Du pédiatre au radiothérapeute, le grand écart des salaires entre les médecins

Selon une étude de la Drees, le service statistique rattaché au ministère de la Santé, publiée ce mardi et relayée par Le Figaro, le revenu d'activité moyen des
Selon une étude de la Drees, le service statistique rattaché au ministère de la Santé, publiée ce mardi et relayée par Le Figaro, le revenu d'activité moyen des médecins libéraux s'élevait à 124 000 euros en 2021. Derrière cette moyenne nationale se cachent toutefois des écarts considérables entre spécialités, qui relancent le débat sur les dépassements d'honoraires dans le secteur 2.
## Un rapport de un à cinq entre les spécialités
D'après les données de la Drees, les radiothérapeutes, spécialistes de la prise en charge des cancers, affichent un revenu annuel moyen de 417 500 euros. À l'autre extrémité de l'échelle, les pédiatres perçoivent 88 400 euros par an, soit près de cinq fois moins. Cette amplitude salariale, rarement atteinte dans d'autres secteurs d'activité, illustre la hiérarchie profonde qui structure la médecine libérale française. Les radiologues se situent pour leur part à 212 700 euros, un niveau environ deux fois supérieur à celui des gynécologues, des dermatologues ou des généralistes. Ces écarts sembleraient refléter à la fois la technicité des actes pratiqués, le coût des équipements mobilisés et la rareté relative de certaines spécialités sur le territoire.
## Une stagnation des revenus entre 2017 et 2021
Par ailleurs, l'étude souligne que les revenus moyens des praticiens libéraux ont peu évolué sur la période 2017-2021. Cette relative stabilité, rapportée par Le Figaro, contraste avec l'inflation observée sur la même période et pourrait traduire une forme de plafonnement des rémunérations conventionnelles. En effet, les revalorisations négociées avec l'Assurance maladie n'auraient pas compensé intégralement la hausse des charges d'exploitation, notamment pour les cabinets de petite taille. Les généralistes, qui représentent 53 % du nombre total de praticiens en exercice en 2021, constituent la colonne vertébrale démographique du système, mais leur revenu moyen demeure nettement inférieur à celui des spécialités les plus lucratives.
## Le secteur 2 au cœur des critiques
Ces chiffres relancent également le débat sur les dépassements d'honoraires pratiqués par certains médecins du secteur 2, autorisés à facturer au-delà des tarifs conventionnels. Selon plusieurs analyses, ces dépassements expliqueraient une part significative des écarts observés entre confrères exerçant pourtant la même spécialité. Toutefois, la Drees ne détaille pas, dans les éléments relayés, la part respective des honoraires conventionnels et des dépassements dans les revenus moyens constatés. Cette opacité relative nourrit les critiques des associations de patients, qui réclament depuis plusieurs années un encadrement plus strict des pratiques tarifaires.
## Un enjeu d'attractivité pour les spécialités délaissées
Au-delà de la question tarifaire, ces disparités posent la question de l'attractivité des spécialités les moins rémunératrices, à commencer par la pédiatrie. La faible densité de pédiatres dans certaines régions, régulièrement signalée par les autorités sanitaires, pourrait être liée en partie à ce différentiel de revenus. D'autant plus que les études de médecine demeurent longues et coûteuses, ce qui rend le calcul économique plus sensible pour les jeunes praticiens au moment du choix de spécialité. Les pouvoirs publics n'ont, à ce stade, pas annoncé de mesure spécifique visant à réduire ces écarts, laissant la question ouverte à l'issue des prochaines négociations conventionnelles.