Détroit d'Ormuz: "Pour tout reréguler, il va falloir six mois à un an", estime le PDG de TotalEnergies Patrick Pouyanné

Introduction Le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, a estimé ce lundi qu’un délai de six mois à un an serait nécessaire pour « reréguler » le trafic maritim
Introduction Le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, a estimé ce lundi qu’un délai de six mois à un an serait nécessaire pour « reréguler » le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, après les tensions récentes entre l’Iran et les États-Unis. Cette déclaration, faite lors d’une audition à l’Assemblée nationale, intervient dans un contexte de volatilité accrue des marchés pétroliers, où le prix du baril reste sous pression. Le dirigeant a également évoqué une possible détente des prix des carburants dans les semaines à venir, tout en défendant la contribution fiscale de son groupe, estimée à « environ 2 milliards d’euros » pour les finances publiques françaises.
Un couloir stratégique sous haute tension
Le détroit d’Ormuz, passage obligé pour près de 20 % du pétrole mondial, est au cœur des préoccupations géopolitiques et économiques. « Pour tout reréguler, il va falloir six mois à un an », a déclaré Patrick Pouyanné, selon des propos rapportés par BFM Business. Cette estimation repose sur la complexité des négociations entre les acteurs régionaux et les compagnies maritimes, après des semaines de perturbations liées aux saisies de navires et aux menaces de blocus. Le PDG de TotalEnergies a souligné que la sécurisation de cette route maritime est essentielle pour éviter une flambée des cours du brut, même si « les marchés pétroliers vont se détendre », selon son analyse personnelle.
Une contribution fiscale massive défendue
Face aux critiques récurrentes sur les profits des géants pétroliers, Patrick Pouyanné a tenu à rappeler le poids fiscal de TotalEnergies en France. « Nous contribuons aux finances publiques françaises pour à peu près 2 milliards d’euros », a-t-il affirmé, en réponse aux interrogations des députés. Ce montant inclut l’impôt sur les sociétés, la taxe sur les superprofits instaurée en 2022, ainsi que les taxes locales et environnementales. Le dirigeant a également défendu le mécanisme de plafonnement des prix appliqué par son groupe, affirmant que « nous sommes la seule compagnie pétrolière au monde à avoir appliqué cette mécanique », et qu’il « ne comprend pas » les critiques à son encontre.
Un contexte de tensions géopolitiques persistantes
Les déclarations de Patrick Pouyanné s’inscrivent dans un climat géopolitique tendu, marqué par les négociations entre l’Iran et les États-Unis, qualifiées de « paix loin d’être acquise » par les analystes. Le détroit d’Ormuz reste un point de friction majeur, où toute escalade pourrait entraîner des conséquences immédiates sur les approvisionnements énergétiques mondiaux. Le PDG de TotalEnergies a également évoqué le sujet des prix des carburants, estimant avoir « le sentiment que les marchés pétroliers vont se détendre », ce qui pourrait se traduire par une baisse à la pompe pour les consommateurs français, sous réserve de l’évolution du taux de change et des marges des distributeurs.
Des perspectives prudentes pour l’économie française
En parallèle, la Banque de France a révisé ses prévisions de croissance à la baisse, tablant désormais sur une progression de seulement 0,5 % en 2026, un chiffre qui interroge sur la capacité du pays à amortir les chocs énergétiques. Pour TotalEnergies, l’enjeu est double : maintenir la production dans un environnement incertain tout en répondant aux exigences de transition énergétique. Patrick Pouyanné a insisté sur la nécessité d’une « régulation pragmatique » du marché, sans citer directement les projets de loi en discussion, mais en laissant entendre que des ajustements pourraient être nécessaires à l’échelle européenne.
Conclusion L’estimation de Patrick Pouyanné sur le délai de « six mois à un an » pour reréguler le détroit d’Ormuz témoigne de la complexité des enjeux géopolitiques et logistiques auxquels est confronté le secteur pétrolier. Alors que la détente des prix semble se profiler, les tensions persistantes entre l’Iran et les États-Unis rappellent la fragilité des équilibres mondiaux. La contribution fiscale de TotalEnergies, défendue par son PDG, reste un argument central dans le débat sur la taxation des superprofits, tandis que les perspectives économiques françaises, revues à la baisse, incitent à la prudence.