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Dispute conjugale, départ précipité... Six ans après la disparition de l’ex-dirigeant de PSA Denis Martin, le tabou de la piste criminelle

Une · · Par Claire BERNARD

Dispute conjugale, départ précipité... Six ans après la disparition de l’ex-dirigeant de PSA Denis Martin, le tabou de la piste criminelle

Six ans après la disparition de Denis Martin, ancien dirigeant du groupe PSA pour l’Asie, l’affaire connaît un nouveau tournant judiciaire et médiatique. Le par

Six ans après la disparition de Denis Martin, ancien dirigeant du groupe PSA pour l’Asie, l’affaire connaît un nouveau tournant judiciaire et médiatique. Le parquet de Nîmes a classé l’affaire en janvier 2025, une décision vivement contestée par la famille de l’homme de 63 ans, qui s’est évaporé le 19 juillet 2020 à Aubussargues, dans le Gard. ## Une disparition dans des circonstances troubles Denis Martin, 63 ans, s’est volatilisé le 19 juillet 2020 dans la commune d’Aubussargues, située à une trentaine de kilomètres de Nîmes. Cet ancien cadre dirigeant du groupe PSA pour l’Asie s’y était installé avec son épouse en 2018, au moment de sa retraite, dans une grande demeure entourée d’oliviers. Selon les déclarations de l’épouse rapportées par Le Figaro, Denis Martin serait parti faire un footing aux alentours de 10 heures, sans son téléphone, ses lunettes ni son chien, qui l’accompagnait habituellement. Inquiète, elle aurait prévenu les gendarmes vers midi, décrivant un mari « dépressif ». Le récit livré par l’épouse aux deux fils issus du premier mariage de Denis Martin, contactés le lendemain soir, diffère toutefois sur un point notable. Elle aurait évoqué une dispute conjugale survenue vers 5 heures du matin, le jour de la disparition. Le couple était, selon les informations rapportées, sur le point de divorcer au moment des faits, tout en continuant de partager le domicile familial. ## Un classement sans suite contesté par la famille Le parquet de Nîmes a classé l’affaire en janvier 2025, une décision que conteste fermement Me Félix Allary, l’avocat des deux fils de Denis Martin. « Une disparition ne se classe pas, elle s’élucide », a-t-il déclaré, cité par Le Figaro. Cette formule traduit l’incompréhension de la famille face à une procédure qui n’aurait, selon eux, pas épuisé toutes les pistes d’investigation. Les zones d’ombre demeurent en effet nombreuses. L’absence de téléphone, de lunettes et du chien lors du footing supposé interroge, d’autant plus que ces éléments contredisent les habitudes décrites de la victime. Par ailleurs, la version d’une simple fugue ou d’un accident n’a, à ce stade, jamais été étayée par des éléments matériels concrets. Le terme de « fuite lâche », employé dans certains documents procéduraux, semble également en décalage avec le profil de l’ancien dirigeant. ## La piste criminelle, un tabou persistant Selon les éléments rapportés par Le Figaro, la piste criminelle aurait longtemps constitué un angle mort de l’enquête. Les investigations auraient privilégié l’hypothèse d’une disparition volontaire, sans parvenir toutefois à expliquer comment un homme de 63 ans aurait pu quitter les lieux sans laisser de traces, sans moyen de paiement ni téléphone, et sans jamais être localisé depuis. La disparition de Denis Martin s’inscrit dans une catégorie de dossiers sensibles, où le contexte conjugal complexe — procédure de divorce en cours, tensions évoquées — aurait pu justifier des investigations approfondies. Les avocats de la famille estiment que des auditions complémentaires et des vérifications techniques restaient possibles. Le classement de janvier 2025 intervient après plus de quatre années de procédure, sans qu’aucune explication satisfaisante n’ait été apportée. ## Vers une relance de la procédure ? La famille de Denis Martin pourrait désormais tenter de faire rouvrir le dossier, en s’appuyant sur les contradictions relevées entre les différents témoignages et sur l’absence d’éléments objectifs permettant d’écarter définitivement l’hypothèse criminelle. Les recours possibles incluent une plainte avec constitution de partie civile, qui permettrait de relancer l’instruction sous l’autorité d’un juge d’instruction. Cette affaire illustre, selon plusieurs observateurs, les difficultés récurrentes rencontrées dans les dossiers de disparition où la dimension conjugale est présente. Le tabou de la piste criminelle, évoqué dans le titre de l’article du Figaro, renvoie à une réticence persistante des enquêteurs à envisager cette hypothèse lorsque le profil de la victime ne correspond pas aux schémas criminels classiques. Six ans après les faits, la vérité judiciaire reste donc à écrire, tandis que la famille poursuit son combat pour obtenir des réponses.