Donald Trump qualifie le retrait d’Irak de «victoire» pour les États-Unis

Selon des informations rapportées par Le Figaro et l'AFP, le président américain Donald Trump a qualifié mercredi de « victoire » le retrait d'Irak des dernière
Selon des informations rapportées par Le Figaro et l'AFP, le président américain Donald Trump a qualifié mercredi de « victoire » le retrait d'Irak des dernières troupes de la coalition antidjihadiste menée par les États-Unis. Une déclaration publiée sur Truth Social, dans laquelle le locataire de la Maison-Blanche présente ce départ comme un succès à la fois militaire et politique, près de deux décennies après l'intervention de 2003.
## Une annonce présentée comme un aboutissement
Dans son message diffusé sur son réseau social, Donald Trump a affirmé que « cette journée est une victoire pour les États-Unis, une victoire pour l'Irak et une victoire décisive sur l'EI ». Il a également justifié sa décision en ces termes : « J'avais le choix entre rester ou partir et j'ai estimé, sans aucun doute, qu'il était temps pour les États-Unis de rentrer à la maison ! »
Cette formulation, rapportée par Le Figaro avec l'AFP, s'inscrit dans une rhétorique déjà employée par le passé par le président américain, qui a régulièrement présenté le désengagement militaire comme la traduction concrète de ses promesses de campagne. Le retrait concernerait les dernières troupes de la coalition internationale engagée contre le groupe État islamique, dont l'implantation en Irak et en Syrie avait justifié, à partir de 2014, un déploiement aérien et terrestre conséquent.
## Un contexte régional toujours instable
Si la Maison-Blanche présente ce retrait comme une victoire décisive, la situation sécuritaire en Irak demeure toutefois contrastée. Des cellules dormantes de l'EI continueraient d'opérer dans certaines zones reculées du pays, notamment dans les provinces de Ninive et d'Anbar, selon plusieurs rapports d'organisations internationales. En effet, la défaite territoriale du groupe, proclamée en 2017 après la reprise de Mossoul, n'a pas totalement éliminé sa capacité de nuisance.
Par ailleurs, le retrait américain pourrait avoir des conséquences sur l'équilibre des forces régionales, dans un contexte où l'Iran exerce une influence notable sur plusieurs formations politiques et milices irakiennes. D'après des sources diplomatiques citées par plusieurs médias occidentaux, certains partenaires de Washington s'inquiéteraient d'un vide sécuritaire susceptible de profiter à Téhéran comme aux résurgences jihadistes.
## Une décision aux implications politiques multiples
Sur le plan intérieur américain, cette annonce pourrait être exploitée par Donald Trump comme un argument de campagne, dans un pays où l'engagement militaire en Irak reste associé à un souvenir douloureux, notamment depuis l'invasion de 2003 et ses conséquences humaines et financières. Le conflit irakien aurait coûté, selon plusieurs estimations académiques, plus de 2 000 milliards de dollars aux États-Unis et entraîné la mort de plusieurs milliers de soldats américains.
Toutefois, la portée réelle de ce retrait reste à préciser. Le Pentagone n'a pas, à ce stade, communiqué le calendrier exact ni l'ampleur des effectifs concernés. Selon des sources gouvernementales américaines, une partie du dispositif pourrait être redéployée vers d'autres théâtres d'opérations, notamment en Syrie ou dans le Golfe, ce qui relativiserait la notion de désengagement complet.
## Un précédent qui interroge
Cette annonce rappelle le retrait partiel ordonné en 2020, déjà contesté par certains alliés de Washington. À l'époque, plusieurs responsables militaires avaient mis en garde contre un départ précipité. La question d'un éventuel retour des troupes américaines en cas de résurgence de l'EI demeure, en outre, ouverte, et pourrait dépendre de l'évolution de la situation sur le terrain comme des choix politiques de la prochaine administration.