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Depuis samedi, aucun échange de frappes entre les États-Unis et l'Iran n'a été signalé: les prix du pétrole chutent, le Brent sous les 90 dollars

Economie · · Par Julie MOREAU

Depuis samedi, aucun échange de frappes entre les États-Unis et l'Iran n'a été signalé: les prix du pétrole chutent, le Brent sous les 90 dollars

# Les cours du pétrole dévissent après une accalmie dans les hostilités entre Washington et Téhéran Les prix du pétrole ont connu une chute spectaculaire ce lun

# Les cours du pétrole dévissent après une accalmie dans les hostilités entre Washington et Téhéran Les prix du pétrole ont connu une chute spectaculaire ce lundi, le baril de Brent repassant sous la barre des 90 dollars, après un week-end marqué par l'absence de nouveaux échanges de frappes entre les États-Unis et l'Iran. Cette accalmie inattendue, qui intervient après deux semaines d'intenses bombardements, a immédiatement rassuré les investisseurs, qui anticipaient une escalade militaire aux conséquences potentiellement dévastatrices pour l'approvisionnement énergétique mondial. ## Un repli historique des cours en une seule séance Le baril de Brent de la mer du Nord, référence européenne, a dégringolé de 8,70 % ce lundi pour s'établir à 88,36 dollars, selon les données rapportées par BFM Business. Son équivalent américain, le West Texas Intermediate (WTI), a également subi une forte correction, perdant 7,50 % pour terminer à 82,61 dollars le baril. Ces baisses, parmi les plus importantes observées ces derniers mois, traduisent un net changement de perception du risque géopolitique par les opérateurs de marché. Depuis samedi, ni Washington ni Téhéran n'ont mené de nouvelles frappes, mettant un terme provisoire à une séquence de violences qui faisait craindre une confrontation directe entre les deux puissances. Pour Marc Chandler, analyste chez Bannockburn Capital Markets, cité par nos confrères, "le marché pétrolier s'emballe après quelques jours de répit où les protagonistes ont cessé de se tirer dessus". Cette accalmie a suffi à déclencher un mouvement de vente massif, les investisseurs ajustant leurs positions à la baisse. ## L'optimisme de Trump et les signaux de désescalade Parallèlement à cette trêve de facto, les déclarations de Donald Trump ont contribué à renforcer la dynamique baissière. Le président américain a en effet jugé que les discussions avec Téhéran avaient "de bonnes chances" d'aboutir à des résultats, selon les informations rapportées. Ce signal d'ouverture, bien que prudent, a été perçu comme un facteur de détente supplémentaire par les marchés, qui redoutent avant tout une interruption des flux pétroliers en provenance du golfe Persique. Toutefois, la situation demeure fragile. L'Arabie saoudite, alliée de Washington, a affirmé lundi avoir intercepté une attaque de drones lancée depuis l'Irak par des groupes pro-iraniens. Cet incident rappelle que le risque d'escalade n'a pas totalement disparu, même si les belligérants principaux semblent observer une pause. "Le risque d'escalade alimente la volatilité des prix", souligne d'ailleurs Marc Chandler, suggérant que les cours pourraient rebondir à la moindre étincelle. ## L'impact modéré des Houthis en mer Rouge rassure les investisseurs Un autre facteur a contribué à apaiser les craintes des opérateurs : l'impact plus faible qu'initialement anticipé des actions des rebelles houthis du Yémen en mer Rouge. Gregory Brew, analyste chez Eurasia Group, cité par BFM Business, note que si les Houthis ont lancé un blocus des ports saoudiens et annoncé lundi des attaques contre des infrastructures pétrolières du pays, "les expéditions de pétrole non saoudien se poursuivent, et certains navires liés à la Chine transportant du pétrole saoudien sont passés sans incident". Cette résilience relative des routes maritimes a rassuré les investisseurs, qui craignaient une perturbation majeure du transport d'hydrocarbures dans cette zone stratégique. Ryad peut également faire passer ses livraisons via d'autres voies, limitant ainsi l'impact réel des menaces houthies sur l'approvisionnement mondial. ## Une accalmie qui pourrait n'être que temporaire Si la chute des cours offre un répit bienvenu aux consommateurs et aux économies importatrices, les analystes restent prudents quant à la pérennité de cette détente. La situation géopolitique au Moyen-Orient demeure extrêmement volatile, et les tensions de fond entre les États-Unis et l'Iran n'ont pas été résolues. Les prochains jours seront décisifs pour déterminer si cette pause dans les hostilités annonce une véritable désescalade ou si elle n'est qu'un simple répit avant de nouvelles turbulences. Les marchés pétroliers, eux, resteront en alerte, prêts à réagir au moindre signal.