«Elles ont failli en venir aux mains» : à l’Assemblée, grosse altercation Borne-Genevard en marge de la loi agricole

# « Elles ont failli en venir aux mains » : à l’Assemblée, grosse altercation Borne-Genevard en marge de la loi agricole Dans la nuit de lundi à mardi, une vive
# « Elles ont failli en venir aux mains » : à l’Assemblée, grosse altercation Borne-Genevard en marge de la loi agricole
Dans la nuit de lundi à mardi, une vive altercation a éclaté entre l’ancienne Première ministre Élisabeth Borne et l’actuelle ministre de l’Agriculture Annie Genevard dans les couloirs de l’Assemblée nationale. Selon des informations rapportées par *Le Figaro*, la dispute, qualifiée de « très vive » par des témoins, aurait failli dégénérer physiquement, en marge de l’adoption du projet de loi d’urgence agricole.
## Un différend sur fond de pesticides contestés
Il était plus d’une heure du matin au Palais Bourbon lorsque la situation a dégénéré. D’après des sources parlementaires citées par le quotidien, un attroupement inhabituel s’est formé en bas de l’Hémicycle, juste en face du banc des ministres. La séance était pourtant terminée, mais des cris ont retenti, attirant l’attention de plusieurs députés macronistes présents sur place. Au milieu du groupe, Élisabeth Borne donnait de la voix, visiblement très en colère.
La source du conflit serait un amendement déposé la veille par l’ancienne locataire de Matignon, co-signé avec plusieurs parlementaires. Celui-ci visait à supprimer la réintroduction dérogatoire de deux pesticides contestés, l’acétamipride et le flupyradifurone, du projet de loi agricole. Selon *Le Figaro*, Borne reprochait à Annie Genevard de ne pas avoir pris en compte cette proposition, ce qui aurait déclenché une altercation d’une rare intensité.
## Une tension qui interroge sur les équilibres politiques
Cette altercation, que des témoins auraient décrite comme ayant « failli en venir aux mains », intervient dans un contexte politique déjà tendu autour de la loi agricole. Le texte, adopté dans la nuit, prévoit notamment des mesures d’urgence pour soutenir le secteur agricole français, confronté à une crise économique et climatique sans précédent. Cependant, la question de la réintroduction de pesticides interdits dans l’Union européenne cristallise les oppositions, y compris au sein de la majorité présidentielle.
L’acétamipride et le flupyradifurone, deux néonicotinoïdes, sont au cœur de vifs débats scientifiques et politiques. Leur utilisation, bien que dérogatoire, soulève des inquiétudes sanitaires et environnementales majeures. Selon plusieurs associations écologistes, ces substances pourraient représenter un danger pour les abeilles et la biodiversité, un argument que partagerait Élisabeth Borne, elle-même ancienne ministre de l’Écologie.
## Des relations personnelles qui se dégradent
Au-delà du fond, cet incident révèle des tensions interpersonnelles croissantes entre deux figures politiques majeures. Élisabeth Borne, qui a quitté Matignon en janvier 2024, conserve une influence certaine au sein du groupe macroniste. Annie Genevard, de son côté, incarne l’aile droite du parti Les Républicains, ralliée à la majorité présidentielle sur ce texte. Leur opposition publique, dans un cadre aussi symbolique que l’Assemblée nationale, pourrait fragiliser l’unité affichée autour de la politique agricole du gouvernement.
D’après des sources proches du dossier citées par *Le Figaro*, les échanges auraient été particulièrement virulents, nécessitant l’intervention de plusieurs députés pour calmer les esprits. Si aucune violence physique n’a été rapportée officiellement, plusieurs témoins auraient évoqué une proximité physique « inquiétante » entre les deux femmes politiques.
## Des implications possibles pour la suite des débats
Cet incident pourrait avoir des répercussions sur la suite de l’examen du texte, qui doit encore passer au Sénat avant une adoption définitive. La question des pesticides dérogatoires reste l’un des points les plus sensibles du projet de loi, et les divisions au sein même de la majorité pourraient compliquer son adoption en l’état. Par ailleurs, cette altercation intervient alors que le gouvernement tente de trouver un équilibre entre les impératifs de productivité agricole et les exigences environnementales.
Le ministère de l’Agriculture, contacté par *Le Figaro*, n’a pas souhaité commenter ces informations. Du côté d’Élisabeth Borne, ses proches auraient confirmé l’existence d’un échange « vif », mais sans en préciser la teneur exacte. Dans les couloirs du Palais Bourbon, cette scène inhabituelle alimente les conversations et interroge sur la capacité des responsables politiques à gérer leurs divergences dans un cadre institutionnel.