Onyx Infos

Des baisses comprises "entre 10 et 15%" avaient pu être observées lors de précédentes canicules: la CGT indique que la raffinerie Totalenergies de Normandie est contrainte de ralentir

Economie · · Par Julie MOREAU

Des baisses comprises

# Canicule : la raffinerie TotalEnergies de Normandie contrainte de réduire son activité La raffinerie TotalEnergies de Normandie, plus grande installation de r

# Canicule : la raffinerie TotalEnergies de Normandie contrainte de réduire son activité La raffinerie TotalEnergies de Normandie, plus grande installation de raffinage de France située près du Havre, a été contrainte de "ralentir" sa production en raison des températures caniculaires qui frappent le pays, a indiqué ce mercredi la CGT du groupe. Ce ralentissement vise à éviter des opérations de torchage de gaz, susceptibles de dégager des gaz à effet de serre et de générer des nuisances pour les riverains. Si l'ampleur exacte de cette baisse de production n'a pas encore été quantifiée, des précédents caniculaires avaient entraîné des réductions comprises "entre 10 et 15%", selon le syndicat. ## Un dispositif technique mis sous pression par la chaleur ### La tête des colonnes de distillation, point critique "Compte tenu des températures caniculaires, consigne a été donnée de baisser l'allure de la raffinerie", a expliqué Thierry Defresne, secrétaire CGT du comité d'entreprise européen de TotalEnergies, à BFM Business. Ce ralentissement concerne directement la tête des colonnes de distillation de pétrole, où sont recueillis les gaz (GPL, propane, butane). Cette partie de l'installation est "particulièrement sensible à la chaleur extérieure" et "difficilement refroidissable" en période de canicule, ce qui peut provoquer des montées de pression et déclencher les torches de sécurité. ### Une mesure préventive pour éviter le torchage "On est obligé d'agir pour éviter ces épisodes de torchage", a précisé Thierry Defresne. Ces opérations de combustion des gaz excédentaires, bien que prévues par les dispositifs de sécurité, génèrent des émissions de gaz à effet de serre et des nuisances sonores et olfactives pour les habitants des alentours. La raffinerie de Normandie, qui transforme chaque année 12 millions de tonnes de pétrole brut, dispose de "tous les organes de sécurité prévus pour faire face à ces problèmes de pression haute en tête de colonne", mais la canicule impose une régulation proactive de la production. ## Un phénomène récurrent amplifié par le réchauffement climatique ### Des précédents lors de canicules antérieures Ce type de ralentissement n'est pas inédit. Thierry Defresne a souligné que des opérations similaires de régulation de la production s'étaient déjà produites par le passé pour diverses raisons, mais "aujourd'hui, c'est clairement lié à la canicule". Lors de précédents épisodes caniculaires, des baisses de production comprises "entre 10 et 15%" avaient pu être observées, selon la CGT, même si le syndicat n'a pas pu quantifier précisément la réduction actuelle. ### Des enjeux industriels et environnementaux croisés Ce ralentissement intervient dans un contexte où TotalEnergies est régulièrement pointée du doigt pour ses pratiques environnementales et fiscales. Récemment, des petites stations-services indépendantes ont dénoncé une baisse de 50% de leurs ventes, imputée aux prix pratiqués par le géant pétrogazier. Par ailleurs, l'économiste Gabriel Zucman a mis en cause TotalEnergies pour "optimisation fiscale", accusations que le groupe a fermement rejetées. ## Perspectives : une adaptation nécessaire face aux épisodes climatiques extrêmes La multiplication des canicules, directement liée au réchauffement climatique, pourrait contraindre les industriels à repenser leurs process de production. Pour les raffineries comme celle de Normandie, l'enjeu est double : maintenir une production suffisante pour répondre à la demande énergétique, tout en respectant les normes environnementales et en limitant les nuisances pour les populations locales. À l'heure où la France cherche à réduire sa dépendance aux énergies fossiles, ces épisodes de ralentissement illustrent la vulnérabilité des infrastructures pétrolières face aux aléas climatiques, et posent la question de leur adaptation à long terme.