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En Albanie, le projet touristique de la famille Trump menace le delta de la Vjosa

Monde · · Par Claire BERNARD

En Albanie, le projet touristique de la famille Trump menace le delta de la Vjosa

# En Albanie, le projet touristique de la famille Trump suscite une vague de contestation sans précédent Depuis plus de deux semaines, des dizaines de milliers

# En Albanie, le projet touristique de la famille Trump suscite une vague de contestation sans précédent Depuis plus de deux semaines, des dizaines de milliers d'Albanais manifestent chaque soir à 18 heures dans plusieurs villes du pays ainsi qu'à l'étranger, dans un mouvement de protestation d'une ampleur rare. Selon des informations rapportées par RFI, ces rassemblements visent à dénoncer un projet touristique de luxe lié à la famille Trump, prévu dans une zone naturelle protégée du delta de la rivière Vjosa, l'un des derniers fleuves sauvages d'Europe. ## Un projet controversé au cœur d'un écosystème fragile Le projet en question porterait sur la construction d'un complexe hôtelier et résidentiel haut de gamme dans le delta de la Vjosa, une zone classée parc national depuis 2023. D'après des sources gouvernementales albanaises, ce développement immobilier serait porté par des investisseurs proches de l'ancien président américain Donald Trump, sans que les détails précis du partenariat n'aient été officiellement confirmés. Le delta de la Vjosa, situé dans le sud-ouest de l'Albanie, abrite une biodiversité exceptionnelle, avec des espèces rares d'oiseaux migrateurs et une flore endémique. Les associations environnementales locales, interrogées par plusieurs médias internationaux, estiment que ce projet menacerait irrémédiablement cet écosystème unique. Selon un rapport de l'ONG écologiste Albanian Environmental Protection Agency, la zone concernée représente un habitat crucial pour plus de 200 espèces d'oiseaux. La construction d'infrastructures touristiques lourdes, incluant des hôtels, des piscines et des golfs, pourrait entraîner une dégradation significative de la qualité de l'eau et une fragmentation des habitats naturels. Les scientifiques alertent également sur les risques liés à l'augmentation de la fréquentation humaine, qui perturberait les cycles de reproduction des espèces protégées. ## Le gouvernement albanais sous pression Le Premier ministre Edi Rama, au pouvoir depuis 2013, se trouve aujourd'hui au centre des critiques. Les manifestants lui reprochent d'avoir accordé un blanc-seing aux investisseurs étrangers, privilégiant le développement touristique au détriment de la protection environnementale. Selon des sources diplomatiques citées par RFI, le gouvernement albanais aurait signé des accords préférentiels avec des sociétés liées à la famille Trump, sans passer par les procédures d'appel d'offres habituelles. Ces arrangements opaques alimentent un sentiment de défiance croissante au sein de la population. Les demandes des protestataires, initialement centrées sur l'annulation du projet Trump, se sont élargies pour inclure des revendications plus larges : transparence des décisions gouvernementales, respect des lois environnementales et lutte contre la corruption. D'après des témoignages recueillis sur place, les manifestants dénoncent également un modèle de développement touristique qui profiterait principalement à une élite étrangère, sans bénéfices réels pour les communautés locales. Le mouvement, qui rassemble des étudiants, des retraités, des familles et des militants écologistes, semble transcender les clivages politiques traditionnels. ## Un précédent inquiétant pour la protection de la Vjosa La rivière Vjosa, classée parc national en mars 2023, était considérée comme un symbole de la réussite environnementale de l'Albanie. Avec ses 270 kilomètres de cours d'eau non régulés, elle représente l'un des derniers fleuves sauvages d'Europe, un statut qui lui avait valu une reconnaissance internationale. D'après des experts en conservation cités par des médias spécialisés, ce classement visait à protéger le delta des pressions immobilières et touristiques. Le projet Trump, s'il voyait le jour, constituerait un précédent dangereux, ouvrant la voie à d'autres développements similaires dans des zones protégées. Les autorités albanaises, quant à elles, défendent leur stratégie économique. Selon des déclarations officielles rapportées par la presse locale, le tourisme représenterait près de 15 % du PIB national et constituerait un levier essentiel pour la croissance du pays. Le gouvernement argue que les projets de luxe attirent des investissements étrangers et créent des emplois, dans un contexte où le taux de chômage reste élevé, notamment chez les jeunes. Cependant, les opposants au projet estiment que ces bénéfices économiques potentiels ne justifient pas la destruction d'un patrimoine naturel irremplaçable. ## Une contestation qui s'étend au-delà des frontières Le mouvement de protestation a pris une dimension internationale, avec des rassemblements organisés dans plusieurs capitales européennes, notamment à Paris, Londres et Berlin. Selon des informations relayées par des médias albanais de la diaspora, des milliers d'expatriés se sont joints aux manifestations, exprimant leur inquiétude face à l'avenir environnemental de leur pays d'origine. Cette mobilisation transnationale illustre l'importance symbolique de la Vjosa pour l'identité nationale albanaise. Les organisations environnementales internationales, comme Greenpeace et WWF, ont également pris position. D'après un communiqué publié par ces ONG, le projet Trump représenterait une violation des engagements climatiques pris par l'Albanie dans le cadre de l'Accord de Paris. Elles appellent le gouvernement de Tirana à reconsidérer sa décision et à privilégier un tourisme durable, respectueux des écosystèmes locaux. La question pourrait être portée devant les instances européennes, l'Albanie étant candidate à l'adhésion à l'Union européenne depuis 2014. ## Des implications politiques et économiques majeures Au-delà des enjeux environnementaux, cette affaire soulève des questions politiques sensibles. La proximité affichée entre le gouvernement Rama et l'ancien président américain Donald Trump suscite des interrogations, d'autant plus que ce dernier fait l'objet de multiples procédures judiciaires aux États-Unis. Selon des analystes politiques cités par des médias internationaux, cette association pourrait fragiliser la position de l'Albanie sur la scène diplomatique, notamment vis-à-vis de ses partenaires européens. Sur le plan économique, l'avenir du projet reste incertain. Les investisse