Disparition de Lyhanna dans le Gers : Maud Bregeon «partage l’indignation» sur les enquêtes et appelle à renforcer les moyens de la justice

Disparition de Lyhanna dans le Gers : Maud Bregeon «partage l’indignation» et appelle à renforcer les moyens de la justice La porte-parole du gouvernement, Maud
Disparition de Lyhanna dans le Gers : Maud Bregeon «partage l’indignation» et appelle à renforcer les moyens de la justice
La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a exprimé ce mercredi 4 juin 2026 sa «solidarité avec l’indignation» suscitée par les dysfonctionnements présumés dans les enquêtes concernant l’homme soupçonné de l’enlèvement de Lyhanna, une collégienne de 11 ans disparue depuis vendredi dans le Gers. Interrogée sur Europe 1 et CNews, elle a estimé que les révélations successives étaient «absolument insupportables» et a plaidé pour «continuer à augmenter les moyens de la justice» afin de mieux traiter la parole des victimes et le suivi des procédures.
Des signalements ignorés pendant des années
Selon les informations rapportées par Le Figaro et l’AFP, l’individu placé en garde à vue dans le cadre de cette disparition avait déjà été visé par plusieurs plaintes et signalements ces dernières années. Une procédure avait notamment été ouverte après une plainte déposée le 22 août 2025 par la mère d’une mineure née en 2014, qui dénonçait des viols commis «entre septembre 2024 et mai 2025 au domicile» du suspect, d’après la procureure de la République d’Auch. Malgré ces antécédents, les enquêtes n’auraient pas abouti à des mesures de protection suffisantes, ce qui interroge aujourd’hui sur l’efficacité du système judiciaire face à des signalements répétés.
Un appel à une réforme profonde du traitement des plaintes
Maud Bregeon a insisté sur la nécessité de «se poser la question plus profonde de la place donnée à la parole des victimes» et de «comment les enquêtes sont suivies». Ses déclarations interviennent dans un contexte où la confiance dans l’institution judiciaire semble fragilisée, notamment dans les affaires impliquant des mineurs. La porte-parole du gouvernement a souligné que «ce que l’on découvre jour après jour est absolument insupportable», renvoyant à une problématique structurelle : le manque de moyens humains et financiers alloués aux parquets et aux services d’enquête. Elle a ainsi appelé à «continuer à augmenter les moyens de la justice», sans toutefois préciser de mesures concrètes immédiates.
Une enquête administrative ouverte pour faire la lumière
Parallèlement, une enquête administrative a été ouverte pour déterminer les éventuelles défaillances dans le traitement des signalements antérieurs. Cette procédure vise à évaluer si les services judiciaires et de protection de l’enfance ont correctement réagi face aux plaintes déposées contre le suspect. Selon des sources proches du dossier, plusieurs dysfonctionnements pourraient être mis en lumière, notamment un manque de coordination entre les différents acteurs et des délais de traitement jugés trop longs. La disparition de Lyhanna, qui reste sans nouvelles depuis vendredi dernier, a provoqué une vive émotion dans le département du Gers et au-delà, relançant le débat sur la protection des mineurs face à des individus déjà signalés.
Un cas qui interroge la chaîne de protection des mineurs
Cette affaire s’inscrit dans une série de cas médiatisés où des récidivistes présumés ont pu agir malgré des antécédents judiciaires. Elle soulève des questions sur l’efficacité des mécanismes de signalement et de suivi, en particulier lorsqu’il s’agit de protéger des enfants. Selon plusieurs associations de défense des droits des victimes, le manque de moyens des services d’enquête et la lourdeur des procédures pourraient expliquer en partie ces défaillances. Maud Bregeon a reconnu que «l’indignation des Français» était légitime, tout en appelant à ne pas «céder à la panique» mais à «travailler sur des solutions durables». Le gouvernement pourrait annoncer dans les prochains jours des mesures visant à renforcer les dispositifs de protection de l’enfance et à accélérer le traitement des plaintes pour violences sexuelles.
Vers une réforme des procédures judiciaires ?
L’affaire Lyhanna pourrait ainsi devenir un catalyseur pour une réforme plus large du système judiciaire français, notamment en matière de traitement des plaintes pour violences sur mineurs. La porte-parole du gouvernement a insisté sur la nécessité de «donner les moyens à la justice de faire son travail», ce qui pourrait se traduire par des recrutements supplémentaires de magistrats et de greffiers, ainsi que par une meilleure formation des enquêteurs. Alors que l’enquête se poursuit pour retrouver la collégienne disparue, les regards sont désormais tournés vers les conclusions de l’enquête administrative et les annonces que pourrait faire l’exécutif pour restaurer la confiance dans le système de protection de l’enfance.