Du Moyen Âge aux années 1980, ces canicules qu’ont connues les Français au fil des siècles et qu’on a oubliées

# Canicules oubliées : quand la France suffoquait bien avant le réchauffement climatique Alors que la France subit des épisodes de chaleur extrême de plus en pl
# Canicules oubliées : quand la France suffoquait bien avant le réchauffement climatique
Alors que la France subit des épisodes de chaleur extrême de plus en plus fréquents, une relecture de l'histoire climatique du pays rappelle que les canicules ne sont pas un phénomène récent. Selon un article du Figaro publié le 28 juin 2026 et signé Guillaume Perrault, les Français ont connu des vagues de chaleur meurtrières bien avant l'ère industrielle, du Moyen Âge jusqu'aux années 1980, dont la mémoire collective a souvent effacé les traces.
## Des canicules médiévales aux conséquences dévastatrices
Dès le XVIe siècle, la chaleur extrême frappait déjà le royaume de France avec une violence rare. L'article du Figaro rapporte qu'en 1524, sous le règne de François Ier, un contemporain écrivait que « les biens de la terre périssaient de sécheresse ». Le 25 mai de cette même année, à Troyes, en Champagne, la chaleur aurait été si accablante et aride depuis un mois qu'elle aurait contribué à un incendie massif dévastant la ville et détruisant 1 500 maisons. Ces épisodes, bien que moins documentés que ceux de l'époque contemporaine, n'en étaient pas moins destructeurs. Les chroniques de l'époque évoquent régulièrement des étés torrides, des récoltes brûlées sur pied et des famines qui s'ensuivaient, comme celle provoquée par la canicule de 1420, mentionnée dans l'article. Pendant des siècles, chacune de ces canicules aurait provoqué son cortège de morts, souvent par centaines de milliers, selon les sources historiques consultées par Le Figaro.
## Le XIXe siècle et « l'année sans été »
Le XIXe siècle n'a pas été épargné par les extrêmes climatiques, mais de manière paradoxale. L'article du Figaro évoque notamment « l'année sans été » de 1817, qui a suivi l'éruption du volcan Tambora en Indonésie en 1815. Cet événement, bien qu'il s'agisse d'un refroidissement global, a eu des conséquences agricoles désastreuses en France, avec des récoltes anéanties et des pénuries alimentaires. Les travaux des champs en 1817, illustrés dans l'article, témoignent de ces conditions extrêmes qui ont marqué les contemporains. Cependant, ce sont les canicules estivales qui ont le plus frappé les esprits, comme celles survenues sous Louis XIV ou pendant la Révolution française. Selon les informations rapportées par Le Figaro, ces épisodes de chaleur intense étaient alors perçus comme des châtiments divins ou des signes de déséquilibre cosmique, avant d'être progressivement interprétés à l'aune des premières observations météorologiques.
## Les grandes canicules du XXe siècle : 1911, 1947 et 1976
Le XXe siècle a connu trois canicules majeures qui ont longtemps marqué les mémoires avant d'être partiellement oubliées. L'article du Figaro cite notamment la canicule de 1911, qui aurait provoqué une surmortalité significative dans une France encore largement rurale. Celle de 1947, dans l'après-guerre, aurait également frappé durement un pays en reconstruction. Mais c'est surtout la canicule de l'été 1976 qui reste emblématique : les Parisiens, comme le montre une photographie d'époque, se baignaient dans les fontaines et les bassins pour tenter de se rafraîchir. Cette année-là, la sécheresse avait été telle que le gouvernement avait dû prendre des mesures d'urgence pour l'approvisionnement en eau et l'aide aux agriculteurs. Selon Le Figaro, ces canicules ont longtemps été des références dans la mémoire collective, avant d'être supplantées par celle de 2003, qui a fait près de 15 000 morts en France et a profondément changé le regard des pouvoirs publics sur la gestion des vagues de chaleur.
## Une mémoire climatique à reconstruire
L'article de Guillaume Perrault pose une question centrale : la canicule qui écrase la France ces jours-ci est-elle vraiment d'une gravité sans précédent ? La réponse, nuancée, invite à relativiser l'idée d'un phénomène totalement inédit. Les archives historiques montrent que les canicules ponctuent l'histoire de France depuis des siècles, avec des conséquences souvent dramatiques. Pourtant, ces épisodes ont été progressivement oubliés, chaque génération ayant tendance à croire que les extrêmes climatiques qu'elle subit sont les pires jamais connus. Cette amnésie collective pourrait s'expliquer par l'absence de données météorologiques systématiques avant le XIXe siècle et par la prédominance d'une vision linéaire du progrès climatique. Alors que le réchauffement global rend les canicules plus fréquentes et plus intenses, la redécouverte de ces épisodes passés pourrait offrir des clés pour mieux comprendre la vulnérabilité des sociétés face à la chaleur extrême.