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Elles devront être en coton bio, résister à 52 lavages et coûter 19 euros: le cahier des charges dédié au remboursement des culottes menstruelles par la Sécu est enfin publié (mais ne fait pas l'unanimité)

Economie · · Par Julie MOREAU

Elles devront être en coton bio, résister à 52 lavages et coûter 19 euros: le cahier des charges dédié au remboursement des culottes menstruelles par la Sécu est enfin publié (mais ne fait pas l'unanimité)

L’Assurance maladie a levé le voile, ce vendredi 7 août, sur les conditions techniques et tarifaires encadrant le remboursement des culottes et coupes menstruel

L’Assurance maladie a levé le voile, ce vendredi 7 août, sur les conditions techniques et tarifaires encadrant le remboursement des culottes et coupes menstruelles. Un arrêté publié au Journal officiel, validé par l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), fixe un cahier des charges précis : les protections réutilisables devront notamment être composées de coton bio, résister à 52 lavages et ne pas dépasser un prix plafond de 19 euros. Si ce texte était très attendu par les fabricants et les pharmaciens d’officine, sa publication ne fait pas l’unanimité, certains acteurs du secteur y voyant des contraintes trop restrictives. ### Un cadre technique strict pour les fabricants Le cahier des charges publié par l’exécutif impose des exigences sanitaires et qualitatives élevées. Pour être éligibles au remboursement, les culottes menstruelles devront être constituées de trois couches distinctes. La première couche, celle en contact direct avec la peau, doit être drainante et composée de coton biologique ou de lyocell. L’Anses précise que lorsqu’il s’agit de coton bio, celui-ci doit représenter au minimum 95 % des fibres, avec un label GOTS Organics ou un label équivalent, et peut inclure jusqu’à 5 % d’élasthanne pour assurer l’élasticité nécessaire au tissu. La deuxième couche, elle, doit être absorbante, tandis que la troisième devra garantir l’étanchéité. Les fabricants devront également prouver que leurs produits résistent à 52 lavages, un critère de durabilité qui vise à garantir une utilisation prolongée et donc un impact environnemental réduit. ### Un prix plafonné à 19 euros et des bénéficiaires ciblés Au-delà des aspects techniques, l’arrêté fixe un plafond de prix de 19 euros pour les modèles concernés. Ce seuil, qui s’applique aux culottes menstruelles, vise à encadrer le marché et à éviter que la prise en charge ne profite à des produits haut de gamme aux tarifs excessifs. Le remboursement, qui doit entrer en vigueur dès la rentrée universitaire, concerne les moins de 26 ans ainsi que les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire (C2S), sans limite d’âge pour ces derniers. Les mutuelles et la Sécurité sociale prendront en charge ces protections réutilisables dans le cadre d’un dispositif qui se veut un levier à la fois social et écologique. Les pharmaciens d’officine, qui étaient en première ligne pour la délivrance, attendaient ce texte avec impatience, mais sa complexité pourrait freiner sa mise en œuvre rapide. ### Des réactions contrastées dans la filière Malgré l’avancée que représente cette publication, le cahier des charges ne fait pas l’unanimité. Plusieurs fabricants de culottes menstruelles, interrogés par BFM Business, estiment que les exigences de l’Anses sont particulièrement contraignantes, notamment sur la composition des couches et la certification GOTS, qui représente un coût supplémentaire. Certains craignent que ces normes ne favorisent les grands groupes déjà structurés pour répondre à ces standards, au détriment des petites marques émergentes. À l’inverse, des associations de consommateurs saluent un texte qui garantit une qualité minimale et protège les utilisatrices de produits potentiellement irritants. Le débat reste donc ouvert sur l’équilibre entre accessibilité financière, innovation industrielle et sécurité sanitaire. ### Un enjeu de santé publique et de transition écologique Ce dispositif s’inscrit dans une dynamique plus large de reconnaissance des protections menstruelles réutilisables comme des produits de santé à part entière. En les intégrant au panier remboursable, les pouvoirs publics entendent répondre à un double enjeu : lutter contre la précarité menstruelle, qui touche une part significative de la population, et réduire les déchets liés aux protections jetables. Selon les estimations du secteur, une femme utilise en moyenne plusieurs milliers de protections jetables au cours de sa vie, un volume considérable que les alternatives réutilisables pourraient drastiquement réduire. La publication de ce cahier des charges marque une étape réglementaire majeure, mais son application effective dépendra de la capacité des acteurs à s’adapter rapidement. Les prochains mois seront décisifs pour évaluer l’impact réel de cette mesure sur le terrain, tant en termes de disponibilité des produits que d’acceptabilité par les bénéficiaires.