Des clients en France concernés dont un joueur de foot: Revolut a transmis des données très sensibles à un escroc qui utilisait une adresse électronique gouvernementale

## Revolut : une fuite de données sensibles touche 680 clients, dont une centaine en France La néobanque britannique Revolut, qui revendique 80 millions de clie
## Revolut : une fuite de données sensibles touche 680 clients, dont une centaine en France
La néobanque britannique Revolut, qui revendique 80 millions de clients à travers le monde et une valorisation proche de 115 milliards de dollars, est au cœur d'une nouvelle affaire de cybersécurité. Selon des informations révélées par le Financial Times et relayées par BFM Business, un cybercriminel aurait obtenu des données hautement sensibles concernant 680 clients, en exploitant une adresse électronique gouvernementale officielle pour tromper les équipes de la banque en ligne.
## Un mode opératoire qui interroge les procédures internes
Le stratagème repose sur une usurpation d'identité institutionnelle. Le pirate informatique aurait utilisé une adresse électronique rattachée à une entité gouvernementale pour formuler une demande officielle auprès de Revolut, obtenant ainsi la transmission de documents confidentiels. Parmi les informations compromises figurent des copies de passeports, des numéros de comptes bancaires, des adresses postales et des relevés de transactions en bitcoin — la néobanque permettant l'achat de cryptomonnaies depuis plusieurs années.
Ce type de données constitue une matière première particulièrement recherchée par les réseaux criminels. La combinaison d'une pièce d'identité, d'un IBAN et d'un historique de transactions en cryptomonnaies ouvre la voie à des usurpations d'identité sophistiquées, mais aussi à des formes de extorsion bien plus violentes.
## Une centaine de clients français concernés
Selon FrenchBreaches, un site français spécialisé dans le suivi des fuites de données, environ 100 clients résidant en France seraient touchés par cette escroquerie. Tous présenteraient, selon la même source, un « patrimoine financier élevé ». Parmi les victimes figurerait notamment un joueur de football professionnel, sans que son identité n'ait été rendue publique à ce stade.
Ce profil de cibles n'est pas anodin. Depuis plusieurs années, les détenteurs de cryptomonnaies — ou leurs proches — font l'objet d'agressions physiques à leur domicile, avec des demandes de rançons pouvant atteindre plusieurs millions d'euros. La fuite de données personnelles et patrimoniales expose donc les clients concernés à un risque qui dépasse la simple fraude bancaire.
## Revolut dit avoir réagi « immédiatement »
Interrogée, la néobanque assure avoir « immédiatement bloqué l'adresse » du pirate informatique après avoir identifié l'arnaque. Cette réaction, si elle est confirmée, n'a toutefois pas suffi à empêcher la divulgation des informations aux victimes concernées.
Par ailleurs, selon le Financial Times, le Bureau du commissaire à l'information (ICO), autorité britannique chargée de la protection des données privées, a ouvert une enquête après que l'organisme s'est « auto-dénoncé » quelques jours auparavant. Cette procédure est obligatoire au Royaume-Uni lorsqu'une violation de données présente un risque pour les personnes concernées.
## Une menace de divulgation à plus grande échelle
La situation reste évolutive. Les pirates informatiques menacent désormais de divulguer les informations sur les clients ciblés à plus grande échelle si Revolut ne verse pas une rançon. Cette stratégie de chantage, courante dans les affaires de fuites de données, place la néobanque face à un dilemme : céder à l'extorsion ou exposer davantage ses clients.
L'affaire illustre une tendance de fond : la multiplication des incidents de sécurité au sein des acteurs bancaires et financiers, y compris chez les néobanques qui misent sur la digitalisation complète de leurs services. Elle pose aussi la question de la robustesse des procédures de vérification face à des demandes présentées comme émanant d'autorités légitimes — un vecteur d'attaque difficile à détecter, même pour des institutions aguerries.
Pour les clients concernés, la vigilance s'impose : surveillance des comptes, méfiance face aux sollicitations non sollicitées et signalement auprès des autorités compétentes. L'enquête de l'ICO, dont les conclusions ne sont pas encore connues, pourrait préciser l'ampleur exacte de la faille et les responsabilités engagées.