Onyx Infos

Des exportations chinoises qui explosent pendant que les États-Unis affichent des déficits chroniques et que l’Europe manque d’investissements: pourquoi le G7 s'inquiète des déséquilibres économiques mondiaux

Economie · · Par Julie MOREAU

Des exportations chinoises qui explosent pendant que les États-Unis affichent des déficits chroniques et que l’Europe manque d’investissements: pourquoi le G7 s'inquiète des déséquilibres économiques mondiaux

# Des exportations chinoises qui explosent pendant que les États-Unis affichent des déficits chroniques et que l’Europe manque d’investissements : pourquoi le G

# Des exportations chinoises qui explosent pendant que les États-Unis affichent des déficits chroniques et que l’Europe manque d’investissements : pourquoi le G7 s'inquiète des déséquilibres économiques mondiaux Les déséquilibres économiques mondiaux ont atteint des niveaux jugés "insoutenables" par le président français Emmanuel Macron, qui a inscrit cette question au programme du sommet des dirigeants du G7 qui se tient du 15 au 17 juin à Évian-les-Bains. Alors que les exportations chinoises connaissent une forte hausse, que les États-Unis accumulent des déficits chroniques et que l'Europe souffre d'un manque d'investissements, les grandes puissances économiques craignent une exacerbation des tensions commerciales et une exposition accrue de l'économie mondiale à des chocs financiers. ## Un fossé qui se creuse depuis la pandémie Les balances courantes, qui mesurent les flux financiers entrant et sortant d'un pays sous forme d'importations et d'exportations, de revenus d'investissements et d'aide étrangère, illustrent un fossé qui ne cesse de se creuser depuis la pandémie de Covid-19. Après s'être réduit au cours de la décennie qui a suivi la crise financière mondiale de 2008-2009, l'excédent de la Chine atteint désormais des niveaux records. Parallèlement, la zone euro a conservé son rôle de prêteur, tandis que les États-Unis continuent de compter sur les capitaux étrangers pour financer leur consommation. Les ministres des Finances du G7 sont convenus le mois dernier qu'une action coordonnée, longtemps restée lettre morte au sein du G20, était nécessaire. Ils ont averti que, sans cela, ces déséquilibres pourraient déboucher sur une crise financière. La France, qui assure la présidence du G7, souhaite profiter de cette tribune pour mettre en lumière ces déséquilibres croissants et tenter d'obtenir un engagement collectif en faveur de mesures correctives. ## Chine : un excédent fondé sur la surcapacité L'excédent commercial chinois repose en grande partie sur une capacité de production excédentaire dans plusieurs secteurs industriels clés, notamment l'acier, l'aluminium et plus récemment les technologies vertes comme les panneaux solaires et les batteries électriques. Cette surcapacité permet à la Chine d'inonder les marchés mondiaux de produits à bas prix, ce qui alimente les tensions commerciales avec ses partenaires, en particulier les États-Unis et l'Union européenne. Les données économiques récentes montrent que les exportations chinoises ont continué de croître à un rythme soutenu, malgré un ralentissement de la demande intérieure. Cette dynamique inquiète les pays du G7, qui y voient un risque de distorsion de la concurrence et de destruction d'emplois dans leurs propres industries. La question des subventions étatiques chinoises, qui permettent à Pékin de maintenir artificiellement ses prix à l'exportation, est au cœur des préoccupations. ## États-Unis : des déficits chroniques qui inquiètent De l'autre côté de l'Atlantique, les États-Unis continuent d'afficher des déficits courants chroniques, financés par l'afflux de capitaux étrangers. Ce modèle, qui repose sur la capacité d'absorption de la première économie mondiale, présente des risques importants en cas de choc soudain sur les marchés financiers. Le dollar, en tant que monnaie de réserve internationale, permet à Washington de supporter ces déséquilibres, mais les experts s'interrogent sur la viabilité à long terme de ce système. La dépendance américaine aux financements extérieurs expose le pays à une vulnérabilité potentielle en cas de perte de confiance des investisseurs internationaux. Une augmentation brutale des taux d'intérêt ou une dépréciation rapide du dollar pourraient avoir des conséquences désastreuses, non seulement pour les États-Unis, mais aussi pour l'ensemble de l'économie mondiale. ## Europe : un manque d'investissements chronique La zone euro, quant à elle, conserve son rôle de prêteur net sur la scène internationale, mais ce statut masque une faiblesse préoccupante : le manque d'investissements productifs. Alors que l'épargne européenne est abondante, elle est souvent réorientée vers l'étranger plutôt que vers le financement de projets domestiques, ce qui freine la croissance potentielle du Vieux Continent. Les économistes estiment que ce déséquilibre structurel limite la capacité de l'Europe à innover et à rattraper son retard technologique face aux États-Unis et à la Chine. La faiblesse des investissements dans les secteurs d'avenir, comme les technologies numériques ou la transition énergétique, constitue un risque majeur pour la compétitivité européenne à long terme. ## Un système mondial sous tension Dans l'ensemble, ces tendances laissent entrevoir un système mondial dans lequel l'excédent d'épargne est réinjecté dans la demande ailleurs, les États-Unis jouant le rôle de principal absorbeur mondial. Ce modèle, bien que fonctionnel depuis plusieurs décennies, est aujourd'hui mis à rude épreuve par les tensions géopolitiques, la fragmentation des chaînes d'approvisionnement et les conséquences économiques de la pandémie. Les dirigeants du G7, réunis à Évian, devront trouver un équilibre délicat entre la nécessité de corriger ces déséquilibres et le risque de déclencher une guerre commerciale aux conséquences imprévisibles. La France espère que ce sommet permettra de poser les bases d'une coordination renforcée, seule capable d'éviter une crise financière mondiale dont les conséquences seraient dévastatrices pour tous les pays.