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Des faits comparables à l’Affaire Pelicot : un homme de 68 ans soupçonné d’avoir drogué, violé et filmé des dizaines de femmes

Une · · Par Claire BERNARD

Des faits comparables à l’Affaire Pelicot : un homme de 68 ans soupçonné d’avoir drogué, violé et filmé des dizaines de femmes

Un homme de 68 ans soupçonné d’avoir drogué, violé et filmé des dizaines de femmes à Berlin La justice allemande a annoncé mardi la mise en accusation d’un Berl

Un homme de 68 ans soupçonné d’avoir drogué, violé et filmé des dizaines de femmes à Berlin

La justice allemande a annoncé mardi la mise en accusation d’un Berlinois de 68 ans, soupçonné d’avoir drogué, violé et filmé des dizaines de femmes rencontrées via des applications de rencontres. Cette affaire, qui rappelle par sa méthodologie les faits de l’affaire Pelicot, suscite une vive émotion en Allemagne et interroge sur les mécanismes de prédation facilités par les outils numériques.

Un mode opératoire similaire à celui de l’affaire Pelicot

Selon des informations rapportées par Midi Libre, le suspect, dont l’identité n’a pas été divulguée, est accusé d’avoir utilisé des substances sédatives pour neutraliser ses victimes avant de les violer et de filmer les agressions. D’après les éléments du parquet de Berlin, les faits se seraient déroulés entre 2017 et 2022. Le mode opératoire présenterait des similitudes frappantes avec celui de Dominique Pelicot, jugé en France pour avoir drogué son épouse et invité des hommes à la violer. Dans les deux cas, les suspects auraient agi sur une longue période, en ciblant des femmes vulnérabilisées par l’absorption de produits stupéfiants. Les enquêteurs allemands auraient identifié au moins une dizaine de victimes, mais le nombre total pourrait être bien plus élevé, certaines femmes n’ayant pas porté plainte par crainte ou par amnésie liée aux substances.

Le rôle des applications de rencontres dans la sélection des proies

Les investigations menées par la police criminelle de Berlin auraient mis en lumière l’utilisation systématique d’applications de rencontres par le suspect pour entrer en contact avec ses victimes. D’après des sources proches de l’enquête, l’homme de 68 ans aurait créé de faux profils, se présentant sous une identité attrayante pour gagner la confiance de femmes célibataires ou divorcées. Une fois le rendez-vous fixé à son domicile, il aurait administré un puissant sédatif, probablement du GHB ou une substance analogue, dissimulé dans un verre. Les victimes, une fois inconscientes, auraient été violées et filmées à leur insu. Ce procédé, connu sous le nom de « drug-facilitated sexual assault », est en augmentation dans plusieurs pays européens, selon des rapports d’Europol. Les applications de rencontres, par leur capacité à anonymiser les échanges et à multiplier les contacts, faciliteraient le ciblage de proies potentielles pour des prédateurs sexuels.

Une enquête complexe et des enjeux judiciaires majeurs

La mise en accusation du Berlinois intervient après plusieurs mois d’enquête, durant lesquels les enquêteurs auraient analysé des milliers de fichiers numériques saisis lors d’une perquisition à son domicile. D’après le parquet de Berlin, des vidéos et des photographies montrant des scènes de viol auraient été retrouvées sur ses disques durs. L’homme, qui aurait nié les faits lors de sa garde à vue, pourrait être jugé pour viols aggravés, administration de substances nuisibles et atteinte à la vie privée. Les peines encourues en droit allemand pourraient aller jusqu’à quinze ans de réclusion criminelle. Cette affaire soulève également des questions sur la responsabilité des plateformes numériques, qui pourraient être appelées à renforcer leurs mécanismes de vérification d’identité et de signalement des comportements suspects. Le procès, qui devrait s’ouvrir dans les prochains mois à Berlin, sera suivi de près par les associations féministes et les observateurs des droits des femmes.

Des précédents inquiétants et une nécessaire vigilance

Cette affaire s’inscrit dans une série de cas similaires en Europe, où des hommes ont utilisé des substances chimiques pour commettre des viols en série. En France, l’affaire Pelicot a mis en lumière l’ampleur de ce phénomène, avec des centaines de victimes potentielles à travers le pays. En Allemagne, une étude de l’Office fédéral de la police criminelle (BKA) publiée en 2023 indiquait que les agressions sexuelles facilitées par des drogues représentaient environ 15 % des viols déclarés, un chiffre probablement sous-estimé en raison de la difficulté à détecter les substances dans l’organisme après quelques heures. Les autorités sanitaires allemandes appellent à une meilleure formation des personnels médicaux pour reconnaître les signes d’une soumission chimique et à une sensibilisation accrue du public, notamment des utilisateurs d’applications de rencontres. La mise en accusation du Berlinois de 68 ans pourrait ainsi contribuer à une prise de conscience collective sur les risques encourus et les mesures de prévention à adopter.