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"Elu par personne", "trahison", "copain de l'équipe du président": Jean-Luc Mélenchon réaffirme ses menaces envers le gouverneur de la Banque de France

Economie · · Par Julie MOREAU

## Un échange de plus en plus tendu entre Mélenchon et le gouverneur de la Banque de France La passe d'armes entre Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Moulin, gouver

## Un échange de plus en plus tendu entre Mélenchon et le gouverneur de la Banque de France La passe d'armes entre Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Moulin, gouverneur de la Banque de France, s'est intensifiée cette semaine. Le chef de file de La France Insoumise a réaffirmé, mercredi matin, que les propos du banquier central sur la dette publique constituaient un acte "de trahison", passible selon lui de "poursuites" s'il accédait à l'Élysée. Une sortie qui prolonge une séquence politique déjà vive, alimentée par des déclarations croisées relayées notamment par BFM Business. ## Des propos sur la dette au cœur de la controverse Tout part d'une interview accordée par Emmanuel Moulin au Financial Times, dans laquelle le gouverneur de la Banque de France s'exprime sur la question de la dette. Jean-Luc Mélenchon a qualifié ces déclarations d'"acte de trahison", estimant qu'un haut responsable de la banque centrale n'a pas à porter un jugement politique sur la gestion budgétaire du pays. Le dirigeant insoumis a conditionné d'éventuelles poursuites à une accession à la présidence de la République, transformant la menace en enjeu de campagne. Cette prise de position s'inscrit dans un contexte où la dette publique française, qui dépasse les 3 000 milliards d'euros selon les données officielles, reste un sujet de débat politique majeur. ## Moulin se défend et invoque l'exemple américain Invité mercredi matin sur France Inter, Emmanuel Moulin a répondu aux attaques. Il a déclaré "ne pas se laisser intimider", avant d'ajouter : "Je ne connaissais qu'un seul pays où l'on cherchait à intimider le banquier central, c'est l'Amérique de Trump". Le gouverneur compare ainsi les pressions qu'il estime subir aux tentatives d'influence exercées par l'administration américaine sur la Réserve fédérale. Cette référence vise à souligner l'importance de l'indépendance des institutions monétaires, principe fondateur de la Banque centrale européenne et de la Banque de France. Emmanuel Moulin défend donc sa légitimité à s'exprimer sur les risques liés à l'endettement, sans y voir d'ingérence politique. ## Mélenchon pose une série de questions sur X Dans la foulée, Jean-Luc Mélenchon a répliqué sur le réseau social X, en interpellant directement le gouverneur. "Le gouverneur de la Banque de France Moulin m'accuse de le menacer et demande où ailleurs dans le monde on se le permet", écrit-il. Il enchaîne : "Je lui demande où ailleurs dans le monde le président nomme un copain de son équipe technique comme dirigeant de la banque centrale ? Et où ailleurs dans le monde le banquier central élu par personne donne ses avis politiques sur la gestion de son pays ?" Le candidat insoumis poursuit en interrogeant la légitimité démocratique du gouverneur, nommé et non élu, ainsi que son rôle dans ce qu'il décrit comme une "volonté spéculative contre son pays". ## Un enjeu de légitimité et d'indépendance Ce nouvel échange illustre une tension de fond sur le statut des institutions monétaires. D'un côté, Jean-Luc Mélenchon conteste la légitimité d'un responsable non élu à intervenir dans le débat politique. De l'autre, Emmanuel Moulin défend l'indépendance de la banque centrale, garante selon lui de la crédibilité financière du pays. La question de la nomination des dirigeants de la Banque de France, souvent issue de l'entourage proche du pouvoir exécutif, alimente régulièrement les critiques. À l'approche de l'élection présidentielle, ce dossier pourrait devenir un point de clivage supplémentaire entre les candidats. La suite dépendra de l'évolution du débat public et des éventuelles actions judiciaires évoquées par le leader insoumis. Une chose est certaine : la relation entre le monde politique et l'institution monétaire reste, en France, un terrain particulièrement sensible.