Elle pourrait augmenter de 20%: la taxe sur les ordures ménagères risque de flamber à cause d'une nouvelle consigne sur les bouteilles en plastique (souhaitée par Emmanuel Macron qui veut atteindre des objectifs européens de recyclage)

# La taxe sur les ordures ménagères pourrait grimper de 20% avec la consigne des bouteilles plastique La mise en place d'une consigne sur les bouteilles en plas
# La taxe sur les ordures ménagères pourrait grimper de 20% avec la consigne des bouteilles plastique
La mise en place d'une consigne sur les bouteilles en plastique, souhaitée par Emmanuel Macron pour atteindre les objectifs européens de recyclage, pourrait entraîner une hausse significative de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères (Teom). Selon les collectivités locales, cette augmentation pourrait atteindre près de 20%, une perspective inquiétante pour le pouvoir d'achat des ménages français.
## Une mesure écologique aux conséquences financières
Le gouvernement a lancé fin mai une concertation visant à instaurer une consigne sur les bouteilles en plastique, à la demande d'Emmanuel Macron. L'objectif affiché est de permettre à la France de rattraper son retard considérable en matière de recyclage. Selon les données d'Eurostat pour 2022, la France n'a recyclé que 25,2% de ses déchets d'emballages plastiques, se classant parmi les moins bons élèves de l'Union européenne. Ce chiffre est très inférieur à la moyenne européenne de 40,7%, et loin derrière des pays comme la Belgique (54,2%), l'Allemagne (51,1%) ou l'Italie (46,6%).
Cependant, cette initiative écologique soulève de vives inquiétudes chez les collectivités locales, qui perçoivent la Teom auprès des ménages. "Nous sommes obligés d'équilibrer nos budgets", a rappelé Gilles Vincent, président du réseau de collectivités Amorce, lors d'un point presse le mardi 9 juin. "Et donc demain, si on a moins de recettes via notre centre de tri, nous serons obligés d'augmenter fortement, je dis bien fortement, peut-être près de 20%, la Teom", a-t-il déclaré.
## Le mécanisme financier en question
Les collectivités tirent une partie de leurs revenus de la revente des matériaux recyclés, ce qui leur permet de financer les opérations de collecte et de traitement des déchets, en complément des financements de l'éco-organisme Citeo et de la Teom. Avec la mise en place d'une consigne, ces recettes liées à la revente des matériaux pourraient diminuer drastiquement, car les bouteilles en plastique seraient collectées via un circuit distinct, géré par les distributeurs ou des opérateurs spécialisés.
Les collectivités, vent debout contre cette mesure, estiment qu'il s'agit d'une fausse bonne solution. Elles soulignent que les bouteilles en plastique constituent déjà l'un des emballages plastiques les mieux recyclés en France. Leur retrait du circuit classique de collecte des déchets priverait les centres de tri d'une matière première valorisable, réduisant ainsi leurs recettes et les obligeant à compenser ce manque à gagner par une hausse de la Teom.
## Un enjeu de pouvoir d'achat
Cette augmentation potentielle de près de 20% de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères représenterait un choc financier supplémentaire pour les ménages français, déjà confrontés à une inflation persistante et à des tensions sur leur pouvoir d'achat. La Teom est une taxe locale qui varie selon les communes et les intercommunalités, mais une hausse de cette ampleur pèserait lourdement sur le budget des foyers.
Le dilemme pour l'exécutif est donc de taille : comment concilier les objectifs environnementaux fixés par Bruxelles, sur lesquels la France accumule un retard significatif, avec la nécessité de ne pas alourdir la fiscalité locale ? La concertation lancée par le gouvernement devra impérativement trouver des solutions de financement alternatives pour éviter que le fardeau ne retombe sur les contribuables, alors que le pays s'efforce d'améliorer ses performances en matière de recyclage.