines, notamment par des investissements dans les énergies renouvelables. Cela pourrait non seulement réduire la dépendance aux combustibles fossiles, mais également créer des emplois locaux et favoriser une transition vers une économie plus durable. En somme, la hausse des prix des carburants en Afrique, alimentée par des conflits géopolitiques, met en lumière la vulnérabilité économique de nombreux pays du continent. Les dirigeants africains se retrouvent à un carrefour, devant choisir entre la mise en œuvre de mesures immédiates pour soulager la population et la nécessité de réfléchir à des stratégies à long terme pour renforcer l'autonomie énergétique de leurs pays. Dans cette quête, la solidarité intra-africaine pourrait devenir un atout clé pour naviguer dans cette tempête économique.