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Détroit d’Ormuz : Donald Trump envisage de relancer une opération de protection des navires

Une · · Par Claire BERNARD

Détroit d’Ormuz : Donald Trump envisage de relancer une opération de protection des navires

## L'essentiel Le Détroit d'Ormuz, point névralgique pour le trafic maritime mondial, se retrouve à nouveau sous le feu des projecteurs. Selon des informations

## L'essentiel Le Détroit d'Ormuz, point névralgique pour le trafic maritime mondial, se retrouve à nouveau sous le feu des projecteurs. Selon des informations relayées par Le Figaro, Donald Trump, ancien président des États-Unis, envisage de relancer une opération visant à protéger les navires dans cette zone stratégique. Cette annonce intervient dans un contexte de tensions croissantes entre les États-Unis et l'Iran, alors que les deux pays tentent de négocier un cessez-le-feu durable. Le Détroit d'Ormuz, situé entre l'Iran et le sultanat d'Oman, est l'une des voies maritimes les plus importantes au monde. Environ 20% des échanges mondiaux de pétrole passent par cette étroite voie d'eau. La sécurité de cette route maritime est donc cruciale non seulement pour les États-Unis et l'Iran, mais aussi pour l'économie mondiale. Les tensions récurrentes dans cette région ont conduit à des incidents maritimes qui ont déjà perturbé le transit maritime et soulevé des inquiétudes au sein de la communauté internationale. Donald Trump envisage de relancer une opération visant à protéger les navires dans la zone stratégique, en réponse aux tensions croissantes entre les États-Unis et l'Iran. Lors d'une conférence de presse, Donald Trump a exprimé sa conviction que les États-Unis sortiraient vainqueurs de la guerre contre l'Iran, tout en critiquant la réponse de Téhéran à ses propositions de paix. Le président iranien, en réponse, a affirmé que son pays était prêt à « donner une leçon » en cas d'agression, illustrant ainsi l'escalade des tensions entre les deux nations. Selon Trump, le cessez-le-feu, déjà fragile, serait en danger, le qualifiant de « sous assistance respiratoire » à cause de l'attitude iranienne. Les conséquences économiques de ces tensions ne sont pas à sous-estimer, comme le montrait [notre analyse sur la flambée des prix du gaz et du plastique]({url}) lors du précédent blocage. La situation est d'autant plus complexe que les négociations entre Washington et Téhéran stagnent. Les deux parties échangent des propositions via un médiateur pakistanais, mais les résultats semblent décevants. Le climat de méfiance mutuelle rend difficile tout progrès diplomatique. En effet, Trump a qualifié la dernière réponse iranienne à ses offres de « poubelle », soulignant ainsi son exaspération face à l'absence de coopération de la part de Téhéran. Cette annonce rappelle [l'incident récent où les États-Unis ont frappé deux pétroliers iraniens]({url}) tentant de violer le blocus du détroit. L'implication des Émirats Arabes Unis, qui partagent une frontière maritime avec l'Iran, est également un élément à considérer dans cette dynamique. Les Émirats, alliés des États-Unis, ont un intérêt direct dans la sécurité du Détroit d'Ormuz, car toute instabilité dans la région pourrait avoir des répercussions sur leur propre économie. Le gouvernement émirati a souvent exprimé son soutien à des opérations militaires américaines pour garantir la liberté de navigation dans cette zone. Dans le passé, les États-Unis ont déjà mené des opérations similaires pour sécuriser le trafic maritime dans le Détroit d'Ormuz, notamment en 2019, lorsque des tensions accrues avaient conduit à des attaques ciblées contre des pétroliers dans la région. À l'époque, l'administration Trump avait renforcé sa présence militaire dans le Golfe Persique pour dissuader toute agression iranienne. La relance d'une telle opération pourrait être perçue comme une provocation par Téhéran, qui a souvent réagi aux mouvements militaires américains avec des menaces de représailles. Les observateurs s'inquiètent des conséquences potentielles d'une escalade militaire, qui pourrait perturber le transit maritime et provoquer une hausse des prix du pétrole à l'échelle mondiale. La question de la sécurité dans le Détroit d'Ormuz soulève également des préoccupations plus larges concernant la stabilité du Moyen-Orient. Les relations entre les États-Unis et l'Iran sont déjà tendues, et toute intervention militaire pourrait aggraver les conflits régionaux, impliquant potentiellement d'autres acteurs comme la Russie ou la Chine, qui ont des intérêts stratégiques dans la région. En somme, la possibilité d'une relance d'opérations militaires américaines dans le Détroit d'Ormuz souligne l'urgence d'une résolution pacifique des tensions entre Washington et Téhéran. Les enjeux économiques et géopolitiques sont considérables, et la communauté internationale reste en alerte face à l'évolution de cette situation. Les prochaines semaines pourraient s'avérer décisives, tant pour la sécurité maritime que pour la stabilité régionale. ## Contexte Le Détroit d'Ormuz, large de seulement 33 kilomètres à son point le plus étroit, constitue depuis des décennies un théâtre majeur de rivalités géopolitiques. Sa position stratégique, reliant le Golfe Persique au Golfe d'Oman et à l'océan Indien, en fait un passage obligé pour une part considérable des hydrocarbures mondiaux. L'Iran, qui contrôle la rive nord, a historiquement brandi la menace de fermeture de cette voie comme levier de pression face aux puissances occidentales, notamment lors des crises nucléaires successives. Les tensions dans cette zone ne sont pas nouvelles. Durant la guerre Iran-Irak (1980-1988), la "guerre des pétroliers" avait déjà vu les deux belligérants s'attaquer aux navires marchands, provoquant