Des soldes d'été décevants pour les professionnels, la prolongation de la période "n'a pas changé la donne"

# Soldes d'été 2025 : un bilan décevant malgré la prolongation gouvernementale Ce mardi marque le dernier jour des soldes d'été, et le constat est sans appel po
# Soldes d'été 2025 : un bilan décevant malgré la prolongation gouvernementale
Ce mardi marque le dernier jour des soldes d'été, et le constat est sans appel pour les professionnels du secteur : la période de rabais n'aura pas tenu ses promesses. Malgré la décision du gouvernement de prolonger d'une semaine la durée des soldes, initialement prévue pour compenser l'impact de la canicule, les commerçants jugent le bilan médiocre. Entre la chaleur exceptionnelle du début de saison, la multiplication des promotions tout au long de l'année et l'émergence de nouveaux acteurs aux prix agressifs, les traditionnels soldes peinent à retrouver leur attractivité d'antan.
## Une première semaine plombée par la canicule
Les soldes d'été avaient débuté le mercredi 24 juin dans des conditions météorologiques particulièrement défavorables. Dès le lendemain, 72 départements étaient placés en vigilance rouge canicule, avec des températures atteignant des niveaux exceptionnels. Les centres-villes, étouffants, ont été désertés par les consommateurs en quête de fraîcheur, et de nombreux commerces, notamment ceux dépourvus de climatisation, ont subi de plein fouet cette désaffection.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes : selon Pierre Talamon, président de la Fédération nationale de l'habillement (FNH), les ventes ont chuté de 11% lors de la première semaine des soldes par rapport à l'année précédente à la même période. Un bilan qualifié de "catastrophe" par le représentant des commerçants indépendants. Face à cette situation, le gouvernement avait annoncé repousser d'une semaine la fin des soldes, espérant offrir un répit aux professionnels pour écouler leurs stocks.
## Une prolongation sans effet notable
Interrogé sur l'efficacité de cette mesure, Pierre Talamon se montre peu optimiste : "Ça permettra d'arrondir les angles mais ça n'a pas changé la donne." Un constat partagé par l'Institut français de la mode, qui a publié lundi une note dressant le bilan des quatre premières semaines de soldes. Selon cette étude, les ventes ont enregistré une baisse moyenne de 1,3% en valeur par rapport à 2025. Plus inquiétant encore, "près de 60% des entreprises interrogées ont constaté une fréquentation en recul par rapport aux quatre semaines de soldes d'été de l'année dernière", précise la note. La dépense moyenne par visite est toutefois restée stable ou en hausse pour la majorité des répondants, signe que les clients qui se sont déplacés ont davantage consommé.
## Des causes structurelles au-delà de la météo
Au-delà de l'épisode caniculaire, les professionnels pointent du doigt des évolutions plus profondes du marché. "La multiplication des promotions" tout au long de l'année et "l'apparition de nouveaux acteurs qui proposent des prix défiant toute concurrence toute l'année" sont cités comme des facteurs expliquant l'érosion de l'attrait des soldes traditionnels. Les consommateurs, habitués à des rabais quasi permanents sur les plateformes en ligne ou dans les enseignes low-cost, ne ressentent plus l'urgence ni l'exclusivité des périodes de soldes réglementées.
Pour certains commerçants, la situation est qualifiée de "quasiment irrattrapable". La prolongation d'une semaine, bien que bienvenue, n'aura pas suffi à inverser une tendance qui semble structurelle. Les soldes d'été 2025 pourraient ainsi marquer un tournant dans les habitudes de consommation, où la notion même de "période de soldes" perd de sa pertinence face à un marché toujours en promotion.