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Détournement de fonds européens : le groupe Identité et démocratie (ID), où siégeait le RN, visé par des perquisitions

Une · · Par Claire BERNARD

Détournement de fonds européens : le groupe Identité et démocratie (ID), où siégeait le RN, visé par des perquisitions

Des perquisitions en cours dans plusieurs pays européens visent l'ancien groupe Identité et démocratie (ID), formation d’extrême droite où siégeait notamment le

Des perquisitions en cours dans plusieurs pays européens visent l'ancien groupe Identité et démocratie (ID), formation d’extrême droite où siégeait notamment le Rassemblement national (RN), dans le cadre d’une enquête pour détournement présumé de fonds européens. Selon des informations rapportées par Le Figaro et confirmées par l’Agence France-Presse (AFP) le 30 juin 2026, le Parquet européen a annoncé mener des « mesures d’enquête » en France et dans d’autres États membres, portant sur l’utilisation de fonds alloués au groupe politique entre 2019 et 2024.

Une enquête du Parquet européen sur l’usage de fonds entre 2019 et 2024

Le Parquet de l’Union européenne (UE) a précisé, dans un communiqué relayé par Le Figaro, qu’il « mène actuellement des mesures d’enquête en France et dans d’autres pays européens dans le cadre d’une enquête en cours portant sur l’usage de fonds européens par un ancien groupe politique du Parlement européen entre 2019 et 2024 ». Cette période correspond à la précédente législature européenne, durant laquelle le groupe Identité et démocratie (ID) était actif. Le Rassemblement national, parti dirigé par Marine Le Pen et Jordan Bardella, y siégeait aux côtés d’autres formations souverainistes et d’extrême droite, comme la Ligue italienne de Matteo Salvini ou l’Alternative pour l’Allemagne (AfD).

Les investigations en cours se concentreraient sur des soupçons de détournement de fonds européens, possiblement liés à des emplois fictifs ou à des dépenses non justifiées. Le Parquet européen, compétent pour enquêter sur les infractions portant atteinte aux intérêts financiers de l’UE, n’a pas encore communiqué le détail précis des faits reprochés. Toutefois, des perquisitions ont été déclenchées simultanément dans plusieurs États membres, ce qui suggère une coordination transnationale de l’enquête. Selon des sources proches du dossier, les investigations pourraient impliquer des assistants parlementaires ou des frais de fonctionnement détournés.

Le RN, parti central de l’ancien groupe ID, sous pression judiciaire

Le Rassemblement national, qui a longtemps été la composante principale du groupe Identité et démocratie au Parlement européen, se retrouve une nouvelle fois au cœur d’une procédure judiciaire pour des faits présumés de détournement de fonds publics. Cette affaire s’inscrit dans un contexte où plusieurs formations politiques européennes font l’objet d’enquêtes similaires, visant à vérifier la conformité de l’utilisation des subventions accordées par l’Union européenne.

Marine Le Pen et Jordan Bardella, figures de proue du RN, n’ont pas encore réagi publiquement à ces perquisitions. Cependant, le parti a historiquement contesté les accusations de détournement de fonds, les qualifiant de « procès politique » ou de « chasse aux sorcières » orchestrée par les institutions européennes. En France, le RN a déjà été impliqué dans l’affaire des assistants parlementaires européens, pour laquelle Marine Le Pen et d’autres élus ont été mis en examen pour « détournement de fonds publics ». Cette nouvelle enquête, menée directement par le Parquet européen, pourrait donc aggraver la pression judiciaire sur le parti d’extrême droite.

Des implications politiques et judiciaires pour l’extrême droite européenne

Au-delà du seul Rassemblement national, cette enquête cible l’ensemble du groupe Identité et démocratie, qui a rassemblé pendant cinq ans des partis eurosceptiques et nationalistes. La décision du Parquet européen d’agir simultanément dans plusieurs pays — possiblement l’Italie, l’Allemagne, l’Autriche ou la Belgique — indique une volonté de démanteler des pratiques qui pourraient être systémiques au sein de cette famille politique.

Les perquisitions en cours pourraient également avoir des répercussions sur les alliances politiques au Parlement européen. Depuis la dissolution du groupe ID en 2024, ses anciens membres se sont répartis dans d’autres formations, comme le groupe des Patriotes pour l’Europe ou celui des Conservateurs et Réformistes européens. Si des preuves de détournement de fonds étaient établies, cela pourrait affaiblir la crédibilité de ces partis et compliquer leurs négociations avec d’autres forces politiques au sein de l’hémicycle européen. Le Parquet européen n’a pas fixé de calendrier pour la suite des investigations, mais les prochaines semaines devraient être décisives pour déterminer l’ampleur des infractions présumées.