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«Elle sera abrogée, purement et simplement» : la loi SRU, qui impose 25% de logements sociaux en ville, dans le viseur de Marine Le Pen

Une · · Par Claire BERNARD

«Elle sera abrogée, purement et simplement» : la loi SRU, qui impose 25% de logements sociaux en ville, dans le viseur de Marine Le Pen

## La loi SRU dans le viseur du Rassemblement national Lors de son traditionnel discours de rentrée à Hénin-Beaumont, Marine Le Pen a placé le logement au cœur

## La loi SRU dans le viseur du Rassemblement national Lors de son traditionnel discours de rentrée à Hénin-Beaumont, Marine Le Pen a placé le logement au cœur de ses priorités, annonçant vouloir abroger « purement et simplement » la loi SRU, selon des propos rapportés par Le Figaro le 13 septembre 2026. La candidate du Rassemblement national a promis que le logement serait « un des grands chantiers » d'un éventuel quinquennat. ## Un dispositif contesté depuis plus de vingt ans Adoptée le 13 décembre 2000, la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbains impose aux communes de plus de 3 500 habitants de disposer d'au moins 25 % de logements sociaux, sous peine de sanctions financières. Ce dispositif, conçu pour favoriser la mixité sociale, est critiqué de longue date par le Rassemblement national. En 2024, le parti avait déjà déposé une proposition de loi visant à assouplir ce mécanisme, sans toutefois obtenir son abrogation. Selon les propos rapportés par Le Figaro, Marine Le Pen entend désormais inscrire cette suppression dans son programme présidentiel, ce qui n'y figurait pas explicitement jusqu'à présent. Cette annonce marque donc un durcissement de la position du parti sur le sujet. ## La « priorité nationale » comme principe directeur Au-delà de l'abrogation de la loi SRU, la dirigeante du Rassemblement national a défendu le principe de « priorité nationale », qu'elle qualifie de « droit naturel et juste ». Cette mesure viserait à « donner la priorité d'accès au logement social aux Français », une proposition qui s'inscrit dans une logique plus large de préférence nationale appliquée aux politiques publiques. Cette approche pourrait toutefois soulever des questions juridiques, notamment au regard du principe constitutionnel d'égalité et des engagements européens de la France. D'après des sources gouvernementales citées précédemment sur des sujets similaires, toute mesure instaurant une préférence fondée sur la nationalité serait susceptible d'être censurée par le Conseil constitutionnel. ## Des implications encore incertaines L'abrogation de la loi SRU, si elle était mise en œuvre, aurait des conséquences importantes sur la politique du logement dans les territoires les plus tendus. Les communes actuellement soumises à des objectifs de construction de logements sociaux pourraient voir leurs obligations disparaître, ce qui risque d'accentuer les disparités territoriales, notamment en Île-de-France et dans les métropoles. Par ailleurs, cette annonce s'inscrit dans un contexte de crise persistante du logement, marqué par une pénurie d'offres abordables et une hausse des demandes non satisfaites. Selon plusieurs rapports récents, le nombre de ménages en attente d'un logement social dépasse les deux millions en France. Le débat promet donc d'être vif entre partisans d'une dérégulation et défenseurs de la solidarité urbaine.