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Elle a reculé de 14% depuis 2018: la consommation mondiale de vin a encore baissé en 2025, même en France

Economie · · Par Julie MOREAU

Elle a reculé de 14% depuis 2018: la consommation mondiale de vin a encore baissé en 2025, même en France

La consommation mondiale de vin a connu une nouvelle baisse en 2025, avec une diminution de 2,7% par rapport à l'année précédente, atteignant un niveau historiq

La consommation mondiale de vin a connu une nouvelle baisse en 2025, avec une diminution de 2,7% par rapport à l'année précédente, atteignant un niveau historiquement bas, selon les estimations de l'Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV). Ce déclin persistant s'inscrit dans une tendance plus large, la consommation mondiale ayant chuté de 14% depuis 2018. Ce phénomène, qui touche particulièrement des pays comme les États-Unis, la France et la Chine, soulève des questions sur les changements structurels dans les comportements des consommateurs et les dynamiques économiques en jeu. D'après le bilan annuel de l'OIV, la consommation mondiale de vin a été estimée à 208 millions d'hectolitres (mhl) en 2025. Ce chiffre marque un retour à des niveaux que l'on n'avait pas vus depuis 1957. L'OIV souligne que ce déclin est en grande partie dû à des crises économiques, mais également à des changements générationnels dans les préférences des consommateurs. Les jeunes générations semblent moins enclines à consommer du vin, préférant souvent des alternatives moins alcoolisées ou d'autres types de boissons. Les États-Unis, qui ont longtemps été considérés comme le premier marché mondial pour le vin, ont enregistré une baisse de 4,3% en 2025, avec une consommation tombant à 31,9 millions d'hectolitres. Les experts de l'OIV évoquent une "combinaison de raisons économiques et comportementales" pour expliquer ce recul. En effet, les jeunes consommateurs américains se montrent de plus en plus sensibles aux prix et cherchent à diversifier leurs choix de boissons. Le pouvoir d'achat, sous pression, ainsi que l'impact potentiel des droits de douane imposés par l'administration Trump, compliquent encore la situation, bien qu'il soit difficile d'isoler cet effet des autres facteurs. En France, premier pays consommateur de vin de l'Union européenne, la situation n'est guère meilleure. La consommation a baissé de 3,2% en 2025, atteignant 22 millions d'hectolitres. Ce déclin s'inscrit dans un mouvement de longue date : la consommation de vin en France a diminué de manière continue depuis plusieurs décennies. Les changements de mode de vie, l'évolution des préférences alimentaires et une attention accrue à la santé semblent jouer un rôle central dans cette dynamique. En Europe, d'autres pays comme l'Italie et l'Allemagne connaissent également des baisses significatives, respectivement de 9,4% et de 3%, traduisant une tendance générale de réduction de la consommation de vin sur le continent. À l'échelle mondiale, l'OIV note que seul le Portugal a vu sa consommation augmenter l'année dernière, grâce à un intérêt croissant pour le vin local. Cela pourrait souligner un retournement partiel des préférences vers des produits locaux, tandis que les vins importés souffrent de la concurrence accrue de d'autres boissons alcoolisées, comme les spiritueux et les bières artisanales, qui gagnent en popularité. Les chiffres de la consommation de vin reflètent également des changements dans la production et les exportations. Les exportations de vins et spiritueux français ont connu un ralentissement, les producteurs cherchant à s'adapter à une demande en baisse. Cela pourrait inciter les acteurs du secteur à repenser leur stratégie marketing et à explorer de nouveaux marchés ou segments de consommateurs, notamment ceux qui privilégient des produits bio ou issus de la viticulture durable. En conclusion, le recul de la consommation mondiale de vin en 2025, avec des baisses significatives dans des pays clés comme les États-Unis, la France et la Chine, met en lumière une évolution des habitudes de consommation. Les acteurs de l'industrie viticole devront sans doute s'adapter à ces nouvelles réalités pour rester pertinents sur un marché en pleine mutation. Les défis économiques et comportementaux auxquels ils font face nécessiteront une réflexion stratégique pour retrouver une dynamique de croissance.