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Des pertes de 8 milliards de dollars en un an avant même le blocus pétrolier: Cuba reconnaît l'impact financier "record" de l'embargo américain qui vise l'île communiste depuis 64 ans

Economie · · Par Julie MOREAU

Des pertes de 8 milliards de dollars en un an avant même le blocus pétrolier: Cuba reconnaît l'impact financier

Cuba a officiellement chiffré l'impact financier de l'embargo américain à huit milliards de dollars sur la période de mars 2025 à février 2026, un montant quali

Cuba a officiellement chiffré l'impact financier de l'embargo américain à huit milliards de dollars sur la période de mars 2025 à février 2026, un montant qualifié de "record" par les autorités de l'île. Présenté par le ministre des Affaires étrangères Bruno Rodriguez à l'approche du vote annuel sur cette mesure à l'Assemblée générale de l'ONU, ce bilan ne prend toutefois pas en compte les effets du blocus pétrolier imposé depuis le début de l'année 2026, ni les sanctions secondaires édictées par l'administration Trump. ### Un chiffre en hausse de 7% qui exclut le "siège énergétique" Le montant de huit milliards de dollars, dévoilé lundi lors d'une conférence de presse à La Havane, représente une augmentation de 7% par rapport à l'exercice précédent, selon les déclarations de Bruno Rodriguez. Le chef de la diplomatie cubaine a toutefois insisté sur le caractère partiel de cette évaluation, précisant que ce chiffre "n'inclut pas les dommages provoqués par le siège énergétique, ni ceux provoqués par les sanctions secondaires". Ces mesures coercitives, mises en place depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, visent directement les partenaires économiques de l'île. Depuis fin janvier, Washington menace en effet d'imposer des droits de douanes à tout pays souhaitant livrer du pétrole à Cuba, instaurant de facto un blocus énergétique. Les données disponibles indiquent qu'un seul pétrolier russe est parvenu à accoster sur l'île depuis cette date, illustrant l'efficacité de cette pression diplomatique et commerciale. ### Un "plan froidement calculé" aux conséquences économiques directes Au-delà du secteur énergétique, l'administration américaine a édicté en mai un régime de "sanctions secondaires" ciblant les entreprises étrangères collaborant avec Cuba. Selon les informations rapportées par BFM Business, ces menaces ont provoqué le départ de nombreuses sociétés internationales, particulièrement actives dans le tourisme et les mines. Ces deux secteurs constituent pourtant des sources majeures de devises pour l'île, qui compte 9,4 millions d'habitants. Le ministre cubain des Affaires étrangères a dénoncé ce qu'il qualifie de "plan froidement calculé", estimant que la mesure américaine a directement aggravé la crise énergétique qui frappe le pays depuis plusieurs années. Les coupures électriques incessantes, les perturbations dans la distribution d'eau potable et les dysfonctionnements des transports publics figurent parmi les conséquences les plus visibles de cette situation sur la population locale. ### Un embargo vieux de 64 ans soumis au vote de l'ONU L'embargo américain contre Cuba, imposé depuis 1962, demeure l'un des blocus économiques les plus anciens de l'histoire contemporaine. Le rapport présenté par La Havane intervient dans la perspective du vote annuel sur cette mesure à l'Assemblée générale des Nations unies, traditionnellement programmé en octobre. Ce scrutin, qui se solde chaque année par une condamnation massive de la politique américaine, revêt cette fois une dimension particulière au regard de l'escalade récente des sanctions. Le ministre Bruno Rodriguez a résumé la position cubaine en affirmant que "le blocus ne punit pas un gouvernement, il punit la vie quotidienne d'un peuple dans tous les domaines". Alors que les autorités de l'île anticipent une détérioration supplémentaire de leur situation économique si le blocus pétrolier devait se prolonger, le chiffre de huit milliards de dollars pourrait ne représenter qu'une fraction des pertes réelles pour l'exercice en cours.