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Elle prélève plus que tous ses voisins mais dépense encore davantage: le constat accablant d'UBS sur la France qui voit la dette exploser à 138% du PIB

Economie · · Par Julie MOREAU

Elle prélève plus que tous ses voisins mais dépense encore davantage: le constat accablant d'UBS sur la France qui voit la dette exploser à 138% du PIB

## La France face au mur budgétaire : une croissance en panne, une dette à 138 % du PIB en perspective La trajectoire budgétaire française se dégrade à un rythm

## La France face au mur budgétaire : une croissance en panne, une dette à 138 % du PIB en perspective La trajectoire budgétaire française se dégrade à un rythme qui inquiète désormais jusqu'aux grandes banques internationales. Selon une note d'UBS relayée par BFM Business, la dette publique pourrait atteindre 138 % du PIB à l'horizon 2033 en l'absence de nouvelles économies. Un constat d'autant plus préoccupant que la croissance, moteur indispensable de toute consolidation, s'essouffle brutalement. ## Une croissance revue à la baisse, une équation budgétaire intenable Les mauvaises nouvelles se sont enchaînées en l'espace de deux jours. Jeudi, l'Insee a ramené sa prévision de croissance pour 2026 de 0,7 % à seulement 0,4 %, après 0,9 % en 2025. Le lendemain, le gouvernement a lui aussi revu son estimation, de 0,7 % à 0,5 %, tout en maintenant un objectif de 1 % pour 2027. Cette révision rend l'équation budgétaire particulièrement délicate. L'objectif d'un déficit limité à 5 % du PIB en 2026 n'est désormais « plus une option », a reconnu le ministre de l'Économie Roland Lescure. Autrement dit, le cadre budgétaire que la France s'était fixé pour rassurer ses partenaires et les marchés apparaît aujourd'hui hors d'atteinte, sauf effort supplémentaire significatif. ## Une économie française pratiquement à l'arrêt L'Insee décrit une activité économique quasiment figée. Après un recul au premier trimestre et une stagnation au deuxième, la croissance ne dépasserait pas 0,1 % au troisième trimestre, puis 0,2 % au quatrième. Les conséquences se diffusent à l'ensemble des agents économiques : le pouvoir d'achat des ménages reculerait de 0,4 % sur l'année, l'investissement des entreprises diminuerait de 0,3 % et 52 000 emplois salariés privés seraient détruits. Le taux de chômage pourrait ainsi atteindre 8,6 % à la fin de l'année. Seule éclaircie dans ce tableau : la consommation progresserait légèrement, de 0,3 %, grâce au déstockage d'une partie de l'épargne accumulée par les ménages. ## Le diagnostic d'UBS : prélever beaucoup, dépenser davantage La note d'UBS, consacrée à l'élection présidentielle de 2027 et aux finances publiques, formule un constat sévère. La France prélèverait davantage que l'ensemble de ses voisins européens, sans parvenir pour autant à équilibrer ses comptes, en raison d'un niveau de dépenses publiques supérieur encore à celui des prélèvements. La banque ne s'attend qu'à un effort budgétaire très limité l'année prochaine. Son scénario tablait sur un déficit proche de 5 % du PIB en 2026, puis de 4,9 % en 2027 — une prévision déjà presque dépourvue de réduction du déficit, et désormais fragilisée par le coup de frein sur la croissance. ## Un enjeu politique autant qu'économique Cette dégradation intervient dans un contexte d'incertitude politique, de hausse des prix de l'énergie, d'épisodes climatiques extrêmes et d'envolée des coûts d'emprunt — autant de facteurs qui pèsent directement sur l'activité. La question centrale, désormais, n'est plus de savoir si la France doit ajuster ses finances publiques, mais à quel rythme et selon quels arbitrages. À moins de trois ans de l'élection présidentielle de 2027, le sujet s'annonce incontournable dans le débat public. Les projections d'UBS rappellent qu'en l'absence de décisions structurantes, la dette continuera de dériver, avec les risques associés sur le coût du financement et la souveraineté budgétaire du pays.