Emmanuel Macron raille les candidats à l'élection présidentielle qui viennent "au secours" des start-up de l'IA mais qui "vont revenir en disant qu'il faut taxer la réussite et le capital"

# Emmanuel Macron met en garde contre une fiscalité qui fragiliserait l'écosystème tech français Le président de la République a profité d'une réception à l'Ély
# Emmanuel Macron met en garde contre une fiscalité qui fragiliserait l'écosystème tech français
Le président de la République a profité d'une réception à l'Élysée, organisée à l'occasion des dix ans du salon VivaTech, pour adresser un message cinglant aux candidats à l'élection présidentielle. Sans les nommer directement, Emmanuel Macron a raillé ceux qui "viennent au secours" des start-up de l'intelligence artificielle tout en envisageant, selon lui, de "taxer la réussite et le capital". Une mise en garde qui intervient dans un contexte de débats budgétaires tendus et à l'approche de la prochaine échéance présidentielle.
## Un cadre macroéconomique jugé "pertinent" à préserver
Devant les acteurs français de la tech réunis au palais présidentiel, le chef de l'État a longuement défendu le "cadre macroéconomique" mis en place depuis son premier quinquennat. "On a su bâtir un écosystème, une culture et un cadre macroéconomique pertinent. Il ne faut pas le laisser se faire détricoter, ni dans les débats budgétaires des prochains mois, ni dans les débats à la prochaine présidentielle", a-t-il lancé. Cette déclaration intervient alors que plusieurs candidats déclarés ou pressentis, dont Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen, se sont rendus vendredi sur le salon VivaTech, à Paris. Emmanuel Macron a ironisé sur cette présence : "J'entends tout le monde maintenant venir au secours de l'IA, des start-up formidables (...) Mais les mêmes qui disent 'c'est super' (...) ils vont revenir en disant qu'il faut taxer la réussite, qu'il faut taxer le capital." Une attaque directe contre ceux qui, selon lui, affichent un soutien de circonstance au secteur technologique tout en prônant des mesures fiscales qui pourraient freiner l'investissement.
## Un appel à ne pas "avoir honte du risque"
Le président a invité les entrepreneurs et investisseurs présents à se battre pour éviter de "repartir dans un pays qui a honte du risque, qui pointe du doigt celui qui réussit en disant qu'il faut tout lui prendre". Cette prise de position s'inscrit dans un plaidoyer plus large en faveur d'une "stratégie d'indépendance" européenne dans le domaine de l'intelligence artificielle. Alors que les États-Unis ont récemment suspendu l'accès à certains outils d'IA du géant Anthropic aux étrangers, Emmanuel Macron a appelé à "acheter européen, bâtir européen" pour "préserver notre indépendance". "Derrière tout ça, c'est une vraie stratégie géopolitique qu'on mène", a-t-il insisté, liant la compétitivité technologique à la souveraineté nationale.
## Des enjeux budgétaires et électoraux en toile de fond
Ce discours intervient dans un climat politique tendu, où les discussions budgétaires pour les prochains mois s'annoncent houleuses. Le chef de l'État semble anticiper une remise en cause des dispositifs favorables à l'investissement dans l'innovation, notamment le crédit d'impôt recherche ou la flat tax sur les revenus du capital, que certains candidats à la présidentielle proposent de réformer. En ciblant explicitement ceux qui "viennent au secours de l'IA" tout en envisageant de "taxer le capital", Emmanuel Macron cherche à clarifier le clivage entre sa vision libérale de l'économie et les projets de ses adversaires, qu'ils soient d'extrême droite ou de gauche. La prochaine élection présidentielle, prévue en 2027, s'annonce ainsi comme un test décisif pour la pérennité du modèle français d'innovation technologique, que le président entend défendre jusqu'au bout.