Des concerts, des festivals, du sport, des jeux... Les Américains dépensent sans compter et de plus en plus dans les loisirs (la "funflation" va-t-elle emporter la France?)

## La « funflation » américaine : un phénomène qui pourrait gagner la France Aux États-Unis, les consommateurs dépensent toujours plus pour leurs loisirs, et ce
## La « funflation » américaine : un phénomène qui pourrait gagner la France
Aux États-Unis, les consommateurs dépensent toujours plus pour leurs loisirs, et ce malgré la hausse des prix. Selon un rapport de Bank of America relayé par CNBC, l'inflation du secteur des loisirs a atteint 2,7 % sur un an en août, tandis que les dépenses des Américains dans cette même catégorie bondissaient de 7,9 % sur la même période, d'après les données de cartes bancaires. Un phénomène baptisé « funflation », qui interroge sur son éventuelle propagation à l'économie française.
## Un concept né après le Covid
Le terme « funflation » désigne l'augmentation continue de l'inflation liée aux loisirs. Il a été popularisé après la crise du Covid, lorsque les consommateurs, libérés des contraintes des confinements, se sont montrés prêts à dépenser des sommes considérables pour se faire plaisir, notamment en assistant aux concerts de stars internationales comme Taylor Swift. Cette ruée vers le divertissement a mécaniquement fait grimper le prix des billets. « On l'observe à tous les niveaux, du prix de l'essence pour les voitures utilisées le week-end aux glaces achetées en vacances », détaille auprès de CNBC John Gathergood, professeur d'économie à l'université de Nottingham au Royaume-Uni.
## Un panier de loisirs plus large qu'il n'y paraît
Le secteur concerné ne se limite pas aux concerts et aux festivals. Il regroupe également le cinéma, la musique, les services liés aux animaux de compagnie, les articles de sport ou encore la littérature. Autant de postes de dépenses qui, selon Bank of America, progressent plus vite que l'inflation globale. Les activités de plein air, les jeux vidéo et la pratique d'un instrument de musique figurent parmi les usages qui captent une part croissante du budget des ménages américains. Cette vigueur des dépenses contraste avec un contexte où les prix augmentent pourtant dans la plupart des catégories.
## L'effet carburant, moteur inattendu
Bank of America avance une explication originale à cette dynamique : la flambée des prix des carburants inciterait les consommateurs à renoncer aux longs déplacements et à se recentrer sur des activités à domicile ou de proximité. Le budget initialement consacré aux voyages serait ainsi réorienté vers des loisirs plus locaux, entretenant la pression sur les prix de ces services. Ce transfert de dépenses expliquerait en partie pourquoi la hausse des tarifs ne décourage pas la demande, contrairement à ce que voudrait la théorie économique classique.
## Et la France ?
La question d'une contagion à l'Hexagone reste ouverte. La France a connu ces dernières années une forte demande pour les concerts et les festivals, portée par des tournées internationales et un engouement post-pandémie comparable. Les prix des billets y ont également progressé. Reste à savoir si les ménages français, dont le pouvoir d'achat est plus contraint qu'aux États-Unis, suivront la même trajectoire de dépenses. L'arbitrage entre loisirs et postes essentiels, notamment l'énergie et l'alimentation, pourrait y limiter l'ampleur du phénomène. La « funflation » n'est donc pas encore une certitude de ce côté de l'Atlantique, mais les signaux observés outre-Atlantique méritent l'attention des économistes comme des acteurs du secteur.