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Émission de CO2, "Made in Europe": la France et l'Allemagne trouvent un accord pour "assurer l'avenir de l'industrie automobile européenne"

Economie · · Par Julie MOREAU

Émission de CO2,

## Un compromis franco-allemand pour sauver l'automobile européenne La France et l'Allemagne ont annoncé, ce vendredi 16 octobre, avoir trouvé un accord sur l'a

## Un compromis franco-allemand pour sauver l'automobile européenne La France et l'Allemagne ont annoncé, ce vendredi 16 octobre, avoir trouvé un accord sur l'avenir de l'industrie automobile européenne, fragilisée par la concurrence chinoise. Ce rapprochement entre Paris et Berlin repose sur un équilibre délicat : la France accepte de réduire ses ambitions climatiques, tandis que l'Allemagne approuve une vision plus stricte du "Made in Europe". ## Un accord scellé dans une déclaration commune Selon BFM Business, les deux pays sont "parvenus à un accord sur une approche commune visant à assurer l'avenir de l'industrie automobile européenne", indique une déclaration commune signée par Paris et Berlin. Emmanuel Macron s'est exprimé sur le réseau social X pour saluer cette avancée : "Nous portons une ambition claire : réussir la transformation de notre industrie automobile, tout en maintenant notre ambition climatique et notre production en Europe." Le chef de l'État a précisé que "notre cap ne change pas : réduire fortement les émissions de CO2 et produire en France et en Europe les futures voitures électriques. C'est cela la préférence européenne." Le président français souhaite désormais que "cette dynamique franco-allemande puisse aboutir à un accord rapidement" à l'échelle du continent. "L'Europe doit être un continent qui innove, qui investit et qui produit tout en protégeant le climat et en préservant nos emplois", a-t-il ajouté, résumant ainsi le sens de cet engagement bilatéral. ## Des concessions réciproques sur le climat et la production Dès jeudi, des sources diplomatiques européennes avaient laissé entendre que les deux capitales s'étaient entendues sur un texte réduisant l'ambition climatique tout en renforçant le "Made in Europe". Selon le document consulté par l'AFP, la France a consenti des concessions supplémentaires sur les émissions de CO2 des voitures, confirmant le renoncement des Européens au passage au tout-électrique en 2035. Concrètement, les industriels devront réduire leurs émissions de CO2 de 90 % d'ici 2035, sans avoir à compenser les 10 % restants. Ce mécanisme de compensation, initialement prévu, aurait obligé les constructeurs à neutraliser leurs dernières émissions résiduelles, notamment via des carburants synthétiques ou des crédits carbone. Son abandon constitue une flexibilité notable accordée au secteur. ## Un contexte de pression concurrentielle chinoise Cet accord intervient dans un contexte de forte tension pour l'industrie automobile européenne, confrontée à la montée en puissance des constructeurs chinois sur les véhicules électriques. Les deux pays cherchent ainsi à préserver à la fois la compétitivité de leurs constructeurs et les emplois industriels, tout en maintenant un cap climatique désormais assoupli. Le renforcement du "Made in Europe" vise, lui, à garantir que les véhicules vendus sur le marché européen soient produits localement, une revendication portée de longue date par Paris et désormais soutenue par Berlin. Ce volet devrait se traduire par des critères plus stricts sur l'origine des composants et de l'assemblage. ## Vers une généralisation à l'échelle européenne Reste désormais à transformer ce compromis bilatéral en accord à l'échelle de l'Union européenne. Emmanuel Macron a appelé de ses vœux une conclusion rapide des discussions entre les Vingt-Sept, alors que plusieurs États membres, notamment en Europe de l'Est, défendent des positions divergentes sur le rythme de la transition. Ce rapprochement franco-allemand constitue un signal politique fort, mais sa portée dépendra de la capacité des deux moteurs de l'Europe à convaincre leurs partenaires. L'enjeu : concilier décarbonation, souveraineté industrielle et préservation de l'emploi, un triptyque que le compromis du 16 octobre entend incarner.