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Dette record, production à l’arrêt, économie de loisirs : la France peut-elle encore tenir ? L’analyse de Jérôme Fourquet

Une · · Par Claire BERNARD

Dette record, production à l’arrêt, économie de loisirs : la France peut-elle encore tenir ? L’analyse de Jérôme Fourquet

# Dette record, production à l'arrêt, économie de loisirs : la France peut-elle encore tenir ? L'analyse de Jérôme Fourquet Alors que le déficit public français

# Dette record, production à l'arrêt, économie de loisirs : la France peut-elle encore tenir ? L'analyse de Jérôme Fourquet Alors que le déficit public français atteint des niveaux historiques et que la balance commerciale continue de se dégrader, le directeur Opinion de l'Ifop, Jérôme Fourquet, livre une analyse sans complaisance sur un demi-siècle de bascule économique. Selon des informations rapportées par Le Figaro, le sondeur s'est exprimé dans l'émission *La France de Fourquet* diffusée sur Le Figaro TV, où il décrit une transformation profonde du tissu productif national au profit d'une économie de services et de loisirs. ## Une illustration emblématique : de l'industrie à l'escalade à Tarbes L'exemple choisi par Jérôme Fourquet pour incarner cette mutation est particulièrement frappant. Les entrepôts historiques de Tarbes, où le GIAT — alors entreprise stratégique d'État — faisait construire les tourelles des chars Leclerc, ont été reconvertis en 2022 en un immense mur d'escalade au nom pour le moins symbolique : « L'Usine ». « On voit de façon tout à fait spectaculaire le remplacement de la production historique par les activités récréatives, soit le passage de la sphère productive à la sphère présentielle », résume le directeur Opinion de l'Ifop, cité par Le Figaro. Cette reconversion illustrerait, selon lui, une tendance lourde qui touche l'ensemble du territoire national. ## La distinction entre sphère productive et sphère présentielle Pour étayer son analyse, Jérôme Fourquet s'appuie sur les travaux de l'économiste Laurent Davezies, qui distingue deux catégories d'activités économiques. La « sphère présentielle » englobe toutes les activités qui répondent aux besoins des populations locales et des touristes à un endroit donné : commerces, services à la personne, garagistes, coiffeurs, etc. À l'inverse, la « sphère productive » inclut toute la production qui a vocation à être exportée des territoires de production. Cette grille de lecture permettrait de mesurer l'ampleur du basculement : alors qu'au début du mandat de Valéry Giscard d'Estaing, la France disposait encore d'un appareil industriel conséquent, plusieurs décennies de désindustrialisation auraient progressivement inversé l'équilibre entre ces deux sphères. ## Un déclin industriel aux conséquences multiples Les chiffres évoqués dans l'analyse de Jérôme Fourquet, rapportés par Le Figaro, dressent un constat sévère. La réduction du nombre de voitures produites sur le sol français, la diminution drastique du nombre de fermes agricoles et la fermeture en cascade de sites industriels auraient mécaniquement dégradé la balance commerciale du pays. Le déficit, devenu incontrôlable selon les termes employés par le sondeur, résulterait directement de cette érosion de la capacité productive nationale. Cette situation soulève des questions d'autant plus préoccupantes que la France semble avoir basculé dans une économie où les activités récréatives et de services prennent progressivement le pas sur la production de biens exportables. ## Les interrogations sur la soutenabilité du modèle français Au-delà du constat, l'analyse de Jérôme Fourquet, telle que rapportée par Le Figaro, ouvre la voie à une réflexion plus large sur la soutenabilité de ce modèle économique. La question posée — « la France peut-elle encore tenir ? » — renvoie à des enjeux structurels : capacité du pays à financer sa dette, à maintenir son niveau de protection sociale, à préserver son indépendance stratégique dans des secteurs clés. Si le sondeur ne formule pas de pronostic définitif, son constat d'une « bascule » sur un demi-siècle interroge les marges de manœuvre réelles des pouvoirs publics pour inverser cette trajectoire. Les débats sur les retraites, la dette et la désindustrialisation, régulièrement ravivés dans l'agenda politique, s'inscrivent dans cette perspective d'un modèle économique en profonde recomposition, dont les effets se mesurent à l'aune de plusieurs décennies.