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EDITO. Attal attend désespérément son sursaut dans les sondages et Retailleau semble perdu: c'est bien Edouard Philippe qui s’impose désormais dans la primaire "sauvage" à droite et au centre

Economie · · Par Julie MOREAU

EDITO. Attal attend désespérément son sursaut dans les sondages et Retailleau semble perdu: c'est bien Edouard Philippe qui s’impose désormais dans la primaire

## La clarification en marche au centre et à droite À 200 jours du premier tour de l'élection présidentielle, la configuration politique se décanterait nettemen

## La clarification en marche au centre et à droite À 200 jours du premier tour de l'élection présidentielle, la configuration politique se décanterait nettement au centre et à droite. Selon le sixième baromètre Ifop de la présidentielle, publié hier soir et relayé par BFM Business, Édouard Philippe s'imposerait désormais comme la figure dominante de cette primaire "sauvage" que se livrent les candidats du centre et de la droite, laissant Gabriel Attal et Bruno Retailleau loin derrière lui. ## Un écart significatif dans les sondages Les chiffres du baromètre Ifop sont sans ambiguïté. Testés tous les trois, Édouard Philippe devancerait Gabriel Attal et Bruno Retailleau, respectivement de 8 et 9 points. Cet écart, loin d'être marginal, traduit un mouvement de fond dans l'électorat de droite et du centre. Le candidat Horizons apparaîtrait désormais comme le seul, à ce stade de la campagne, à pouvoir espérer empêcher un second tour opposant Marine Le Pen à Jean-Luc Mélenchon. Cette donnée revêt une importance stratégique considérable pour la suite de la campagne. ## Attal et Retailleau en quête d'un second souffle Pour Gabriel Attal, la situation est d'autant plus délicate que le contexte politique ne lui offre guère de répit. Le candidat attendrait toujours un sursaut dans les sondages qui ne viendrait pas. Quant à Bruno Retailleau, il semblerait perdre du terrain dans cette compétition interne à la droite et au centre. La dynamique observée dans les études d'opinion suggère une forme de clarification progressive, au détriment des deux figures qui pouvaient encore prétendre incarner une alternative crédible. ## Un contexte de campagne qui pèse Cette clarification intervient alors que deux faits majeurs bousculent la campagne. D'un côté, le Rassemblement national est confronté, via l'enquête de Mediapart sur Jordan Bardella, à son histoire, celle du Front national, un parti qui a longtemps flirté avec l'antisémitisme. De l'autre, La France insoumise est ramenée à ses fondamentaux anti-forces de l'ordre, soufflant sur les braises d'une jeunesse en colère, quitte à installer le désordre dans les lycées. Ces deux partis, qui espéraient jouer dans le camp des raisonnables, seraient ainsi ramenés, volontairement ou non, à leur radicalité. ## Le sérieux comme argument Un ancien ministre du premier quinquennat d'Emmanuel Macron confiait cette semaine que le candidat Édouard Philippe n'a "rien de véritablement enthousiasmant", mais qu'il est "sérieux et raisonnable". Cette appréciation résume assez bien la position du maire du Havre. Prenez sa réforme des retraites : âge de départ à 65 ans, 45 années de cotisation. Rien de révolutionnaire, là encore, mais une cohérence qui pourrait séduire un électorat en quête de stabilité. Le candidat aurait entendu les critiques formulées à l'égard de son projet, ce qui témoignerait d'une volonté d'ajustement. ## Une dynamique à confirmer Si la tendance se confirme dans les prochaines semaines, Édouard Philippe pourrait bien devenir l'option centrale face aux extrêmes. Reste à savoir si cette avance dans les sondages se transformera en dynamique électorale durable. La primaire de la gauche, avec ses deux débats d'ici dimanche dont celui de BFMTV, pourrait également redistribuer les cartes. Mais pour l'heure, c'est bien au centre et à droite que la clarification semble la plus avancée, et elle profite, selon l'Ifop, à l'ancien Premier ministre.