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École, culture et transmission, les raisons de la faillite : ces décisions qui ont coulé la France depuis 50 ans

Une · · Par Emma ROUSSEAU

École, culture et transmission, les raisons de la faillite : ces décisions qui ont coulé la France depuis 50 ans

École, culture et transmission : l’inventaire des renoncements qui ont fragilisé la France Cinquante ans de politiques publiques passées au crible. L’institut T

École, culture et transmission : l’inventaire des renoncements qui ont fragilisé la France

Cinquante ans de politiques publiques passées au crible. L’institut Thomas More, laboratoire d’idées libéral-conservateur fondé en 2004 à l’initiative de l’ancien ministre de la Défense Charles Millon, a entrepris un travail d’inventaire aussi vaste que polémique : recenser les décisions qui, de Valéry Giscard d’Estaing à Emmanuel Macron, auraient contribué au lent déclin hexagonal. Parmi les mesures identifiées, celles touchant à l’éducation, à la culture et à la transmission occupent une place centrale, dessinant les contours d’une faillite que certains jugent systémique.

Le collège unique, matrice d’un nivellement contesté

Au cœur des critiques figure la création du collège unique, réforme emblématique des années 1970 qui devait démocratiser l’accès au savoir. Pour les auteurs de cette étude, cette mesure aurait paradoxalement produit l’effet inverse de celui escompté. En uniformisant les parcours, elle aurait contribué à abaisser le niveau général tout en maintenant des inégalités persistantes. Les détracteurs de cette réforme pointent également la loi Jospin, adoptée en 1989, qui aurait fait de l’enfant « le roi du système éducatif », selon la formule employée dans le rapport. Cette approche pédagogique centrée sur l’élève plutôt que sur la transmission des savoirs fondamentaux est présentée comme l’une des racines du malaise actuel. Les partisans de ces réformes rétorquent, eux, qu’elles ont permis une massification scolaire sans précédent et l’accès de tous à l’enseignement secondaire.

La tyrannie de la repentance et le choc culturel

Le volet culturel de cet inventaire n’est pas moins sévère. Les auteurs évoquent une « tyrannie de la repentance » qui aurait affaibli le récit national et la capacité de la société à se projeter dans l’avenir. Cette lecture, résolument critique, s’inscrit dans un débat plus large sur la place de l’histoire et de la mémoire dans l’espace public. La transmission des valeurs et des références communes serait ainsi fragilisée par une tendance à privilégier la critique systématique du passé au détriment de ce qui unit. Ce diagnostic, s’il est partagé par une partie de la droite intellectuelle, est vigoureusement contesté par les historiens et les enseignants qui y voient une instrumentalisation politique de la discipline historique.

L’école face au programme EVARS

La question de l’enseignement de la sexualité à l’école, à travers le programme EVARS, cristallise également les tensions. Ce dispositif, qui vise à aborder ces questions dès le plus jeune âge, est présenté par l’institut Thomas More comme une rupture anthropologique majeure. Ses défenseurs soulignent au contraire la nécessité d’une éducation à la vie affective et sexuelle pour lutter contre les violences et les discriminations. Ce point précis illustre la profonde polarisation de la société française sur les questions éducatives, entre tenants d’une école de la transmission et partisans d’une école ouverte sur les évolutions sociétales.

Au-delà des clivages partisans, ce travail d’inventaire a le mérite de poser une question fondamentale : celle de la finalité de l’école et de la culture dans une démocratie. Entre exigence de transmission et adaptation aux mutations contemporaines, le débat est loin d’être clos. Les cinquante prochaines années diront si la France a su tirer les leçons de ces choix structurants ou si elle poursuit, selon l’expression des auteurs, sa « lente descente aux enfers ».