Discipline, sécurité, exigence scolaire : l’école privée gagne la confiance des parents

L’enseignement privé sous contrat poursuit sa progression dans les choix d’orientation des familles françaises, selon une enquête publiée par Le Figaro Magazine
L’enseignement privé sous contrat poursuit sa progression dans les choix d’orientation des familles françaises, selon une enquête publiée par Le Figaro Magazine le 30 août 2026. Réalisée par l’institut Odoxa pour la Fondation Ifrap, cette étude met en lumière les motivations profondes qui poussent un nombre croissant de parents à se détourner de l’école publique, au nom de la discipline, de la sécurité et de l’exigence scolaire.
### Un basculement pragmatique pour les familles
Le témoignage de Virginie, mère de Hugo, illustre ce phénomène. Dans les colonnes du Figaro, elle explique avoir fait le choix d’un collège privé pour la rentrée de septembre dernier, malgré un attachement historique au service public d’éducation. « J’ai toujours défendu par principe l’école publique parce que j’ai toujours voulu y croire, mais aujourd’hui, je dois avouer que le pragmatisme l’emporte », confie-t-elle. Cette mère de famille, qui se présente comme un « pur produit de l’école républicaine », justifie sa décision par la recherche d’un encadrement renforcé : « Je veux simplement de la discipline, des professeurs présents et un suivi rigoureux que le public, hélas, ne garantit plus ».
Ce basculement intervient à un moment charnière de la scolarité, le collège étant décrit par la mère de famille comme « une étape clé pour la suite des études » et « la période de l’âge le plus ingrat ». Les craintes liées au harcèlement scolaire, à la concentration et à la charge de travail des adolescents apparaissent comme des déclencheurs majeurs dans cette décision, selon les éléments rapportés par l’enquête.
### Une étude qui quantifie le phénomène
L’étude Odoxa pour la Fondation Ifrap, dont les résultats sont relayés par Le Figaro Magazine, tend à confirmer l’ampleur de cette tendance. Si les chiffres précis de l’étude n’ont pas été intégralement divulgués dans l’article, le média indique que de plus en plus de familles « franchissent le pas du privé sous contrat ». Ce mouvement concernerait notamment des parents qui, comme Virginie, étaient historiquement attachés aux valeurs de l’école publique mais qui estiment que les conditions d’enseignement ne répondent plus à leurs attentes en matière de sécurité et d’exigence.
Le choix de l’enseignement privé sous contrat, qui reste soumis aux programmes de l’Éducation nationale, semble ainsi répondre à une demande de cadre plus strict. Les motifs invoqués par les parents interrogés dans le cadre de cette enquête portent principalement sur l’organisation quotidienne, la présence des enseignants et la gestion des comportements difficiles, des éléments qui seraient perçus comme moins assurés dans le secteur public.
### Un contexte social et éducatif tendu
Cette évolution des préférences parentales s’inscrit dans un contexte plus large de défiance vis-à-vis des institutions, déjà observé dans d’autres secteurs. Pour les familles concernées, le choix du privé ne relèverait pas d’un rejet idéologique mais d’une adaptation pragmatique à une réalité perçue sur le terrain. Le témoignage de Virginie, qui dit avoir « toujours voulu y croire » concernant l’école publique, suggère un sentiment de déception ou d’impuissance face aux difficultés rencontrées par le système public.
Par ailleurs, l’accent mis sur le harcèlement scolaire dans le témoignage rapporté par Le Figaro Magazine reflète une préoccupation sociétale croissante. La recherche d’un « environnement sécurisé », explicitement mentionnée par la mère de famille, pourrait indiquer que la question du climat scolaire est devenue un critère déterminant dans le choix d’établissement, au même titre que les résultats académiques.
### Des implications pour le système éducatif
La progression de l’enseignement privé sous contrat, si elle se confirme, pourrait avoir des implications pour l’équilibre du système éducatif français. D’un côté, elle témoigne d’une demande sociale pour un retour à des formes d’autorité et d’exigence que certains parents estiment insuffisamment présentes dans le public. De l’autre, elle pourrait accentuer une forme de segmentation sociale, les établissements privés étant généralement perçus comme accueillant des publics plus favorisés.
L’étude Odoxa pour la Fondation Ifrap, dont la méthodologie n’a pas été détaillée dans l’article du Figaro, devra être examinée à l’aune de ces enjeux. Alors que la rentrée scolaire approche, ce mouvement vers le privé soulève des questions sur la capacité du service public à répondre aux attentes de sécurité et de suivi individualisé exprimées par les parents. Les réponses apportées par les pouvoirs publics à cette défiance naissante pourraient déterminer l’évolution des inscriptions dans les prochaines années.