une intervention navale américaine sous le nom d'opération Earnest Will. Plus récemment, en 2019, une série d'incidents - explosions de pétroliers, saisies de navires, drones abattus - avait conduit Washington à mettre en place une coalition maritime internationale, baptisée Operation Sentinel, visant à sécuriser les routes commerciales. Le retour au premier plan de Donald Trump, qui n'occupe plus officiellement la présidence mais conserve une influence majeure sur la politique étrangère américaine, s'inscrit dans un cycle de confrontation directe avec Téhéran. Son administration avait notamment dénoncé l'accord nucléaire iranien de 2015 (JCPOA) et rétabli des sanctions économiques sévères, adoptant une stratégie de "pression maximale". Les Gardiens de la Révolution iranienne, force militaire idéologique distincte de l'armée régulière, demeurent un acteur clé dans la région, contrôlant les capacités de projection navale et de missiles anti-navires. Le médiateur pakistanais évoqué dans les négociations reflète la tentative de trouver un canal diplomatique alternatif, dans un contexte où les relations directes entre Washington et Téhéran restent inexistantes depuis la révolution islamique de 1979. Les Émirats Arabes Unis, tout comme l'Arabie Saoudite, voient dans toute perturbation du détroit une menace directe pour leurs exportations pétrolières et leurs infrastructures portuaires, notamment le port de Fujairah, alternative à Ormuz par oléoduc. ## Analyse L'éventuelle relance d'une opération de protection navale par Donald Trump peut être interprétée selon plusieurs grilles de lecture. Sur le plan stratégique, elle s'apparente à une démonstration de force destinée à dissuader Téhéran de toute tentative de blocage, tout en rassurant les alliés régionaux sur l'engagement américain. Cette approche rappelle la doctrine des "coalitions de volontaires" chère à l'ancien président, qui privilégie des interventions ciblées plutôt que des engagements militaires de long terme. Sur le plan diplomatique, cette annonce intervient alors que les négociations par médiateur interposé semblent dans l'impasse. La qualification par Trump de la réponse iranienne comme "poubelle" suggère une rupture de communication, renforçant l'hypothèse d'un recours à la coercition comme seul langage audible par Téhéran. Pourtant, cette lecture mérite d'être nuancée : les déclarations martiales peuvent également servir de tactique de négociation, visant à obtenir des concessions en augmentant la pression. Il convient également de s'interroger sur la temporalité de cette annonce. Le fait qu'elle émane d'une figure politique américaine influente mais non investie du pouvoir exécutif interroge sur sa portée réelle. S'agit-il d'une initiative personnelle, d'une fuite orchestrée, ou d'un signal envoyé à l'administration en place ? Les ambiguïtés du système politique américain, où les anciens présidents conservent des réseaux et une capacité d'influence, compliquent l'analyse. L'Iran, de son côté, pourrait percevoir cette relance comme une confirmation de ses thèses sur l'hostilité américaine. Les déclarations du président iranien, promettant de "donner une leçon" en cas d'agression, s'inscrivent dans une rhétorique de résistance qui lui permet de consolider son assise intérieure face aux difficultés économiques. La question du détroit devient alors un symbole de souveraineté nationale, rendant tout compromis politiquement coûteux pour Téhéran. ## Implications À court terme, la relance d'une opération de protection navale dans le Détroit d'Ormuz pourrait entraîner une augmentation de la présence militaire américaine dans le Golfe Persique. Cette démonstration de force, si elle se concrétise, aurait pour effet immédiat de renforcer la surveillance des navires marchands et d'escorter les pétroliers jugés vulnérables. Les compagnies maritimes pourraient voir leurs primes d'assurance augmenter, comme cela s'était produit en 2019, où le surcoût avait atteint 10% pour les traversées du détroit. Sur le plan économique, les marchés pétroliers réagiraient probablement par une hausse des cours, anticipant des perturbations potentielles de l'offre. Le baril de Brent, déjà sensible aux tensions géopolitiques, pourrait franchir des seuils psychologiques, affectant les économies importatrices asiatiques, notamment la Chine, l'Inde et le Japon, qui dépendent fortement de cette route. Les pays du Golfe, eux-mêmes, subiraient des pertes si le transit venait à être entravé, malgré l'existence d'oléoducs de contournement comme l'Arabian Pipeline (Abqaiq-Yanbu) en Arabie Saoudite. À moyen terme, le risque d'une escalade militaire non contrôlée demeure le scénario le plus préoccupant. Une confrontation directe entre forces américaines et iraniennes, même limitée, pourrait rapidement s'étendre à d'autres théâtres régionaux, impliquant les milices pro-iraniennes en Irak, au Yémen ou au Liban. La Russie et la Chine, qui disposent d'intérêts stratégiques dans la région, pourraient être amenées à réagir, soit par des déclarations de soutien à l'Iran, soit par des déploiements navals pour contrebalancer la présence américaine. Un scénario plus optimiste verrait cette annonce servir de catalyseur pour relancer les négociations diplomatiques, chaque camp mesurant les risques d'une confrontation ouverte. Le médiateur pakistanais pourrait tenter de capitaliser sur cette tension pour obtenir des avancées, mais l'issue demeure incertaine tant la méfiance est profonde. ## Pour aller plus loin Cette situation soulève plusieurs questions qui mériteraient d'être approfondies. Quel rôle précis les Émirats Arabes Unis et les autres monarchies du Golfe jouent-ils dans la médiation ? Leur dépendance économique à l'égard du détroit les place-t-elle en position