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Elle produit les 3/4 de la pâte à papier consommée en France: les 2 usines du français Fibre Excellence sont menacées de liquidation, Sébastien Lecornu est appelé à l'aide

Economie · · Par Julie MOREAU

Elle produit les 3/4 de la pâte à papier consommée en France: les 2 usines du français Fibre Excellence sont menacées de liquidation,  Sébastien Lecornu est appelé à l'aide

# Fibre Excellence au bord du gouffre : les deux dernières usines françaises de pâte à papier menacées de liquidation Le groupe Fibre Excellence, qui exploite l

# Fibre Excellence au bord du gouffre : les deux dernières usines françaises de pâte à papier menacées de liquidation Le groupe Fibre Excellence, qui exploite les deux seules usines de pâte à papier encore en activité en France, à Saint-Gaudens (Haute-Garonne) et Tarascon (Bouches-du-Rhône), est placé en redressement judiciaire depuis le 27 avril dernier. Alors qu'une seule offre de reprise se profile, les présidents des régions Occitanie et Provence-Alpes-Côte-d'Azur, accompagnés des syndicats CFDT, CGT et FO, ont adressé un courrier commun au Premier ministre Sébastien Lecornu pour l'appeler à intervenir d'urgence. Sans engagement ferme de l'État, notamment sur une revalorisation du prix d'achat de l'électricité produite à partir de copeaux de bois par EDF, la liquidation judiciaire pourrait être inévitable. ## Un acteur stratégique pour la filière papetière française Fibre Excellence est le numéro 1 incontesté du marché français de la pâte à papier. Le groupe produit en effet 1,5 million des 2 millions de tonnes consommées chaque année dans l'Hexagone, soit les trois quarts de la demande nationale. Cette production alimente des fabricants de cahiers, de mouchoirs en papier ou encore d'emballages, secteurs essentiels à l'économie quotidienne des Français. L'entreprise emploie actuellement 670 salariés directement, mais sa disparition fragiliserait une filière beaucoup plus large, représentant plus de 10.000 emplois, selon le courrier envoyé par les collectivités et les syndicats. Le groupe s'est déclaré en cessation de paiement le 15 avril dernier, avant d'être placé en redressement judiciaire douze jours plus tard, avec une période d'observation de six mois pour trouver un repreneur. ## L'actionnaire indonésien se désengage, l'État mis en demeure Le propriétaire actuel de Fibre Excellence est l'indonésien Jackson Wijaya, également à la tête du géant papetier mondial Asia Pulp and Paper. Ce dernier a décidé de se désengager du groupe, laissant les salariés et les collectivités locales dans l'incertitude. "Sans intervention rapide des pouvoirs publics, le risque d'une liquidation judiciaire est imminent", écrivent Carole Delga, présidente (PS) de la région Occitanie, et Renaud Muselier, président (Renaissance) de la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur, dans leur lettre adressée au Premier ministre mardi et dont l'AFP a obtenu copie mercredi. Une seule offre de reprise se profile actuellement, mais elle reste suspendue à des engagements attendus de l'État, notamment sur une revalorisation du prix d'achat de l'électricité produite par l'usine à partir de copeaux de bois et revendue à EDF. ## Des délais trop courts pour une filière fragilisée Laurent Quinto, délégué CGT de l'usine de Tarascon, avait déclaré après le placement en redressement judiciaire que "c'est mieux qu'une liquidation, mais les délais sont trop courts". La période d'observation de six mois laisse en effet peu de marge pour trouver un repreneur solide, alors que le groupe doit faire face à des difficultés structurelles liées à la hausse des coûts de l'énergie et à la concurrence internationale. Les syndicats et les élus locaux redoutent un scénario catastrophe pour les territoires de Saint-Gaudens et Tarascon, où l'usine représente un pilier économique majeur. La filière bois française, déjà fragilisée par la baisse de la demande et les tensions sur les matières premières, pourrait subir un choc supplémentaire si Fibre Excellence venait à disparaître. ## Un appel pressant à l'exécutif Le courrier adressé à Sébastien Lecornu met en avant la nécessité d'une action rapide des pouvoirs publics pour éviter la liquidation. Les signataires demandent une revalorisation du tarif d'achat de l'électricité produite par les usines, afin de garantir leur viabilité économique à long terme. Sans cette mesure, le seul repreneur potentiel pourrait se retirer, laissant les deux sites sans avenir. La décision du gouvernement sera déterminante pour l'avenir de la filière papetière française, déjà réduite à deux usines après des décennies de délocalisations et de fermetures. L'issue de ce dossier sera scrutée de près par les 670 salariés et les milliers d'emplois indirects qui dépendent de Fibre Excellence, alors que la période d'observation court jusqu'à fin octobre.