Emmanuel Macron leur a dit "gracias": dans un secteur de l'habillement sinistré, l'espagnol Mango fait mieux que résister et va ouvrir 45 magasins en France (700 emplois à la clé)

Le choix France d’un géant catalan Alors que le secteur de l’habillement en France traverse une crise profonde, marquée par des fermetures en série et des redre
Le choix France d’un géant catalan
Alors que le secteur de l’habillement en France traverse une crise profonde, marquée par des fermetures en série et des redressements judiciaires, un acteur ibérique affiche une santé insolente. L’enseigne espagnole Mango a annoncé ce mardi l’ouverture de 45 nouveaux magasins dans l’Hexagone d’ici à 2028, avec à la clé la création de près de 700 emplois. Cet investissement de 66 millions d’euros, présenté la semaine dernière lors du sommet Choose France, a valu au groupe un « Gracias » appuyé du chef de l’État sur le réseau social X. Une bouffée d’optimisme dans un paysage textile en berne.
Une croissance à contre-courant
Mango, présent en France depuis 1994, fait figure d’exception dans un marché du prêt-à-porter sinistré. Selon les chiffres communiqués par l’entreprise, son chiffre d’affaires dans l’Hexagone a progressé de « plus de 20 % » au cours des cinq dernières années. Un dynamisme que son directeur France, Yann Bayon, avait déjà souligné en août 2025 auprès de l’AFP. Cette performance s’explique en partie par une stratégie de maillage territorial équilibrée : les nouveaux points de vente seront répartis entre les grandes métropoles et « les villes de taille moyenne et petite, qui représentent actuellement plus de 80 % » de son réseau, précise le communiqué. L’enseigne prévoit d’ouvrir « 15 nouveaux magasins par an, créant environ 15 emplois par magasin », soit un rythme soutenu qui devrait lui permettre d’atteindre 250 points de vente en France d’ici la fin de la période.
Un investissement salué par l’Élysée
L’enveloppe de 66 millions d’euros, annoncée dans le cadre du sommet Choose France, n’est pas passée inaperçue. Emmanuel Macron a salué cette décision sur X : « Mango choisit la France (…) ¡Gracias! », s’est-il réjoui, soulignant l’attractivité du territoire pour les investissements étrangers. L’entreprise, qui emploie déjà environ 1.700 personnes dans le pays, voit dans cette nouvelle étape « une marque de l’engagement de longue date de Mango » envers la France, son « premier marché international ». L’opération devrait également permettre à l’enseigne de s’implanter dans dix nouvelles villes, sans que la liste complète n’ait été dévoilée à ce stade. Ce plan d’expansion intervient dans un contexte où de nombreux concurrents, fragilisés par la baisse du pouvoir d’achat et la concurrence de la fast-fashion, réduisent la voilure.
Des résultats financiers solides
Au-delà de la France, la santé du groupe catalan, non coté en Bourse, inspire confiance. Mango revendique plus de 2.900 points de vente répartis dans 120 pays. Selon ses données, l’entreprise a dégagé 242 millions d’euros de profits nets en 2025, soit une hausse de 11 % sur un an. Ces résultats contrastent avec les difficultés d’une partie du secteur, qui a vu plusieurs enseignes historiques déposer le bilan ou fermer des centaines de boutiques. La marque, fondée à Barcelone en 1984, semble avoir su capitaliser sur un positionnement milieu de gamme, une intégration poussée du numérique et une logistique optimisée pour résister aux turbulences. Si les détails précis des ouvertures restent à confirmer, ce plan d’investissement confirme que Mango entend bien creuser l’écart avec ses concurrents sur le marché français.
Une perspective contrastée pour le textile français
Alors que l’emploi dans le secteur de l’habillement est sous pression, l’annonce de Mango offre une respiration. Ces 700 créations de postes, réparties sur trois ans, ne compenseront pas les pertes enregistrées ailleurs, mais elles témoignent d’une capacité d’attraction persistante de la France pour les groupes étrangers. Reste à savoir si ce pari sur le « retail » physique résistera à la digitalisation accélérée des habitudes de consommation.