Depuis 1995, deux primaires « ouvertes » et trois « fermées » pour choisir le candidat PS

Depuis 1995, le Parti socialiste a expérimenté à cinq reprises le mécanisme de la primaire pour désigner son candidat à l'élection présidentielle, selon un décr
Depuis 1995, le Parti socialiste a expérimenté à cinq reprises le mécanisme de la primaire pour désigner son candidat à l'élection présidentielle, selon un décryptage publié par Le Figaro le 9 octobre 2026. Deux de ces consultations ont été ouvertes à l'ensemble des citoyens, trois sont restées réservées aux seuls adhérents du parti. Cette pratique, initiée par le PS, constitue une première dans le paysage politique français.
## Une innovation née de l'absence de candidat naturel
D'après les informations rapportées par Le Figaro, la question d'une désignation par vote ne s'était jamais posée sous François Mitterrand. Même Michel Rocard, en 1980, avait retiré sa candidature après la décision du premier secrétaire de lancer son troisième assaut, qui fut le bon. Toutefois, au terme des deux septennats mitterrandiens, la situation a changé : Jacques Delors ayant déclaré forfait et Laurent Fabius se trouvant dans l'attente du procès du sang contaminé — dont il est ressorti acquitté —, le PS ne disposait plus de candidat « naturel ».
Cette configuration a conduit le parti à organiser une « primaire », la première en vue d'une présidentielle. Elle a opposé le premier secrétaire en titre du parti, Henri Emmanuelli, député des Landes, au premier secrétaire du premier septennat et ancien ministre de l'Éducation, Lionel Jospin, qui s'était pourtant retiré de la vie politique quelques années plus tôt.
## Trois désignations réservées aux adhérents
Selon Le Figaro, trois des cinq consultations organisées depuis 1995 sont restées fermées, c'est-à-dire réservées aux seuls adhérents du Parti socialiste. Lionel Jospin, Ségolène Royal et Anne Hidalgo ont ainsi été désignés par ce canal interne, sans participation du grand public. Ces scrutins internes ont permis au parti de trancher entre ses différentes sensibilités sans ouvrir le processus à l'ensemble du corps électoral.
## Deux primaires ouvertes et des millions de votants
À l'inverse, deux primaires ont été ouvertes à tous les citoyens. D'après les chiffres cités par Le Figaro, celle de 2011 a mobilisé près de 3 millions de votants, aboutissant à la désignation de François Hollande. Celle de 2017 a rassemblé plus de 2 millions de participants, qui ont choisi Benoît Hamon. Ces deux consultations citoyennes ont marqué une ampleur inédite dans l'histoire du parti, bien au-delà du seul cercle des militants.
## Un précédent qui interroge la suite
Le Figaro rappelle que le PS a été le premier parti politique français à recourir à ce mode de désignation pour une présidentielle. Cette antériorité lui a conféré un rôle de précurseur, notamment dans le débat sur la légitimité des candidatures. Cependant, l'alternance entre primaires ouvertes et fermées traduit aussi les tensions internes autour du périmètre du corps électoral appelé à trancher.
À l'approche de l'échéance de 2027, la question du format retenu — ouvert ou réservé aux adhérents — pourrait de nouveau structurer les discussions au sein du parti. Selon les analystes, l'enjeu dépasse la simple procédure : il engage la capacité du PS à élargir sa base électorale ou à préserver la cohésion de son appareil militant.