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Disparition de Lyhanna : l’ombre de dysfonctionnements sur les antécédents du suspect

Une · · Par Claire BERNARD

Disparition de Lyhanna : l’ombre de dysfonctionnements sur les antécédents du suspect

Disparition de Lyhanna : l’ombre de dysfonctionnements sur les antécédents du suspect Une enquête administrative conjointe des ministères de la Justice et de l’

Disparition de Lyhanna : l’ombre de dysfonctionnements sur les antécédents du suspect

Une enquête administrative conjointe des ministères de la Justice et de l’Intérieur a été ouverte pour faire la lumière sur d’éventuels dysfonctionnements dans le traitement d’une plainte pour viols sur mineure, déposée plusieurs mois avant la disparition de la collégienne Lyhanna, 11 ans, à Auch. Selon des informations rapportées par Le Figaro le 3 juin 2026, cette plainte, datée d’août 2025, visait déjà Jérôme B., aujourd’hui suspecté de l’enlèvement de l’enfant, et n’aurait pas donné lieu à des actes d’enquête suffisamment approfondis.

Une plainte antérieure laissée en jachère ?

D’après les éléments communiqués par la procureure d’Auch, Clémence Meyer, lors d’une conférence de presse tenue le 3 juin 2026, la disparition de Lyhanna, survenue le 29 mai dernier dans le Gers, a mis en lumière des antécédents judiciaires préoccupants concernant Jérôme B. La mère d’une autre fillette, Rosa, avait en effet déposé une plainte pour viols sur mineure en août 2025, soit près de neuf mois avant les faits actuels. Or, selon des sources proches de l’enquête, cette procédure serait restée sans suite active, sans qu’aucune mesure d’éloignement ou de surveillance n’ait été prise à l’encontre du suspect.

Cette situation soulève des interrogations sur la chaîne de signalement et la réactivité des services de gendarmerie et de justice. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, et le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, auraient conjointement décidé de diligenter une enquête administrative, confiée à l’Inspection générale de la justice (IGJ) et à l’Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN). L’objectif affiché est de déterminer si des « ratés » ont pu faciliter le passage à l’acte du suspect.

Des dysfonctionnements qui pourraient avoir des conséquences graves

Les investigations administratives devront notamment éclaircir les raisons pour lesquelles la plainte d’août 2025 n’a pas été traitée avec la priorité qu’elle aurait dû revêtir. Selon des éléments rapportés par Le Figaro, il semblerait que des délais de traitement excessifs, un manque de coordination entre les services ou encore une sous-estimation de la dangerosité potentielle de l’individu aient pu jouer un rôle. La procureure d’Auch a d’ailleurs évoqué des « éventuels » dysfonctionnements, sans pour autant préjuger des conclusions de l’enquête.

Par ailleurs, cette affaire intervient dans un contexte où la protection des mineurs est régulièrement pointée du doigt par les associations. Le cas de Lyhanna, dont le corps n’a toujours pas été retrouvé à ce stade, ravive les craintes sur l’efficacité des dispositifs de suivi des auteurs d’infractions sexuelles. Si les soupçons se confirment, cette affaire pourrait constituer un nouveau cas d’école sur les lacunes du système judiciaire face aux récidivistes présumés.

Vers une remise en cause des procédures ?

Les conclusions de l’enquête administrative, attendues dans les semaines à venir, pourraient déboucher sur des recommandations visant à renforcer les mécanismes de signalement et de traitement des plaintes pour violences sexuelles sur mineurs. Les ministères concernés ont indiqué vouloir « faire toute la lumière » sur les circonstances ayant conduit au drame. Toutefois, en l’absence de résultats définitifs, le conditionnel reste de mise quant à la réalité des dysfonctionnements allégués.

La disparition de Lyhanna continue de mobiliser d’importants moyens de recherche dans le Gers, tandis que Jérôme B. a été placé en garde à vue. L’affaire, qui suscite une vive émotion dans l’opinion publique, pourrait également relancer le débat sur la nécessité d’une meilleure traçabilité des plaintes et d’une coordination renforcée entre la gendarmerie et la justice.