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Des lasers, un super-congélateur et des atomes piégés dans le vide: on a visité l’usine de Pasqal, le champion français de l’ordinateur quantique (et on n'a pas tout compris)

Economie · · Par Julie MOREAU

Des lasers, un super-congélateur et des atomes piégés dans le vide: on a visité l’usine de Pasqal, le champion français de l’ordinateur quantique (et on n'a pas tout compris)

## Pasqal : plongée dans l’usine française qui défie IBM et Google À une vingtaine de kilomètres au sud de Paris, sur le plateau de Saclay, une jeune entreprise

## Pasqal : plongée dans l’usine française qui défie IBM et Google À une vingtaine de kilomètres au sud de Paris, sur le plateau de Saclay, une jeune entreprise française se livre à une compétition acharnée avec les géants américains et chinois dans la course à l’ordinateur quantique. Son nom : Pasqal, en référence au philosophe et mathématicien Blaise Pascal, inventeur de la première machine à calculer mécanique, le « q » renvoyant au quantique. Cotée en Bourse depuis cet été aux États-Unis et fondée par un prix Nobel de physique, cette pépite tricolore vient d’ouvrir les portes de son usine de production et de recherche et développement à Palaiseau, dans l’Essonne. ## Un emplacement stratégique au cœur du plateau de Saclay Le choix de Palaiseau n’est pas anodin. Ce territoire, situé au cœur du plateau de Saclay, est qualifié de « Silicon Valley » tricolore. Il constitue un pôle d’excellence scientifique, technologique et universitaire majeur. Pasqal n’y est d’ailleurs pas seule : trois autres pionniers mondiaux de l’informatique quantique y ont également élu domicile, à savoir Alice&Bob, Quandela et C12. Cette concentration géographique témoigne de l’ambition française de peser dans un secteur dominé par IBM, l’un des groupes mondiaux les plus avancés dans cette course technologique. La visite guidée proposée par l’entreprise commence par une immersion au cœur d’un processeur quantique, casque de réalité virtuelle sur la tête, histoire de poser les bases d’un univers scientifique particulièrement complexe. ## Une technologie théorisée il y a plus de quarante ans L’informatique quantique ne date pas d’hier. Théorisée au début des années 1980, elle reste perçue comme une technologie complexe, presque mystique. Depuis, et plus particulièrement au cours de la dernière décennie, la recherche fondamentale en information quantique a connu un essor considérable. Grâce à une puissance de calcul potentiellement sans commune mesure avec celle des machines classiques, les ordinateurs quantiques pourraient transformer radicalement l’informatique. C’est précisément cette promesse qui motive les investissements massifs des États et des entreprises privées à travers le monde. Pasqal, en s’introduisant en Bourse aux États-Unis cet été, entend bien capter une partie de ces capitaux pour accélérer sa croissance et rivaliser avec les mastodontes américains et chinois. ## Des lasers, un super-congélateur et des atomes piégés dans le vide L’usine de Pasqal dévoile un spectacle saisissant : des lasers, un super-congélateur et des atomes piégés dans le vide. Ce sont les ingrédients essentiels de la technologie développée par l’entreprise, qui repose sur le refroidissement extrême et la manipulation d’atomes pour effectuer des calculs. Le reportage de BFM Business, qui a pu visiter les lieux, reconnaît d’ailleurs ne pas avoir « tout compris » à ce ballet scientifique. Une humilité qui rappelle la complexité de cette discipline, où la mécanique quantique défie l’entendement commun. Pour le grand public, cette opacité reste un défi : comment vulgariser une technologie dont les principes échappent même aux observateurs avertis ? ## Un enjeu industriel et souverain Au-delà de la prouesse technique, l’enjeu est industriel et souverain. La maîtrise de l’informatique quantique pourrait bouleverser des secteurs entiers, de la cryptographie à la chimie en passant par la logistique. La France, grâce à des acteurs comme Pasqal, Alice&Bob, Quandela et C12, dispose d’un écosystème dense sur le plateau de Saclay. Mais la concurrence est féroce : IBM, Google, ou encore les champions chinois investissent des sommes colossales. La course ne fait que commencer, et Pasqal entend bien y jouer un rôle de premier plan. Reste à savoir si l’avance technologique et les capitaux levés suffiront à transformer l’essai face à des adversaires autrement plus dotés.