En Colombie, qui sont ces mystérieux guérilleros soupçonnés d’avoir enlevé un soldat de la Légion étrangère française ?

En Colombie, l’enlèvement fin août d’un sous-officier franco-colombien de la Légion étrangère française suscite une vive attention, alors que la presse évoque,
En Colombie, l’enlèvement fin août d’un sous-officier franco-colombien de la Légion étrangère française suscite une vive attention, alors que la presse évoque, sans certitude, l’implication de factions dissidentes des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc). Le soldat, identifié comme José Olger Melo Charry, aurait été capturé dans des circonstances encore floues, et les autorités colombiennes peinent à attribuer formellement la responsabilité de ce rapt. Selon des informations rapportées par Le Figaro, relayant un rapport de l’armée colombienne cité par l’AFP, une hypothèse prédominerait : celle de « l’État-major central » (EMC), une dissidence dirigée par Nestor Gregorio Vera Fernandez, alias Ivan Mordisco, considéré comme l’un des guérilleros les plus recherchés du pays.
### Une piste principale : l’État-major central et Ivan Mordisco
D’après ce document militaire, l’EMC serait le groupe le plus susceptible d’avoir orchestré l’enlèvement du légionnaire. Cette faction, scindée des accords de paix de 2016 signés avec les Farc, est connue pour ses méthodes violentes et son ancrage territorial dans le sud du pays, notamment dans les départements de Caquetá et de Guaviare. Ivan Mordisco, à sa tête, incarne une figure de la guérilla résiduelle, refusant le processus de démobilisation et poursuivant des activités liées au narcotrafic et à l’extorsion. Le rapport de l’armée colombienne, cité au conditionnel, souligne toutefois que cette piste n’est pas confirmée, laissant place à des informations contradictoires dans la presse locale et internationale.
Par ailleurs, un second groupe dissident, également issu des Farc, serait évoqué comme alternative possible, bien que son implication semble moins documentée. Ces factions, souvent qualifiées de « dissidences de la dissidence », opèrent dans des zones reculées où l’État colombien peine à exercer son autorité, compliquant les opérations de recherche et de secours. L’enlèvement de José Olger Melo Charry, soldat de nationalité française et colombienne, pourrait ainsi s’inscrire dans une logique de pression politique ou financière, les groupes armés utilisant fréquemment les prises d’otages comme levier de négociation.
### Un contexte sécuritaire colombien toujours fragile
Cet incident intervient dans un climat sécuritaire tendu en Colombie, où la politique de « paix totale » du gouvernement de Gustavo Petro, engagée depuis 2022, n’a pas encore abouti à une désescalade complète des violences. Selon des sources gouvernementales, les dissidences des Farc, bien que fragmentées, continuent de représenter une menace significative pour les populations locales et les forces de sécurité. L’EMC, en particulier, aurait renforcé ses positions dans plusieurs régions stratégiques, profitant des vides laissés par l’État et des routes du trafic de drogue. Cette situation pourrait expliquer la difficulté des autorités à localiser précisément le lieu de détention du légionnaire, dont le sort demeure incertain.
La France, par la voix de ses représentants diplomatiques, aurait été informée de la situation dès les premiers jours suivant l’enlèvement, selon des informations relayées par l’AFP. Le ministère des Armées n’a pas officiellement commenté l’affaire, mais des sources proches du dossier évoquent une coordination entre Paris et Bogotá pour tenter d’établir un canal de communication avec les ravisseurs présumés. Cependant, aucune revendication officielle n’a été émise à ce jour, renforçant l’opacité entourant cette affaire.
### Des implications diplomatiques et militaires en suspens
Au-delà de l’aspect humanitaire, cet enlèvement soulève des questions sur la coopération militaire entre la France et la Colombie, deux pays liés par des accords de défense et de formation. La présence d’un soldat de la Légion étrangère sur le territoire colombien, bien que non officiellement documentée, pourrait indiquer des missions de coopération ou des congés dans son pays d’origine, José Olger Melo Charry étant d’origine colombienne. Selon des analystes cités par Le Figaro, cet événement pourrait également avoir des répercussions sur les négociations de paix en cours, les groupes dissidents cherchant à peser sur le processus en démontrant leur capacité de nuisance.
Toutefois, les autorités colombiennes restent prudentes, insistant sur le caractère préliminaire des informations disponibles. Le rapport de l’armée, bien que détaillé, n’exclut pas d’autres pistes, et des opérations de renseignement seraient en cours pour corroborer les premières hypothèses. En attendant, la famille du soldat et les observateurs internationaux suivent avec attention les développements, tandis que la presse colombienne rappelle les précédents enlèvements de militaires étrangers dans la région, souvent résolus après de longues négociations. L’issue de cette affaire dépendra probablement de la capacité des autorités à identifier formellement les ravisseurs et à établir un dialogue, dans un contexte où la confiance entre l’État et les groupes armés demeure extrêmement limitée.