Dossiers «strictement confidentiels», «notes blanches»… Les contours flous des missions de Rachida Dati pour Renault

Le procès de Rachida Dati, ouvert mercredi dernier au Tribunal de Paris, se poursuit à un rythme jugé lent, selon le compte rendu d’audience publié par Le Figar
Le procès de Rachida Dati, ouvert mercredi dernier au Tribunal de Paris, se poursuit à un rythme jugé lent, selon le compte rendu d’audience publié par Le Figaro le 21 septembre 2026. L’ancienne garde des Sceaux, poursuivie aux côtés de l’ancien PDG de Renault-Nissan Carlos Ghosn, peine à décrire avec précision le caractère stratégique des missions qui lui sont reprochées, rapporte le quotidien, tout en répondant avec aisance aux questions du tribunal.
## Un prétoire anesthésié par les nullités
D’après la chronique judiciaire de Stéphane Durand-Souffland, la présidente ne pousserait guère la prévenue dans ses retranchements. En effet, les avocats de Rachida Dati auraient interminablement plaidé, en lever de rideau, des nullités de procédure, avec pour seul effet apparent de retarder l’examen au fond du dossier et d’anesthésier le prétoire. Ce rythme mou profiterait, à ce stade, à la prévenue, selon la même source. Le Figaro précise que l’audience est réservée aux abonnés, ce qui limite la portée publique des débats en cours.
## Des prestations à la nature incertaine
Au cœur du dossier figurent des diligences dont le contenu reste flou. Selon les informations rapportées par Le Figaro, Carlos Ghosn, entendu à Beyrouth, aurait déclaré qu’il voyait plutôt en Rachida Dati une personne qualifiée pour faire de la « diplomatie des affaires ». L’ancien PDG de Renault-Nissan, réfugié au Liban, l’aurait rémunérée de 2009 à 2012 à hauteur de 900 000 euros, via RNBV, une discrète filiale néerlandaise du groupe qu’il présidait, en échange de prestations qualifiées d’incertaines. Officiellement, l’ancienne garde des Sceaux aurait été recrutée en qualité d’avocate. Toutefois, le caractère stratégique de ces missions demeure difficile à établir, la prévenue peinant à en décrire précisément la teneur, selon le compte rendu d’audience.
## Dossiers confidentiels et notes blanches
Le titre du compte rendu évoque des dossiers « strictement confidentiels » et des « notes blanches », sans que le contenu détaillé de ces éléments soit rendu public à ce stade. Cette opacité nourrit l’interrogation sur les contours exacts des missions confiées à Rachida Dati. Par ailleurs, l’affaire s’inscrit dans un contexte judiciaire plus large, celui des démêlés de Carlos Ghosn avec la justice, l’ancien dirigeant ayant quitté le Japon dans des conditions rocambolesques avant de trouver refuge au Liban. La dimension européenne du dossier est également présente, le Parlement européen étant cité parmi les sujets associés à cette procédure.
## Un calendrier judiciaire encore ouvert
Le procès, qui se tient au Tribunal de Paris, devrait se poursuivre dans les prochaines semaines. Les débats au fond n’auraient pas encore véritablement débuté, les questions de procédure ayant occupé les premières audiences. Selon Le Figaro, la défense de Rachida Dati conteste la validité de plusieurs actes d’enquête, ce qui pourrait, si ces nullités étaient retenues, modifier sensiblement le périmètre des faits examinés. À ce stade, aucune décision sur le fond n’a été rendue, et la présomption d’innocence demeure applicable à l’ensemble des personnes poursuivies. L’issue de cette affaire pourrait, en outre, avoir des répercussions sur la perception publique des liens entre responsabilités politiques et missions privées rémunérées.