Des diplomates américains ont rencontré des responsables houthis à Oman le week-end dernier

## Washington et les Houthis : une rencontre diplomatique à Mascate qui rebat les cartes au Yémen Selon des informations rapportées par le journal britannique T
## Washington et les Houthis : une rencontre diplomatique à Mascate qui rebat les cartes au Yémen
Selon des informations rapportées par le journal britannique The Guardian, des représentants des États-Unis et de la rébellion houthie se sont rencontrés le week-end dernier à l'ambassade américaine à Mascate, la capitale d'Oman. Cette rencontre, confirmée par le quotidien, marquerait un tournant dans la gestion du conflit yéménite par Washington, qui semble avoir privilégié la voie diplomatique à l'engagement militaire aux côtés de son allié saoudien.
## Une rencontre confirmée par des sources britanniques
D'après les éléments relayés par The Guardian, cette réunion se serait tenue dans l'enceinte de la représentation diplomatique américaine à Mascate, un lieu symbolique puisqu'Oman joue depuis plusieurs années le rôle de médiateur discret dans les conflits régionaux, notamment entre les Houthis et les puissances du Golfe. Selon cette même source, les États-Unis auraient obtenu des garanties de la part des responsables houthis quant à leurs intentions futures, sans que la nature précise de ces assurances n'ait été rendue publique à ce stade. Cette rencontre n'a fait l'objet d'aucune communication officielle du département d'État, ce qui pourrait suggérer une volonté de discrétion autour de ces discussions.
## Un changement de posture américain aux implications régionales
Toujours selon les informations du quotidien britannique, ces garanties obtenues à Mascate auraient directement influencé la décision de Washington de ne pas intervenir militairement en soutien à l'Arabie saoudite, alors que les insurgés yéménites poursuivaient une avancée qualifiée d'éclair sur le terrain. Ce choix, s'il était confirmé, constituerait une inflexion notable dans la politique américaine au Yémen, où les États-Unis ont longtemps appuyé logistiquement et diplomatiquement la coalition menée par Riyad. En effet, l'abandon de fait de l'allié saoudien face à l'avancée houthie pourrait redessiner les équilibres de puissance dans la péninsule Arabique, d'autant plus que le royaume saoudien se retrouverait, selon cette lecture, livré à lui-même pour contenir la progression des insurgés.
## Oman, un canal diplomatique de longue date
Par ailleurs, le choix de Mascate comme lieu de ces discussions n'est pas anodin. Le sultanat d'Oman entretient depuis des années des relations avec l'ensemble des acteurs du dossier yéménite, y compris les Houthis, et a servi à plusieurs reprises de canal de communication indirect entre Washington et Téhéran. Cette position singulière dans le paysage diplomatique régional confère à Oman un rôle de médiateur que peu de capitales peuvent assumer. Toutefois, l'absence de confirmation officielle côté américain comme côté houthi invite à la prudence quant à la portée réelle de ces échanges et à la solidité des engagements qui auraient pu y être pris.
## Des zones d'ombre persistantes
Cependant, plusieurs questions demeurent en suspens. La nature exacte des garanties évoquées par The Guardian n'a pas été précisée, pas plus que le niveau de représentation des délégations présentes. Aucune indication n'a été fournie sur un éventuel calendrier de suivi ou sur l'existence de discussions ultérieures. Ces incertitudes nourrissent les interrogations sur la durabilité d'un tel canal diplomatique, dans un conflit yéménite qui dure depuis près d'une décennie et a provoqué, selon les organisations humanitaires internationales, l'une des pires crises humanitaires contemporaines. L'évolution de la position américaine, si elle se confirmait, pourrait également peser sur les négociations régionales en cours et sur la posture de Riyad dans les mois à venir.