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Elle assure qu'elle avait un rhume: la patronne de la Banque de Russie avait mystérieusement disparu depuis des semaines (elle est en désaccord avec Poutine)

Economie · · Par Julie MOREAU

Elle assure qu'elle avait un rhume: la patronne de la Banque de Russie avait mystérieusement disparu depuis des semaines (elle est en désaccord avec Poutine)

# Elvira Nabioullina réapparaît après deux semaines de silence : la patronne de la Banque centrale russe baisse ses taux à 14,25% La gouverneure de la Banque ce

# Elvira Nabioullina réapparaît après deux semaines de silence : la patronne de la Banque centrale russe baisse ses taux à 14,25% La gouverneure de la Banque centrale russe, Elvira Nabioullina, a fait son retour sur la scène publique ce vendredi après deux semaines d'absence qui avaient nourri toutes les spéculations à Moscou. Elle a annoncé une baisse de 0,25 point de son principal taux directeur, désormais fixé à 14,25%, dans un contexte de tensions économiques et politiques croissantes avec le Kremlin. Cette décision intervient alors que l'économie russe montre des signes d'essoufflement, malgré sa résilience face aux sanctions occidentales. ## Une absence qui alimente les rumeurs à Moscou Elvira Nabioullina, en poste depuis 13 ans, est considérée comme l'une des personnalités économiques les plus influentes de Russie. Or elle avait disparu de la scène publique depuis le 28 mai. Une absence inhabituelle pour celle qui est devenue au fil des années un visage incontournable de la politique économique russe. Le 4 juin, elle annulait ainsi sa participation au Forum économique international de Saint-Pétersbourg, grand rendez-vous annuel du pouvoir russe. Quelques jours plus tard, elle manquait également une conférence de l'Association des marchés financiers, puis une autre réunion stratégique présidée par Vladimir Poutine. Ces absences répétées ont immédiatement alimenté les spéculations dans les cercles économiques et politiques de la capitale russe. Plusieurs hypothèses ont circulé, allant d'une mise à l'écart forcée à un désaccord profond avec la ligne économique du Kremlin. La gouverneure a finalement justifié son absence par un simple rhume, une explication qui n'a pas convaincu tous les observateurs, compte tenu de son rôle central dans la gestion de l'économie de guerre. ## Une décision monétaire sous haute tension La baisse du taux directeur à 14,25% était particulièrement attendue par les marchés. Depuis plusieurs mois, l'économie russe montre des signes d'essoufflement malgré sa résilience face aux sanctions occidentales. Les dépenses militaires massives liées à la guerre en Ukraine continuent d'alimenter l'activité, mais elles exercent également une pression croissante sur les finances publiques et nourrissent les tensions inflationnistes. Cette décision illustre l'équilibre délicat que doit trouver la Banque centrale entre plusieurs impératifs contradictoires. D'un côté, il s'agit de lutter contre une inflation qui reste élevée, malgré un ralentissement récent. De l'autre, le soutien à une économie de guerre sous pression nécessite des conditions de financement favorables pour les entreprises et l'État. La baisse des taux pourrait ainsi refléter une volonté de stimuler l'activité économique, au risque d'alimenter davantage les pressions inflationnistes. ## Des tensions croissantes avec le Kremlin Au-delà de la décision monétaire elle-même, c'est surtout la réapparition d'Elvira Nabioullina qui retenait l'attention des observateurs. La gouverneure est connue pour son approche prudente et orthodoxe en matière de politique monétaire, ce qui l'aurait mise en désaccord avec les partisans d'une politique plus accommodante au sein du Kremlin. Selon plusieurs sources, elle aurait exprimé des réserves sur le niveau des dépenses militaires et leurs conséquences inflationnistes. Ces tensions potentielles avec Vladimir Poutine pourraient expliquer en partie son absence prolongée. Certains analystes évoquent la possibilité d'une mise à l'écart temporaire, voire d'une forme de disgrâce, avant que la gouverneure ne soit finalement autorisée à revenir sur le devant de la scène. La Banque centrale russe n'a pas commenté ces spéculations, se contentant de confirmer que Mme Nabioullina était en bonne santé et qu'elle reprenait ses fonctions. ## Des perspectives économiques incertaines La réapparition d'Elvira Nabioullina et la baisse des taux interviennent dans un contexte économique particulièrement complexe pour la Russie. Si l'économie a montré une résilience surprenante face aux sanctions occidentales, les signes d'essoufflement se multiplient. L'inflation reste un défi majeur, tout comme la pression sur les finances publiques liée aux dépenses militaires. La décision de la Banque centrale pourrait également refléter une volonté de soutenir la croissance économique, alors que les prévisions pour 2024 s'annoncent moroses. Les sanctions occidentales continuent de peser sur les secteurs clés de l'économie russe, notamment l'énergie et les technologies. Dans ce contexte, la marge de manœuvre de la Banque centrale reste limitée, tiraillée entre les impératifs de la lutte contre l'inflation et les besoins de l'économie de guerre. La gouverneure devra désormais naviguer dans un environnement politique et économique de plus en plus instable, où chaque décision monétaire est scrutée comme un indicateur des équilibres de pouvoir au sein du Kremlin. Les prochaines semaines devraient permettre de clarifier si cette baisse des taux marque un véritable changement de cap ou une simple mesure technique dans un contexte déjà tendu.