DIRECT. REF 2026: suivez la dernière journée de la Rencontre des Entrepreneurs de France du Medef avec en point d'orgue le premier débat entre 7 candidats à l'élection présidentielle

La Rencontre des Entrepreneurs de France (REF) s’achève ce jeudi au stade Roland-Garros avec un temps fort attendu : le premier débat entre sept candidats décla
La Rencontre des Entrepreneurs de France (REF) s’achève ce jeudi au stade Roland-Garros avec un temps fort attendu : le premier débat entre sept candidats déclarés à l’élection présidentielle. Avant cet exercice inédit, le président du Medef, Patrick Martin, a durci le ton, dénonçant une « France qui régresse » depuis la dissolution et s’inquiétant d’une possible reconduction de la surtaxe sur les grandes entreprises.
## Un discours offensif de Patrick Martin en ouverture
Mercredi, lors de la deuxième journée de la REF, Patrick Martin a prononcé un discours particulièrement critique envers la classe politique. Il a notamment qualifié la suspension de la réforme des retraites de « folie », estimant qu’il s’agit de « l’inverse de ce qu’il fallait faire ». Le patron des patrons a également plaidé pour l’introduction d’une « dose de capitalisation » dans le système de retraites français, une position récurrente du Medef mais qui reste politiquement sensible.
Dans la matinée de jeudi, il a poursuivi sur cette lancée en affirmant que « la France régresse » depuis la dissolution de l’Assemblée nationale. Une déclaration qui intervient alors que le pays traverse une période d’instabilité politique, avec un gouvernement minoritaire et des débats budgétaires tendus. Selon lui, cette situation pénalise l’attractivité économique du territoire.
## La surtaxe sur les grandes entreprises dans le viseur
Interrogé sur la perspective d’une reconduction de la surtaxe d’impôt sur les sociétés pour les très grandes entreprises, Patrick Martin s’est montré pessimiste. « Je le crains, j’entends qu’elle pourrait être réduite », a-t-il confié, avant de juger cette mesure « absurde ». Il a souligné que les grandes entreprises françaises disposent d’un actionnariat largement étranger : « Vous ne pouvez pas attendre d’un actionnaire japonais, saoudien ou américain qu’il soit patriote français. On joue avec le feu », a-t-il averti, pointant un risque de délocalisation fiscale.
Cette prise de position intervient dans un contexte où le gouvernement cherche des recettes pour réduire le déficit public. La surtaxe, initialement présentée comme temporaire, pourrait être prolongée dans le prochain budget, une perspective que le Medef juge contre-productive pour la compétitivité.
## Un plateau de personnalités et un débat très attendu
Au-delà du discours de Patrick Martin, la dernière journée de la REF s’annonce dense. Plusieurs ministres sont attendus, dont Roland Lescure, ainsi que des dirigeants d’entreprises comme Bernard Fontana (EDF) ou Dominique Schelcher (Coopérative U). La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, doit également intervenir, tout comme Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, qui a récemment proposé de taxer l’héritage « dès le premier euro », une idée qui a agité le débat public.
Mais le moment le plus scruté reste le débat entre sept candidats déclarés à l’élection présidentielle, prévu en fin de journée. Une première dans le cycle électoral, qui devrait permettre de confronter les projets économiques des prétendants face à un parterre de chefs d’entreprise. Les sujets ne manquent pas : réforme des retraites, fiscalité, compétitivité, transition énergétique.
Cette séquence intervient dans un climat économique fragile, marqué par une croissance atone et des déficits publics persistants. Les entrepreneurs attendent des signaux clairs sur la stabilité réglementaire et la baisse des charges, alors que les marges de manœuvre budgétaires semblent limitées.
La REF 2026 pourrait ainsi marquer un tournant : celui d’un dialogue économique qui se tend, à mesure que les échéances électorales approchent. Reste à savoir si les candidats sauront répondre aux attentes d’un patronat qui réclame des réformes structurelles, plutôt que des mesures d’urgence.