Élisabeth Borne sur la campagne présidentielle : « Il n’y a pas de candidat du centre »

Élisabeth Borne estime qu’aucun candidat déclaré du bloc central n’incarne les valeurs du centre, selon un entretien exclusif accordé au Figaro et publié le 9 s
Élisabeth Borne estime qu’aucun candidat déclaré du bloc central n’incarne les valeurs du centre, selon un entretien exclusif accordé au Figaro et publié le 9 septembre 2026. L’ancienne première ministre, députée Renaissance du Calvados, y détaille sa vision de la campagne présidentielle à venir et les raisons de son refus de choisir entre Gabriel Attal et Édouard Philippe. Elle profite de cette tribune pour lancer son propre mouvement, « Bâtissons ensemble », et appeler à une assumption collective du bilan macroniste.
Une défiance assumée envers les candidats déclarés
Interrogée par les journalistes Louis Hausalter et Marie-Cécile Renault sur un éventuel soutien à l’un des deux candidats déclarés du bloc central, Élisabeth Borne oppose une fin de non-recevoir argumentée. « Je ne crois pas à l’homme providentiel », affirme-t-elle, avant de préciser que « c’est collectivement que nous réussirons ». Cette déclaration marque une rupture avec les logiques de personnalisation du pouvoir qui dominent traditionnellement les campagnes électorales françaises.
L’ancienne locataire de Matignon justifie sa position par une analyse du rapport de forces politique. « Alors que les extrêmes bénéficient de la dynamique la plus forte, la règle de base est de ne pas se tromper d’adversaire », explique-t-elle. Selon ses dires rapportés par Le Figaro, ni Gabriel Attal ni Édouard Philippe n’incarneraient pleinement les « valeurs » du centre qu’elle appelle de ses vœux. Ce positionnement pourrait redessiner les alliances au sein de la majorité présidentielle à l’approche du scrutin.
Un appel à assumer le bilan macroniste
Au-delà du refus de choisir, Élisabeth Borne développe une ligne politique claire fondée sur la continuité. Dans un « contexte où les repères sont brouillés et où l’on entend beaucoup la rengaine du déclin », elle juge « indispensable d’assumer le bilan » du septennat macroniste. L’ancienne première ministre s’appuie sur des indicateurs économiques pour étayer son propos : « Pour la septième année consécutive, la France est le pays le plus attractif d’Europe », souligne-t-elle, ajoutant que « deux millions d’emplois » ont été créés et que le nombre de jeunes en apprentissage a été « triplé ».
Ces éléments chiffrés, rapportés par le quotidien, visent à contrebalancer un discours ambiant sur le déclin français. Élisabeth Borne semble ainsi vouloir incarner une candidature de l’expérience et du bilan, plutôt que de la rupture ou du renouveau générationnel. Cette stratégie pourrait toutefois se heurter à la dynamique propre à chaque candidat déclaré, qui disposent déjà d’appareils militants et de relais médiatiques significatifs.
Un nouveau mouvement pour structurer une offre politique
Le lancement de son mouvement « Bâtissons ensemble » constitue le volet opérationnel de cette ambition. En structurant un espace politique distinct, Élisabeth Borne pourrait tenter de peser dans les négociations à venir et de proposer une troisième voie au sein du bloc central. La députée du Calvados semble vouloir capitaliser sur son expérience gouvernementale, elle qui a dirigé le gouvernement français de mai 2022 à janvier 2024, pour incarner une alternative crédible aux deux favoris déclarés.
Cette initiative intervient dans un paysage politique où les primaires et les rapprochements tactiques se multiplient. La référence à une dynamique des extrêmes suggère que l’ancienne première ministre perçoit un risque de fragmentation du centre, susceptible de profiter aux partis situés aux marges de l’échiquier politique. Son mouvement pourrait ainsi viser à fédérer les élus locaux et les cadres déçus par les orientations prises par les candidats déclarés.
Une séquence politique décisive pour le centre
À moins de douze mois de l’échéance électorale, cette prise de position d’Élisabeth Borne pourrait contribuer à redéfinir les équilibres internes du bloc central. Le refus explicite de soutenir Gabriel Attal ou Édouard Philippe, tous deux présentés par Le Figaro comme les candidats déclarés de cette famille politique, ouvre un espace d’incertitude quant aux reports de voix et aux alliances programmatiques. Les prochaines semaines devraient permettre de mesurer la capacité de l’ancienne première ministre à transformer cette défiance en dynamique électorale tangible.