Détroit d’Ormuz bloqué, mer Rouge entravée : avec ce scénario noir, jusqu’où ira la hausse des prix du pétrole ?

## Flambée du brent : le scénario noir d’un double blocage maritime Le prix du baril de brent a franchi la barre des 100 dollars la semaine dernière, avant de p
## Flambée du brent : le scénario noir d’un double blocage maritime
Le prix du baril de brent a franchi la barre des 100 dollars la semaine dernière, avant de poursuivre sa progression lundi jusqu’à 109 dollars, selon les données rapportées par Le Figaro. Cette accélération intervient dans un contexte de tensions croissantes sur les routes d’acheminement du pétrole au Moyen-Orient, où deux points de passage stratégiques se trouvent simultanément perturbés : le détroit d’Ormuz et la mer Rouge.
## Une « petroline » saoudienne à l’arrêt
Vendredi soir, l’Arabie saoudite a annoncé la suspension « par mesure de précaution » de son oléoduc Est-Ouest, rapporte Le Figaro. Cette infrastructure, longue d’environ 1 200 kilomètres et communément appelée « petroline », est capable de transporter jusqu’à 7 millions de barils par jour depuis les champs de la province orientale jusqu’au port de Yanbu, sur la mer Rouge. Selon les informations du quotidien, l’ouvrage a été visé par plusieurs attaques de drones provenant d’Irak, attribuées à des milices pro-iraniennes, dans les régions de Riyad et de Médine. Riyad n’a donné aucune indication sur l’ampleur des dégâts ni sur une éventuelle date de reprise des flux, ce qui entretient l’incertitude sur les marchés.
## La mer Rouge sous pression houthie
Par ailleurs, la mer Rouge demeure entravée par les actions des houthis, qui perturbent depuis plusieurs mois le trafic maritime dans cette zone. Cette double contrainte — oléoduc hors service côté saoudien et voie maritime menacée côté yéménite — réduit considérablement les alternatives d’exportation pour le brut de la région. En effet, la « petroline » constituait précisément le dispositif de contournement du détroit d’Ormuz, par lequel transite habituellement une part majeure du pétrole mondial. Sa fermeture prive donc les opérateurs d’une soupape de sécurité essentielle.
## Un amortisseur qui s’épuise
Toutefois, la hausse aurait pu être plus brutale encore. Selon Le Figaro, depuis six mois, l’offre mondiale abondante, des achats chinois en recul et le niveau des stocks dans plusieurs régions avaient contribué à limiter l’impact du conflit. Ces facteurs amortisseurs — demande chinoise atone, réserves disponibles, production excédentaire — ont jusqu’ici contenu la flambée. Mais leur capacité à absorber un choc prolongé semblerait s’amenuiser à mesure que les perturbations s’installent dans la durée.
## Jusqu’où ira la hausse ?
La question centrale reste ouverte : jusqu’où le brent peut-il grimper si le détroit d’Ormuz venait à être totalement bloqué et que la mer Rouge restait entravée ? Les analystes cités par Le Figaro n’avancent pas de plafond précis, mais la conjonction de ces deux scénarios noirs constituerait un choc d’offre sans précédent récent. D’autant plus que la reprise des flux sur la « petroline » dépend d’une évaluation des dégâts encore inconnue, et que la menace des milices pro-iraniennes sur les infrastructures saoudiennes pourrait persister. La trajectoire des prix dépendra donc largement de l’évolution sécuritaire dans la région, et de la capacité des producteurs à rassurer les marchés sur leurs capacités de substitution.