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Des entreprises chinoises sont visées par Bruxelles car elles soutiendraient l'industrie militaire russe: Pékin réplique par des restrictions d'exportation contre 14 entités de l'UE

Economie · · Par Julie MOREAU

Des entreprises chinoises sont visées par Bruxelles car elles soutiendraient l'industrie militaire russe: Pékin réplique par des restrictions d'exportation contre 14 entités de l'UE

Introduction L'escalade commerciale entre Pékin et Bruxelles prend une nouvelle dimension. La Chine a annoncé, vendredi, l'ajout de 14 entités de l'Union europé

Introduction

L'escalade commerciale entre Pékin et Bruxelles prend une nouvelle dimension. La Chine a annoncé, vendredi, l'ajout de 14 entités de l'Union européenne sur sa liste de contrôle des exportations, leur interdisant l'accès aux biens chinois à double usage civil et militaire. Cette mesure de rétorsion intervient alors que plusieurs firmes chinoises sont visées par l'UE en raison de leur appui supposé à l'industrie militaire russe, dans le cadre du conflit ukrainien.

Des sanctions européennes en amont

Depuis plusieurs mois, Bruxelles accuse certaines entreprises chinoises de contourner les sanctions internationales imposées à Moscou en fournissant des composants et technologies pouvant servir à l'effort de guerre russe. Selon des sources concordantes, ces firmes auraient livré des biens à double usage — électronique, machines-outils, drones civils — utilisés par l'industrie de défense russe pour fabriquer des équipements militaires. L'UE a donc inclus plusieurs sociétés chinoises dans ses nouveaux trains de sanctions contre la Russie, adoptés depuis l'automne 2023. Ces mesures visent à restreindre l'accès de Moscou aux technologies sensibles, mais Pékin dénonce une ingérence et une atteinte à ses intérêts économiques.

La riposte chinoise : une liste noire

Pour "préserver la sécurité nationale et les intérêts nationaux", le ministère chinois du Commerce a annoncé, vendredi, l'inscription de 14 entités européennes sur sa propre liste de contrôle des exportations. Parmi elles figure le groupe italien Lafert, spécialisé dans les moteurs électriques et les systèmes d'entraînement, mais aussi d'autres sociétés basées dans plusieurs États membres. Concrètement, ces entités ne pourront plus importer de Chine des biens à double usage, qu'il s'agisse de composants électroniques, de logiciels de conception ou de machines de précision. Cette décision, effective immédiatement, constitue une réponse directe à ce que Pékin qualifie "d'agissements malveillants de l'UE".

Un conflit aux ramifications multiples

Ce bras de fer illustre la tension croissante entre les deux blocs sur la question ukrainienne. La Chine, bien que se présentant comme neutre, est régulièrement accusée par les Occidentaux de soutenir indirectement la Russie via des flux commerciaux non contrôlés. De son côté, Pékin estime que les sanctions unilatérales de l'UE violent les règles du commerce international et justifie ses restrictions par des impératifs de sécurité nationale. Le choix de cibler des entités italiennes, comme Lafert, n'est pas anodin : l'Italie est l'un des pays européens les plus exposés aux exportations chinoises, et cette mesure pourrait compliquer les relations bilatérales.

Des conséquences économiques à surveiller

Les entreprises concernées, notamment dans le secteur de la mécanique de précision et de l'électronique, risquent de voir leurs chaînes d'approvisionnement perturbées. La Chine est en effet un fournisseur majeur de terres rares, de composants électroniques et de machines-outils. Si ces restrictions persistent, elles pourraient entraîner des hausses de coûts pour les industriels européens dépendants de ces approvisionnements. Par ailleurs, cette escalade intervient dans un contexte où l'UE cherche à réduire sa dépendance vis-à-vis de Pékin, notamment via des mécanismes de diversification et de stockage stratégique.

Conclusion

En ripostant par des restrictions d'exportation, la Chine envoie un signal clair : elle n'entend pas céder face aux accusations européennes. Ce duel commercial, qui s'ajoute aux tensions sur les surcapacités industrielles chinoises ou les subventions aux véhicules électriques, pourrait encore s'intensifier. Les prochaines semaines seront décisives pour savoir si cette escalade reste contenue ou si elle débouche sur une véritable guerre commerciale entre Pékin et Bruxelles.