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« Derrière les crédits de la culture se joue la capacité de la France à transmettre une histoire commune »

Culture · · Par Emma ROUSSEAU

« Derrière les crédits de la culture se joue la capacité de la France à transmettre une histoire commune »

La question culturelle ne se résume pas à une ligne budgétaire parmi d’autres. Elle engage, selon Alexis Fritche, secrétaire général de la CFDT-Culture, la capa

La question culturelle ne se résume pas à une ligne budgétaire parmi d’autres. Elle engage, selon Alexis Fritche, secrétaire général de la CFDT-Culture, la capacité de la France à transmettre une histoire commune. Dans une tribune publiée par *Le Monde*, ce responsable syndical alerte sur les choix budgétaires du gouvernement et leur impact démocratique, bien au-delà du seul secteur artistique. ### Un rôle démocratique central Pour Alexis Fritche, la culture ne concerne pas uniquement les artistes, le public ou la vie économique. Elle joue un rôle démocratique central, essentiel à la cohésion sociale et à la construction d'un récit partagé. La transmission d'une histoire commune passe par des institutions, des médiations et des financements publics qui permettent à chaque citoyen d'accéder à une mémoire collective. Sans ces soutiens, le risque serait de voir se fragmenter le lien social et de laisser s'éroder les références culturelles qui fondent l'identité nationale. Le secrétaire général de la CFDT-Culture insiste sur le fait que les arbitrages budgétaires ne sont jamais neutres. Chaque coupe dans les crédits culturels représente un choix politique qui affecte la manière dont la société se représente elle-même et se projette dans l'avenir. Cette dimension symbolique est trop souvent négligée dans les débats purement comptables. ### Des choix budgétaires contestés La tribune d'Alexis Fritche appelle explicitement à « défaire les choix budgétaires du gouvernement ». Cette formulation forte traduit une inquiétude profonde au sein du monde culturel face à des restrictions qui, selon lui, fragilisent les fondations même de notre vie démocratique. Les réductions annoncées toucheraient des secteurs déjà éprouvés par les crises successives, de la pandémie à l'inflation, et compromettraient des années d'investissement dans l'éducation artistique et culturelle. Le syndicaliste pointe également un paradoxe : alors que la culture est présentée comme une priorité dans les discours, les arbitrages concrets racontent une tout autre histoire. Cette dissonance entre les déclarations d'intention et la réalité des financements alimente un sentiment de défiance parmi les professionnels du secteur, qui voient leurs missions de service public progressivement remises en cause. ### Un enjeu de transmission générationnelle Derrière ces considérations budgétaires se joue une question plus profonde : celle de la transmission entre générations. Comment les jeunes pourront-ils s'approprier une histoire commune si les outils qui permettent de la raconter — écoles d'art, médiathèques, festivals, théâtres publics — voient leurs moyens réduits ? La culture constitue un pont entre les âges, un espace de dialogue où se négocient les valeurs et les mémoires qui font société. Alexis Fritche rappelle que cette mission ne peut reposer uniquement sur les mécanismes du marché. Les logiques commerciales, par nature, privilégient les contenus les plus rentables au détriment d'une offre diversifiée et exigeante. Le rôle de la puissance publique est précisément de garantir cette diversité, condition d'un débat démocratique vivant et éclairé. ### Conclusion : un choix de société La tribune d'Alexis Fritche, rapportée par *Le Monde*, pose ainsi une alternative fondamentale : soit la France assume pleinement sa vocation culturelle et transmet une histoire commune à tous ses citoyens, soit elle cède à une logique purement gestionnaire qui appauvrira le débat public. Les arbitrages budgétaires à venir diront quel chemin sera emprunté, et c'est bien la santé de notre démocratie qui se joue dans ces arbitrages apparemment techniques.