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« En Allemagne, l’AfD entend détruire la plus ambitieuse politique culturelle d’Europe. Le pire pour les artistes est que les électeurs sont séduits »

Culture · · Par Claire BERNARD

« En Allemagne, l’AfD entend détruire la plus ambitieuse politique culturelle d’Europe. Le pire pour les artistes est que les électeurs sont séduits »

## En Allemagne, la politique culturelle sous pression de l'AfD En Allemagne, la politique culturelle fédérale — souvent présentée comme l'une des plus ambitieu

## En Allemagne, la politique culturelle sous pression de l'AfD En Allemagne, la politique culturelle fédérale — souvent présentée comme l'une des plus ambitieuses et des mieux dotées d'Europe — se retrouve au cœur d'une offensive politique menée par l'Alternative pour l'Allemagne (AfD). Selon une chronique de Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde », publiée dans les pages Culture du quotidien, le parti d'extrême droite entend remettre en cause les fondements de ce dispositif, et le paradoxe tient à l'adhésion d'une partie de l'électorat à cette démarche. ## Une culture définie par ce qu'elle ne doit plus être D'après l'analyse de Michel Guerrin, la conception culturelle portée par l'AfD s'inscrit dans une logique commune aux formations d'extrême droite : la culture y est d'abord définie par ce qu'elle ne doit plus être. Cette approche négative, souligne le chroniqueur du « Monde », structure le discours du parti davantage qu'un projet culturel positif et construit. En effet, plutôt que de proposer une vision alternative documentée du financement, de la création ou de la diffusion artistique, l'AfD semble cibler des dispositifs existants qu'elle juge excessifs ou idéologiquement orientés. Cette méthode, relève la chronique, place les institutions culturelles en position défensive et les contraint à justifier leur utilité publique. ## Un modèle culturel parmi les plus dotés d'Europe Le contexte allemand mérite d'être rappelé. La politique culturelle outre-Rhin repose sur un maillage dense d'institutions fédérales, régionales et municipales, financées par des mécanismes publics souvent décrits comme parmi les plus généreux du continent. Ce modèle, hérité d'une tradition de décentralisation et de soutien public à la création, irrigue théâtres, orchestres, musées et maisons d'édition. Selon les éléments rapportés par « Le Monde », c'est précisément cette architecture que l'AfD entendrait fragiliser. Les artistes et les opérateurs culturels y voient une menace directe pour leurs moyens d'existence, d'autant plus que les budgets culturels sont déjà soumis à des arbitrages politiques dans plusieurs Länder. ## Un électorat séduit, selon la chronique du « Monde » Le point le plus délicat, selon Michel Guerrin, réside dans la réception de ce discours. Le chroniqueur estime que « le pire pour les artistes » tient à l'attrait exercé par ces positions sur une partie des électeurs. Cette adhésion pourrait traduire un sentiment de distance entre une fraction de la population et certaines productions culturelles perçues comme éloignées de ses préoccupations. Toutefois, cette lecture reste une interprétation journalistique, et les motivations profondes du vote en faveur de l'AfD demeurent multiples : économiques, identitaires, régionales. Par ailleurs, le poids électoral du parti varie sensiblement d'un Land à l'autre, ce qui rend toute généralisation hasardeuse. ## Un enjeu qui dépasse le seul secteur culturel Au-delà du monde de l'art, l'offensive décrite par « Le Monde » interroge plus largement le rôle de la puissance publique dans le financement de la création et la définition d'une identité collective. Les débats en cours pourraient influencer durablement les arbitrages budgétaires et le contenu des politiques culturelles locales. La question reste ouverte : l'Allemagne parviendra-t-elle à préserver l'ambition affichée de son modèle, ou celui-ci se trouvera-t-il progressivement redéfini sous la pression politique ?