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En un an, elle a bondi de près de 4 points: à 3.595,5 milliards d'euros, la dette française poursuit sa fuite en avant à 119% du PIB au deuxième trimestre

Economie · · Par Julie MOREAU

En un an, elle a bondi de près de 4 points: à 3.595,5 milliards d'euros, la dette française poursuit sa fuite en avant à 119% du PIB au deuxième trimestre

## La dette publique française franchit un nouveau record à 119 % du PIB La trajectoire de la dette publique française continue d'inquiéter. Selon les données p

## La dette publique française franchit un nouveau record à 119 % du PIB La trajectoire de la dette publique française continue d'inquiéter. Selon les données publiées ce mardi par l'Insee, la dette tricolore a atteint 3.595,5 milliards d'euros à la fin du deuxième trimestre, soit 119 % du produit intérieur brut (PIB). Un niveau inédit qui marque une nouvelle étape dans une progression que rien ne semble enrayer. ## Une hausse de près de 4 points en un an Le chiffre communiqué par l'Institut national de la statistique et des études économiques confirme une accélération préoccupante. Au deuxième trimestre 2025, la dette publique représentait 115,2 % du PIB. En l'espace d'un an à peine, elle a donc enflé de près de 4 points de PIB, un rythme qui souligne l'ampleur du dérapage budgétaire. Cette progression s'inscrit dans une dynamique trimestrielle soutenue. Entre la fin du premier trimestre et la fin du deuxième, la dette a augmenté de 59,6 milliards d'euros, précise l'Insee. Ce chiffre s'ajoute aux 75,8 milliards d'euros déjà enregistrés au premier trimestre, période durant laquelle la dette avait franchi la barre symbolique des 3.500 milliards d'euros, s'établissant alors à 117,5 % du PIB. ## Un record appelé à être dépassé La tendance ne devrait pas s'inverser de sitôt. Le gouvernement a lui-même prévenu ce mois-ci que la dette publique atteindrait 121,7 % du PIB en 2027. Un niveau qui représenterait plus du double de la limite européenne fixée à 60 % par le traité de Maastricht, et qui constituerait un record absolu depuis le début de la statistique de l'Insee en 1978. Cette projection illustre l'incapacité des autorités à réduire un déficit public qui reste structurellement élevé. Malgré les annonces répétées de maîtrise des dépenses, les chiffres publiés trimestre après trimestre démentent les ambitions affichées. La France s'éloigne ainsi chaque peu plus des critères de convergence européens, sans qu'une inflexion durable ne se dessine. ## Le coût du financement, un fardeau croissant Au-delà du stock de dette, c'est le coût de son financement qui pèse de plus en plus lourd sur les finances publiques. Le gouvernement a évalué à 91 milliards d'euros la charge de la dette en 2027, un montant considérable qui viendra mécaniquement réduire les marges de manœuvre budgétaires. Cette charge croissante s'explique par la combinaison de l'augmentation du stock de dette et de la remontée des taux d'intérêt observée ces dernières années. Chaque nouvelle émission d'obligations du Trésor se fait à des conditions moins favorables que par le passé, alourdissant progressivement le poids des intérêts dans le budget de l'État. Une spirale qui rend d'autant plus difficile tout effort de consolidation des comptes publics. ## Une vigilance accrue des marchés Dans ce contexte, la question de la soutenabilité des finances publiques françaises revient régulièrement sur le devant de la scène. Les agences de notation et les investisseurs surveillent de près l'évolution de la dette et du déficit, alors que plusieurs pays européens ont déjà été sanctionnés par les marchés pour des trajectoires jugées insuffisamment maîtrisées. La France, deuxième économie de la zone euro, bénéficie encore d'une relative confiance des investisseurs, mais la persistance d'un déficit élevé et d'une dette en constante augmentation pourrait fragiliser cette position. Les prochains mois seront déterminants pour évaluer si les pouvoirs publics parviennent enfin à infléchir une trajectoire qui, jusqu'ici, défie toutes les prévisions. Avec 119 % du PIB et une projection à 121,7 % en 2027, la dette publique française s'installe durablement au-dessus des seuils européens. La question n'est plus de savoir si un record sera battu, mais à quel rythme il le sera, et à quel prix pour les générations futures.